Chambre régionale
La Région Centre-Val de Loire met 4,5 millions d'euros d'aide sur la table
Les membres de la chambre régionale d'Agriculture Centre-Val de Loire se sont réunis en session vendredi 25 septembre. Les conséquences de la sécheresse ont nourri leurs travaux et la Région a annoncé une aide exceptionnelle.
Les membres de la chambre régionale d'Agriculture Centre-Val de Loire se sont réunis en session vendredi 25 septembre. Les conséquences de la sécheresse ont nourri leurs travaux et la Région a annoncé une aide exceptionnelle.
Aux côtés du préfet de la région Centre-Val de Loire, Hugues Moutouh, et du président de la Région Centre-Val de Loire, François Bonneau, Maxime Buizard préside à Orléans (Loiret), vendredi 25 septembre, une session de la chambre régionale d'Agriculture Centre-Val de Loire presque exclusivement consacrée aux conséquences de la sécheresse sur l'ensemble des secteurs agricoles de la région.
« La Région a entendu »
À l'issue de ces travaux, la parole est donnée à François Bonneau qui annonce que le conseil régional va débloquer une aide exceptionnelle de 4,5 millions d'euros : « Nous vivons une année terrible qui peut envoyer au tapis un très grand nombre d'exploitations, estime-t-il. La situation est extrêmement sérieuse et brutale. La Région a entendu. L'enjeu est considérable. Compte tenu du contexte, nous allons engager 4,5 millions d'euros en plus de nos politiques régulières : 2,5 millions pour les interventions d'urgence et 2 millions pour soutenir les investissements d'adaptation. Pour l'urgence, l'installation étant un enjeu crucial, la priorité ira aux jeunes installés depuis 2023 avec une aide forfaitaire de 2 000 euros. Les délais seront rapides avec un vote au 14 octobre et des paiements en novembre pour les agriculteurs concernés ».
Pour Maxime Buizard, le compte n'y est pas : « Le besoin de trésorerie est tellement immense que ce ne sont pas 4,5 millions qui vont répondre à la crise que le monde agricole traverse. Mais je note tout de même une décision de votre part, rapide et d'une ampleur dont je n'ai pas de précédent connu dans la décennie écoulée. Concernant le fléchage, le plus important est que cela arrive le plus rapidement possible ».
Avant cela donc, un diagnostic est établi production par production, avec le rappel que les effets de cette météo se conjuguent à ceux de la crise sur les produits pétroliers. La Chambre régionale adopte en conséquence un certain nombre de motions. La première, exhaustive, relative à la crise climatique et au plan Casi, reprend l'ensemble des éléments qui constituent cette crise, des pertes subies jusqu'aux risques qui courent sur la prochaine campagne. Si elle prend acte de la réponse du gouvernement, elle déplore son manque d'ambition et demande en conséquence des mesures appropriées à court et à moyen terme.
Crise betteravière
Une motion relative à la crise betteravière est également adoptée. Elle demande en substance que les conséquences de cette crise soient reconnues comme résultant d'un aléa climatique exceptionnel ayant favorisé et amplifié les phénomènes sanitaires observés. Il s'agit de mettre un terme aux discussions entre les tenants de l'explication climatique, le FMSE (Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental), ou de l'explication sanitaire, les assureurs, qui se renvoient la balle pour ne pas avoir à agir… Et au final, il convient de redonner confiance aux planteurs pour pérenniser la filière et toutes ses composantes territoriales.
Les aspects réglementaires liés aux conséquences de cette sécheresse ne sont pas oubliés. Deux motions sont adoptées qui demandent une dérogation à la mise en place d'un couvert au titre de la BCAE* 6 de la Pac et une dérogation totale à la BCAE* 7, qui invite à la rotation des cultures, pour la campagne 2026-2027.
Enfin, la dernière motion adoptée lors de ces travaux porte sur la charte de contrôle unique dans les exploitations. Elle demande entre autres à ce que les contrôles privilégient une démarche d'accompagnement et de conseil ou encore que soit reconnu et effectivement appliqué le droit à l'erreur, en distinguant clairement les erreurs involontaires des manquements délibérés.
*Bonnes conditions agricoles et environnementales.