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Les betteraviers de la CGB CVL inquiets mais mobilisés

Réunis en assemblée générale à Outarville (Loiret) vendredi 6 juin, les adhérents de la CGB Centre-Val de Loire ont fait le point sur une campagne 2024 difficile, ainsi qu'un retour sur la mobilisation syndicale et les avancées législatives.

L’assemblée générale de la Confédération générale des planteurs de betteraves de Centre-Val de Loire (CGB CVL) s’est tenue dans un climat pesant vendredi 6 juin à Outarville (Loiret). La campagne betteravière 2024 a été marquée par plusieurs perturbations, à commencer par l’arrêt de la sucrerie Ouvré à Souppes-sur-Loing (Seine-et-Marne), dont les conséquences ont été immédiates sur le terrain. La durée de campagne a été allongée de dix jours à Pithiviers (Loiret) et de vingt à Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret), désorganisant l’ensemble du calendrier de réception.

Rendements et richesse en recul

Sur le plan agronomique, les résultats confirment un recul net. Le rendement racine atteint 77,2 tonnes par hectare, avec une richesse moyenne de 15,8. Corrigé à une richesse de 16, le rendement tombe à 76 tonnes. Cette baisse de richesse affecte directement le poids valeur et donc la rémunération des planteurs. Les écarts selon les zones soulignent l’hétérogénéité des conditions de culture.

Chute des surfaces

Au-delà des chiffres de l’année, la tendance reste préoccupante. Les surfaces betteravières poursuivent leur repli. En 2024, la région totalise 22 212 hectares cultivés, dont 14 173 dans le Loiret, 6 998 en Eure-et-Loir et 1 041 en Loir-et-Cher. Ces terres sont exploitées par 1 263 planteurs. Depuis 2017, les surfaces ont diminué de 41,9 %, et le nombre d’exploitations a chuté de 34 %. Beaucoup ont cessé la culture, d'autres ont modifié leur organisation.

Les causes sont multiples. Les sécheresses de 2019, 2020 et 2022, le gel de 2021, puis l’excès d’eau et le manque de lumière en 2024 ont pesé sur les rendements. La jaunisse et la cercosporiose sont aussi revenues à plusieurs reprises, compliquant la conduite des cultures.

Mobilisation contre l’accord Mercosur

La manifestation organisée le 18 novembre à Orléans (Loiret) contre l’accord Mercosur a rassemblé planteurs et représentants syndicaux aux côtés de la FNSEA. L’objectif reste le même : garantir des conditions équitables face à des importations qui ne répondent pas aux mêmes normes.

PPL Duplomb : un enjeu stratégique

Un temps fort de l’assemblée a été consacré à la proposition de loi (PPL) Duplomb, dite loi Entraves. Nicolas Rialland, directeur général de la CGB, est revenu sur le parcours du texte depuis la motion de rejet, soulignant l’importance de la réintroduction de l’acétamipride. Pour lui, cette décision doit reposer sur la science. Il a précisé que l’usage de cette molécule ferait l’objet d’un encadrement strict.

La sénatrice en soutien des agriculteurs

Présente à Outarville, la sénatrice du Loiret Pauline Martin a pris la parole devant la trentaine de participants. Elle a rappelé que 187 sénateurs avaient cosigné la proposition de loi Duplomb, ce qui traduit une majorité solide du côté de la droite et du centre. Selon elle, la motion de rejet est une étape encourageante. Le point crucial reste le passage en Commission mixte paritaire. La sénatrice estime que la tenue de cette instance au Sénat serait plus favorable pour la filière, la majorité y étant plus sensible aux problématiques agricoles. Elle a souligné le risque que le texte, en cas d’échec, retourne entre les mains de la présidence de commission, ce qui pourrait faire basculer son orientation. Elle a insisté sur la nécessité de conclure avant la fin de la session extraordinaire prévue au 10 juillet. L’objectif reste d’aboutir à un texte équitable, au bénéfice des agriculteurs. Très disponible, elle a répondu aux questions des planteurs et a affirmé qu’elle resterait vigilante jusqu’au terme du processus.

Une filière en alerte mais mobilisée

L’assemblée s’est terminée par une table ronde consacrée à l’arrachage. Chacun a pu partager ses expériences, ses pratiques, ses astuces et ses observations sur le terrain. Un moment simple mais riche, qui a permis d’ouvrir la discussion sur les adaptations possibles face aux contraintes croissantes rencontrées à cette étape clé de la campagne.

Dans un contexte incertain, cette assemblée a permis de faire le point sur les difficultés, mais aussi sur les leviers d’action, tant techniques que politiques. Un rendez-vous important pour une filière qui continue de se battre pour son avenir.

La filière betteravière française

  • 23 000 planteurs
  • 32,9 Mt de betteraves sucrières
  • 20 sucreries en activité
  • 1er pays producteur européen de sucre
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