Le préfet d'Eure-et-Loir découvre les limousines d'Alexandre Plateau
Le préfet d'Eure-et-Loir s'est rendu mercredi 21 janvier sur l'exploitation en polyculture-élevage d'Alexandre Plateau, à Arrou. L'occasion de faire un tour de sa ferme et des problématiques actuelles.
Le préfet d'Eure-et-Loir s'est rendu mercredi 21 janvier sur l'exploitation en polyculture-élevage d'Alexandre Plateau, à Arrou. L'occasion de faire un tour de sa ferme et des problématiques actuelles.
C'est un Alexandre Plateau fatigué mais heureux de la victoire syndicale obtenue à Strasbourg la veille que le préfet d'Eure-et-Loir, Hervé Jonathan, rencontre mercredi 21 janvier sur son exploitation de Villoiseaux, à Arrou (Eure-et-Loir). Installé en polyculture-élevage sur 125 hectares depuis 2016, l'exploitant élève une troupe de limousines dont il commercialise le produit en vente directe et cultive betteraves, pommes de terre, céréales et protéagineux sur ses terres irriguées.
Autour d'un café
La discussion avec le représentant de l'État, qui est accompagné entre autres du sous-préfet chargé de la ruralité, Aristide Ortiz, du directeur des Territoires, Christophe Huss, ou du maire de la commune, Franck Marchand, débute autour d'un café. Aux côtés de sa femme Émilie, installée également sur une ferme de la commune, Alexandre Plateau détaille la structure de son exploitation, ses productions ou parle de la mise sur pause d'un projet de création d'un atelier de transformation…
Le préfet l'interroge sur l'accord avec les pays du Mercosur : « Si l'on veut installer des jeunes, il ne faut pas bousculer l'équilibre économique », estime l'éleveur, qui regrette aussi que le métier attire moins aujourd'hui compte tenu de la charge de travail. Hervé Jonathan lui demande ensuite quelles normes il voudrait voir simplifiées : « En élevage, il faut garder une certaine rigueur. Il n'y aurait pas beaucoup de choses à simplifier. En revanche, sur les céréales, c'est plus compliqué. Par exemple, on veut encore réduire l'utilisation de produits phytosanitaires et d'azote, alors qu'avec ce que l'on met, on n'y arrive pas en termes de protéines ou de rendement ».
L'éleveur alerte ensuite le préfet sur le sujet du désherbage : « Nous allons avoir un problème avec l'arrêt du flufénacet. Il y a un nouveau produit qui arrive mais nous ne savons pas s'il sera autorisé en zones drainées… Or par ici, tout est drainé ». Il pointe aussi toute la difficulté d'expliquer au grand public le bien-fondé de certaines pratiques, que ce soit au sujet de la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ou de l'acétamipride : « Dès que l'on s'exprime, on se fait assassiner sur les réseaux. J'ai essayé… ».
À propos de la DNC, le préfet relève que la stratégie mise en place porte ses fruits. « Il n'y a pas de nouveaux cas et la stratégie vaccinale se déploie rapidement », constate-t-il. « En tout cas, si elle arrivait ici, je n'hésiterais pas à le signaler pour protéger mes voisins, ou si elle arrivait chez un voisin, à l'aider à reconstituer son cheptel », assure Alexandre Plateau.
Il est question aussi de diversification : « Il faudrait intégrer plus de légumineuses dans les rotations mais c'est compliqué sans eau, le maïs ne marche pas très bien en terres superficielles, quant aux cultures de niche, si tout le monde en fait, le marché s'écroule ».
Visite des installations
À la suite de ces échanges, l'éleveur percheron invite tout le monde à venir visiter ses installations. Dans le bâtiment qui abrite ses limousines, il explique ses méthodes d'élevage, qu'il ne veut pas que ses animaux soient engraissés en Italie ou en Espagne, comment il améliore la génétique de la troupe ou encore qu'il travaille en moyenne 90 heures par semaine, sans compter ses divers engagements. Alexandre Plateau a été président de Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir, administrateur au niveau régional et occupe aujourd'hui le poste de secrétaire général adjoint à la FNSEA 28.
Plus loin, dans l'ancien bâtiment où quelques taurillons engraissent tranquillement durant quelques mois, Alexandre Plateau explique qu'il stocke toutes ses céréales : « Mais ce n'est pas forcément un bon calcul en ce moment car les prix ont tendance à baisser juste après la récolte ». Il vend en général à une coopérative ou à des négoces. Il sera également question d'assurance, dont il profite grâce aux réductions accordées aux nouveaux installés, ou du fait que l'élevage n'est pas considéré comme il le devrait en Commission départementale d'orientation de l'agriculture (CDOA).
Toujours à l'écoute
Comme à son habitude, Hervé Jonathan s'est montré curieux des tenants et aboutissants du travail de l'exploitant et à l'écoute des problématiques à remonter.