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Le pulvé intelligent Ara d’Ecorobotix en test grandeur nature dans l'Essonne

Depuis l'année dernière, le pulvérisateur porté Ara de la société Ecorobotix est en test grandeur nature au sein de la ferme pilote innovation à Boutigny-sur-Essonne. Alors qu'il s'apprête à ressortir l'outil pour une deuxième campagne, Nicolas Hottin témoigne.

En Essonne, Nicolas Hottin teste depuis la dernière campagne le pulvérisateur intelligent Ara de la société Ecorobotix.
En Essonne, Nicolas Hottin teste depuis la dernière campagne le pulvérisateur intelligent Ara de la société Ecorobotix.
© Ecorobotix

À Boutigny-sur-Essonne, Nicolas Hottin est un fin connaisseur des innovations et nouvelles technologies qui font progressivement leur place dans les exploitations. Parmi celles qu'il teste actuellement, le pulvérisateur porté Ara de la société Ecorobotix. Arrivé chez lui l'année passée, l'outil a déjà montré quelques intérêts et s'apprête à subir sa deuxième année de test au sein de cette ferme pilote innovation (lire encadré).

80 % d'économies de produits observées

« L'Ara d'Ecorobotix est un pulvérisateur porté qui semble montrer des intérêts pour des cultures à fortes plus-values comme les betteraves ou le maïs, explique Nicolas Hottin. Il s'utilise principalement sur des cultures semées au semoir monograine — l'interrang est obligatoire — et je dirais plutôt sur des cultures jeunes, pas très développées. Il peut être aussi intéressant sur oignons ou salades par exemple ».

Avec ses 6 mètres de large, l'Ara embarque une caméra 3D qui analyse la végétation et fait le distinguo entre la culture et les adventices. « Les trois caissons sont clos, plongés dans le noir, pour éviter les changements de luminosité qui pourraient perturber le fonctionnement de la caméra. Après essai, cette technologie est opérationnelle, la détection est fiable. On peut traiter soit la culture, soit tout sauf la culture, assure l'agriculteur essonnien qui pointe tout de même un écueil : les caméras ne font pas la différence entre les adventices. J'ai tenté de traiter les dicotylédones sur betteraves et l'Ara ouvre aussi sur le ray-grass ».

L'Ara est doté de rampes qui s'ajustent à la hauteur de la culture et qui sont équipées de 156 buses, celles-ci étant positionnées tous les 4 centimètres, au lieu de 50 centimètres sur un pulvérisateur traditionnel. « Lorsque les buses se déclenchent et donnent une impulsion, elles traitent une surface de 6 x 6 cm », reprend Nicolas Hottin. Une précision qui promet d'économiser jusqu'à 95 % de produits phytosanitaires. « Avec nos premiers tests de l'an passé, nous avons pu observer en partie cette promesse. Nos économies ont été de l'ordre de 80 %, confirme l'agriculteur. On est quasiment dans le traitement chirurgical ».

Prise en main aisée mais débit de chantier réduit

Côté prise en main, là aussi, Nicolas Hottin s'est laissé séduire : « L'outil est d'une simplicité déconcertante à utiliser. Il suffit d'atteler le matériel, de connecter la tablette et rien de plus. Je trouve que l'Ara est même plus simple d'utilisation que mon pulvé traditionnel ».

Revers de la médaille en revanche, il faut considérer des conditions d'utilisation plus délicates. « L'outil demande plus d'organisation et de main-d'œuvre dans le sens où le débit de chantier n'est que de 7 km/h (contre 16-17 km/h pour un automoteur, NDLR) et la capacité des cuves est plus restreinte. On embarque 300 litres de bouillie et 600 litres d'eau claire. C'est en gros la capacité pour traiter un hectare en plein. Cette solution intelligente permettant de faire 80 % d'économies, on tourne environ à 5 hectares avec un chargement. De ce fait, les manipulations sont plus fréquentes ».

Nicolas Hottin souligne toutefois que les rampes étant enfermées dans les caissons capitonnés, elles sont à l'abri du vent. L'Ara semblerait donc permettre de s'affranchir un peu plus de conditions venteuses. « Nous essaierons de le vérifier cette année mais je pense qu'on peut gagner en amplitude de plages horaires de traitement du fait que les rampes sont près du sol et à l'abri. Cela peut-être intéressant pour compenser le débit de chantier. »

Accompagné de la conseillère innovation de la chambre d'Agriculture de région Île-de-France, Marion Humbrecht, l'agriculteur a prévu, pour cette nouvelle campagne, de tester l'Ara sur ses cultures de betteraves et de maïs.

Zoom sur la Ferme pilote innovation

Outil d'aide à la décision, robot, matériel agricole… Chaque année, des dizaines d'innovations débarquent sur le marché. Répondent-elles à un vrai besoin pour les agriculteurs ? Leur prise en main est-elle aisée pour tout un chacun ? Sont-elles déployables à grande échelle ? Quel est le retour sur l'investissement ? Toutes ces questions, l'agriculteur essonnien Nicolas Hottin est habitué à y répondre. Son exploitation abrite en effet depuis quelques années la ferme pilote innovation d'Île-de-France. Un projet porté par la chambre d'Agriculture de région Île-de-France et soutenu financièrement par le conseil régional. « Ici nous testons tout un tas de nouvelles technologies, la plupart sur deux ans le temps d'évaluer le produit sur l'ensemble des critères technico-économiques, souligne Nicolas Hottin. Lorsque l'innovation est intéressante, la chambre d'Agriculture le fait savoir à la Région, qui peut alors proposer des aides à l'investissement. Les subventions sont parfois de l'ordre de 70 voire 80 % du montant de l'investissement, c'est un niveau de soutien inédit en France ».


 Cet article fait partie d'un dossier Pulvérisateurs

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