Filière caprine
L'École de responsables caprins met le cap sur l’Ardèche
Les 15 et 16 octobre, des participants de l’École de responsables caprins de Centre-Val de Loire ont découvert la filière caprine ardéchoise, entre expérimentations, échanges techniques et valorisation des fromages fermiers.
Les 15 et 16 octobre, des participants de l’École de responsables caprins de Centre-Val de Loire ont découvert la filière caprine ardéchoise, entre expérimentations, échanges techniques et valorisation des fromages fermiers.
Dans la continuité de 2025, année de son lancement, une partie des participants de l’École de responsables caprins a pris la direction de l’Ardèche pour un voyage d’étude à la Ferme expérimentale du Pradel les jeudi 15 et vendredi 16 octobre. Au programme : découverte des systèmes d’élevage locaux, participation aux ateliers des journées portes ouvertes et immersion dans l’univers des fromages fermiers en tant que membres du jury du concours Fromagora, à Aubenas.
Le Pradel, entre formation, expérimentation et transformation
Les journées portes ouvertes du Pradel ont débuté par une visite de la ferme expérimentale, située à Mirabel, près d’Aubenas. Les participants de Centre-Val de Loire ont ainsi découvert cette structure qui associe formation, expérimentation et transformation fromagère. Elle accueille les élèves du lycée agricole Olivier de Serres et conduit chaque année dix à quinze projets au sein du Cap Pradel, qui réunit l’Idele, la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec) et la chambre régionale d’Agriculture. Ses travaux portent notamment sur l’alimentation, le pâturage, l’adaptation au changement climatique et les nouvelles technologies. La ferme commercialise environ 190 000 litres de lait par an, dont une partie est transformée sur place en fromages, notamment en picodon AOP fermier (lire encadré), tandis que le reste est livré en coopérative. Les fromages sont commercialisés par les affineurs, les grossistes et la vente directe.
Des ateliers au cœur des enjeux caprins
Différents ateliers ont permis par la suite aux participants d’approfondir plusieurs enjeux de la filière caprine. Au programme : la conduite alimentaire du troupeau, la préparation des rations et les lactations longues, avec un bilan de cinq années d’expérimentation au Pradel. La valorisation des chevreaux et les leviers pour améliorer la rentabilité de cette production ont également été abordés. Enfin, les échanges ont porté sur l’adaptation au changement climatique, notamment grâce à l’effet albédo, ainsi que sur les nouvelles technologies, avec la découverte d’un scanner 3D permettant de suivre l’évolution de la morphologie des mamelles.
Jury du concours Fromagora
Le vendredi, les participants ont endossé le rôle de jurés lors du concours de fromages fermiers caprins Fromagora, organisé par la Fnec. Cette édition réunissait près de 340 échantillons issus d’environ 110 producteurs fermiers, répartis en 32 catégories, notamment selon les appellations et les types d’affinage. Au total, 130 membres du jury ont évalué les fromages selon trois critères : l’aspect visuel, la texture et le goût.
Cinq médailles pour les fromages de la région
Plusieurs producteurs de Centre-Val de Loire étaient en compétition à Fromagora avec leurs fromages AOP Pouligny-Saint-Pierre, Sainte-Maure-de-Touraine et Valençay, ainsi que d’autres spécialités fabriquées sur leurs exploitations. La région s’est distinguée en remportant cinq médailles : trois médailles d’or, dont deux en AOP Pouligny-Saint-Pierre et une pour une spécialité fromagère (fromage à tartiner), ainsi que deux médailles d’argent en AOP Sainte-Maure-de-Touraine.
Une exploitation en transformation fermière
Le voyage s’est achevé par la visite de l’Élevage du Serre, à Ribes (Ardèche), une exploitation familiale spécialisée dans l’élevage caprin et la transformation fromagère. Avec une centaine de chèvres, la ferme dispose d’environ 25 hectares. Certaines parcelles, situées autour des bâtiments, sont peu mécanisables et pâturées par les animaux. D’autres se trouvent dans la vallée, entre vignes et châtaigniers. Cette visite a permis de découvrir la conduite du troupeau dans des zones de montagnes, ainsi que l’engraissement des chevreaux destinés à la viande et les étapes de fabrication et d’affinage des fromages, dont le picodon AOP.
Le picodon AOP
Emblématique de la Drôme et de l’Ardèche, le picodon AOP est un fromage de chèvre au lait cru et entier. Il existe deux types d’affinage : le classique, avec une croûte fleurie blanche ou bleue, affiné pendant au moins huit jours, et le lavé, méthode Dieulefit. Cette méthode se distingue par un affinage prolongé d’au moins trente jours, ponctué de lavages successifs à l’eau claire, qui confèrent au picodon des arômes plus prononcés.