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Musée vivant de l’apiculture
L’apiculture racontée autrement

Immersion à Château-Renard (Loiret), au cœur du Gâtinais, où Jacques Goût, 74 ans, a fondé le Musée vivant de l’apiculture. Journaliste de métier, agriculteur par ses racines, il incarne le lien profond entre deux mondes que certains opposent : l’agriculture et la vie des abeilles.

« Les ruches, c’est dans mes racines » , déclare Jacques Goût avec une évidence tranquille. Son grand-père était agriculteur, son père s’est lancé dans l’apiculture, et lui a grandi entre champs et abeilles à Château-Renard (Loiret), en lisière de Puisaye. Mais à 17 ans, il quitte sa terre natale pour la capitale. « J’ai fait des études qu’on disait brillantes et je suis devenu journaliste », raconte-t-il. Il fait carrière dans la presse magazine touristique, jusqu’à devenir rédacteur en chef. « Ça a été très intéressant », glisse-t-il, comme on feuillette un vieux numéro devenu souvenir. Mais à 44 ans, l’appel de la terre revient. Il décide de quitter Paris pour revenir vivre à plein temps dans le Loiret. « Je voulais que mes enfants soient à l’école ici, et pas à Paris. » Ce retour aux sources marque aussi le début d’une nouvelle aventure.

De la presse à la ruche

Grâce à la vente d’une entreprise et à une clause de cession, Jacques Goût bénéficie d’un an et demi de salaire : un luxe qu’il met à profit pour concrétiser un rêve. Il développe son propre musée de l’apiculture dans le Gâtinais, tout en poursuivant quelques piges.

C’est aussi à ce moment-là qu’il devient apiculteur professionnel. « J’ai rencontré beaucoup de gens qui étaient géniaux et j’ai voulu faire pareil. » Ces rencontres, notamment dans la presse agricole, nourrissent son savoir. Il apprend sur le terrain, auprès de passionnés, et se plonge dans l’histoire de l’apiculture — une passion de toujours.

Un musée vivant, entre histoire et transmission

De cette passion est né un lieu unique : le Musée vivant de l’apiculture, que Jacques Goût anime avec cœur. Ici, l’abeille est racontée dans toute sa richesse historique. Des scènes pédagogiques retracent son histoire depuis la Préhistoire jusqu’à l’Antiquité, sans oublier les époques plus récentes. Le tout dans une ambiance chaleureuse et familiale, à l’image de son fondateur.

Celui qui a écrit plusieurs ouvrages sur les abeilles explique aussi, avec pédagogie, la vie de la colonie, le rôle de chaque caste, le fonctionnement minutieux de cet organisme collectif. Et pour ceux qui veulent du concret, la miellerie complète la visite : récolte, extraction, filtrage… Toutes les étapes de la fabrication du miel sont présentées en direct, avec possibilité bien sûr d’acheter les produits sur place.

Un regard éclairé sur l’actualité agricole

Comment ne pas évoquer avec ce puits de science l’actualité récente autour de la loi Entraves et du retour de l’acétamipride, un produit phytosanitaire de la famille des néonicotinoïdes ? Un sujet brûlant, souvent mal compris. Jacques Goût, lui, connaît bien les abeilles et l’agriculture. Il remet les choses dans leur contexte : « Si tout est bien respecté, il n’y a pas de problème », affirme-t-il, reprenant la position de nombreux apiculteurs professionnels (gérant plus de 200 ruches). Il rappelle que l’acétamipride bénéficie du label Abeilles au niveau européen, une certification rigoureuse, difficile à obtenir.

Une passerelle entre deux mondes

Avec Jacques Goût, l’apiculture se raconte, s’apprend et se vit. Entre tradition, pédagogie et bon sens paysan, il offre aux visiteurs une plongée rare dans un univers méconnu, celui des abeilles, ces grandes travailleuses silencieuses. Dans son musée, il bâtit un pont entre hier et aujourd’hui, entre agriculture et biodiversité. Et au milieu de tout cela, il continue de butiner les cœurs, une histoire à la fois.


Renseignements pour visiter le musée au 02.38.95.35.56.

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