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Aviculture
Le pari avicole de Mathieu Dumez

À 28 ans, Mathieu Dumez a modernisé une exploitation du Loiret déjà dotée de bâtiments volailles pour améliorer les performances, répondre aux exigences de bien-être animal et sécuriser son activité dans un marché porteur.

À 28 ans, Mathieu Dumez a repris une exploitation avicole déjà équipée. Il a engagé une rénovation technique complète des bâtiments afin d’améliorer les performances sanitaires, le bien-être animal et la gestion quotidienne de l’élevage.
À 28 ans, Mathieu Dumez a repris une exploitation avicole déjà équipée. Il a engagé une rénovation technique complète des bâtiments afin d’améliorer les performances sanitaires, le bien-être animal et la gestion quotidienne de l’élevage.
© F.J. - Horizons

Installé depuis quatre ans dans l'est du Loiret, Mathieu Dumez, 28 ans, a développé un atelier avicole en reprenant une exploitation déjà équipée de bâtiments volailles. Sans expérience préalable dans cette production, il a engagé une rénovation complète des installations et multiplié les investissements techniques afin d’améliorer la conduite des lots, sécuriser les résultats économiques et répondre aux exigences de cahiers des charges orientés vers le bien-être animal.

L’élevage fonctionne aujourd’hui sous démarche d'élevage durable du Groupe LDC Nature d’éleveurs, qui recouvre l’ensemble des pratiques liées au bien-être animal. « C’est pour tout ce qui concerne le bien-être en général », précise Mathieu Dumez. La production repose avant tout sur le poulet de chair, complété par des dindes. « Je fais entre cinq et six lots de poulets par an, avec un lot de dindes à cheval. Je suis surtout éleveur de poulets. » Pour l’encadrement technique et la commercialisation, il travaille avec l’intégrateur Huttepain aliments et s’appuie sur un suivi régulier. « On a suivi une personne de confiance qui connaissait déjà l'exploitation. »

Un pari économique dans un contexte incertain

Se lancer dans la volaille représentait un défi. « Au départ, c’était le flou. Entre ce que le comptable nous disait et ce qu’on sortait réellement, on ne savait pas du tout. » Les charges énergétiques figurent parmi les postes les plus sensibles. « Entre l’été et l’hiver, ça n’a rien à voir. L’hiver, le gaz peut être multiplié par deux ou trois. » Malgré ces incertitudes, la production s’inscrit dans une stratégie assumée de diversification. « Avec la conjoncture agricole compliquée, il faut se diversifier. Et puis derrière, c’est continuer à progresser, se perfectionner encore plus. » Dans cette logique, le jeune éleveur mène aussi des essais techniques. « Je suis un peu pointilleux sur les litières », glisse-t-il, convaincu que ce levier joue directement sur les performances sanitaires et zootechniques.

Un modèle vertueux

La production avicole s’inscrit aussi dans l’équilibre global de l’exploitation. « La production annuelle de fientes nous permet de couvrir quasiment toute la surface de grandes cultures, indique Mathieu Dumez. C’est un apport presque gratuit. La fiente, c’est le top du top, et on sait d’où elle vient ».

Une consommation en hausse

Il associe cet atout agronomique à sa volonté de renforcer la place de la volaille dans son exploitation, alors que la consommation progresse. « On voit aujourd’hui que la consommation française du poulet est en nette augmentation. C’est même la première consommation de viande en France. Comme c’est la viande la moins chère pour les gens, il y a beaucoup de demande. Ça donne envie de continuer, d’améliorer, d’évoluer, de grandir. »

Eau, ventilation et performances techniques

La rénovation des bâtiments a ciblé plusieurs leviers clés. « On est passés d’une ventilation statique à une ventilation dynamique. Les performances sont augmentées », explique Mathieu Dumez, avant d’évoquer un autre investissement, non obligatoire mais jugé structurant : le traitement de l’eau par électrolyse. « C’est une pompe qui injecte un acide spécifique, qui passe dans un boîtier et qui électrolyse l’eau. On arrive à une eau encore plus propre que celle du réseau. » Un choix coûteux à l’installation, mais rapidement amorti selon lui : « Que ce soit en poulets ou en dindes, je n’ai jamais utilisé d’antibiotiques. Jamais. Je pense qu’au bout de trois ans, l’installation est payée ». Il insiste aussi sur les effets indirects : « La qualité de l’eau, c’est primordial pour la volaille, ça joue sur tout, y compris sur la qualité des fientes ». Le fait de disposer d’une eau de réseau déjà correcte a limité le coût par rapport à une eau de forage, qui aurait nécessité un dispositif plus complexe.

Automatisation et gestion du climat

L’ensemble de l’exploitation a été pensé pour anticiper les épisodes de chaleur et réduire les interventions humaines. « La ventilation est dimensionnée pour l’été et les coups de chaud. J’ai aussi de la brumisation. Je l’utilise peu pour l’instant, mais quand il fera 45 °C dehors, je n’aurai pas le choix. » Le pilotage est entièrement automatisé : « Tout se règle tout seul. Quand je suis en moisson, je n’ai pas besoin de revenir pour déclencher quoi que ce soit ».

Des caméras et des alarmes complètent le dispositif. « J’ai une caméra dans un bâtiment, je vais en mettre une dans l’autre. Quand il y a une alarme, j’ai dix à quinze minutes pour intervenir. Le système indique ce qui se passe et où. Le plus souvent, c’est un souci d’alimentation, d’eau ou un disjoncteur. »

De nouveaux projets en réflexion

Fort de cette expérience, Mathieu Dumez réfléchit déjà à de nouvelles étapes. « L’idée, c’est de monter un troisième projet de rénovation de bâtiments », confie-t-il, avec la même ligne directrice : améliorer les performances économiques, continuer à progresser techniquement et consolider une production avicole devenue centrale dans son exploitation.


La filière volaille française

En France, en 2024, la volaille est devenue la première viande consommée : 31,6 kg par habitant, dont 24,9 kg de poulet, avec une hausse de 9,8 % en un an et de 15 % en cinq ans. La production nationale a bondi de 12,1 % en 2024 après la crise d’influenza aviaire, mais près de 4 volailles sur 10 restent importées, dont un poulet sur deux. La filière, portée par Anvol, l'interprofession volaille de chair, appelle à la construction de 400 poulaillers en cinq ans pour répondre à la demande et limiter la dépendance extérieure.

Source : Anvol

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