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Diversification
Le miscanthus, plante aux multiples débouchés

Éric Séverin, exploitant agricole à La Brosse-Montceaux (Seine-et-Marne), et son collègue Xavier Venard ont présenté le 30 novembre la culture du miscanthus et les débouchés envisagés via la société Polybiom.

Depuis une dizaine d’années, des agriculteurs du sud-Seine-et-Marne ont implanté du miscanthus et s’impliquent dans le développement d’une filière. Aujourd’hui, la surface de miscanthus est de 200 hectares, répartis entre quarante agriculteurs regroupés au sein de BES 77 (Biomasse énergie système). Depuis 2009, la SAS BES 77 commercialise les rhizomes et le paillage. Enfin, en 2017, la société Polybiom a été créée par un collectif d’agriculteurs, la communauté de communes de Moret Seine et Loing et deux scientifiques pour concrétiser un projet de création d’une filière innovante de nouveaux biomatériaux (résines, colles et enduits à base de miscanthus).

Dans le cadre des journées diversification organisées par la chambre d’Agriculture de région Île-de-France, Éric Séverin, agriculteur à La Brosse-Montceaux (Seine-et-Marne), a présenté mardi 30 novembre cette culture, aux côtés de son collègue Xavier Venard, ainsi que les pistes de débouchés sur lesquels travaille Polybiom. Des pots à planter biodégradables ont été présentés. « On les met en terre et un mois après ils sont dégradés, explique Éric Séverin, alors que la difficulté réside dans le process industriel. Aujourd’hui, la matière n’est pas finalisée ». Polybium travaille également avec une entreprise belge pour produire des cols qui isolent. « Le marché est nouveau. Les gens, bien que contents, sont réticents au changement. Le nouveau produit ne doit pas leur complexifier le travail. Il faut que notre produit soit mis sous forme de billes plastique afin que les industriels puissent les injecter. On va y arriver à 70 °C contre 200 pour un plastique classique. Dans ce cas l’industriel y trouvera un intérêt. Il nous faut vendre la matière avec le concept ».

Initialement, le miscanthus a fait partie d’un plan de recherche, mais à l’échelle de Polybiom, il est plus facile de travailler avec des petites structures que des industriels.

L’installation d’une chaufferie au miscanthus dans le quartier de Surville à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) a permis de valoriser la culture et d’être crédible au niveau de la commercialisation.

L’après-midi s’est achevé par la visite d’une parcelle de ­miscanthus.

Le miscanthus en chiffres

L’investissement est de 2 500 euros pour l’implantation d’un hectare.La culture permet une couverture du sol onze mois sur douze (un mois après la récolte, elle est déjà haute).
La récolte (20 t/ha) se fait à 15 % d’humidité en mars-avril. La masse volumique de 150 kg/m3 nécessite d’importantes capacités de ­stockage à l’abri.
De petites chaufferies fonctionnent en 100 % miscanthus.
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