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Syndicalisme
Les candidats aux législatives passés au crible de la FNSEA et de JA 28

La FNSEA et Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir ont organisé dans chaque circonscription un temps de rencontre avec les candidats aux prochaines élections législatives. Les deux premières se sont déroulées à Fresnay-le-Gilmert et Orgères-en-Beauce le 2 juin, les deux suivantes à Marolles-les-Buis et Luray le 7 juin.

À quelques jours du premier tour des élections législatives, la FNSEA et Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir ont invité les candidats euréliens à s'exprimer sur différents sujets concernant notre agriculture. Aussi, une rencontre-débat a été organisée dans chacune des quatre circonscriptions d'Eure-et-Loir.

Quatre rencontres-débats

Pour la première de ces rencontres avec les candidats de la première circonscription, le rendez-vous est donné sur ­l'exploitation de Victor Popot à Fresnay-le-Gilmert jeudi 2 juin. Cinq d'entre eux ont répondu à l'invitation : Ladislas Vergne (LR), Guillaume Kasbarian (député sortant, LREM), ­Quentin ­Guillemain (Nupes), Cyril Hermadinquer (Reconquête) et David Delorme-Monsarrat (RN). Ensuite, c'est chez ­Nicolas ­Grandvillain à Orgères-en-Beauce que se retrouvent les candidats de la quatrième circonscription, mais seuls deux ont répondu à l'invitation, Vincent Lhopiteau (Reconquête) et le député sortant Philippe Vigier (Ensemble – majorité présidentielle).

La deuxième série de rencontres est organisée mardi 7 juin. Pour la troisième circonscription chez Jean-Luc et Caroline Debray à Marollles-les-Buis, trois candidats se sont présentés : Rémi ­Martial (LR), Carole Geraci (Divers droite) et Luc Lamirault (député sortant, Ensemble – majorité présidentielle). Enfin, les candidats de la seconde circonscription sont attendus à Luray, chez Laurent Barrey. Là aussi ils ne sont que deux : le député sortant Olivier Marleix (LR) et Maxime David (Ensemble – majorité présidentielle)*.

Même protocole

Lors de ces quatre réunions, le protocole est le même. Après la présentation de l'exploitation de l'hôte, à tour de rôle les candidats prennent la parole durant dix à vingt minutes pour dire ce qu'ils pensent sur quatre sujets concernant l'agriculture eurélienne. Ces thématiques ont été adaptées à la spécificité des territoires : la souveraineté alimentaire, les énergies et la chasse sont abordés partout mais la problématique de l'A 154 ou celle de la zone Natura 2000 ne le seront que sur les circonscriptions concernées. De toute façon, tous avaient la liberté de parler en plus des sujets de leur choix.

À l'issue des exposés, un débat s'instaurait, permettant aux présidents des syndicats, Guillaume Chenu pour Jeunes agriculteurs et Bertrand Petit pour la FNSEA, ou aux agriculteurs présents de réagir aux propos des candidats, de les interpeller ou d'aborder des sujets d'actualité, comme les dégâts occasionnés par les orages le week-end dernier…

À chaque fois, les candidats se disent d'abord ravis de l'invitation qui leur est faite et de pouvoir s'exprimer sur ces sujets qui leur tiennent particulièrement à cœur.

Débat nourri sur la souveraineté alimentaire

La thématique de la souveraineté alimentaire est celle qui occasionnera le plus de temps de parole. Tous s'accordent pour dire que c'est bien que le sujet revienne sur le devant de la scène et que les agriculteurs doivent pouvoir produire avec un minimum d'entraves et sans concurrence déloyale d'autres pays.

Le député sortant Guillaume Kasbarian étaye son propos par ses prises de position au cours de son mandat, souvent contre la ligne de sa majorité, en faveur des néonicotinoïdes ou contre l'interdiction du glyphosate par exemple. Mais tous les candidats sortants s'appuieront de la même façon sur les combats qu'ils ont menés à l'Assemblée pour défendre les intérêts des agriculteurs euréliens. Et force est de constater qu'ils ont toujours su répondre aux sollicitations des deux syndicats.

Pour sa part, le seul candidat apparenté écologiste à avoir répondu à l'invitation, Quentin Guillemain (Nupes), s'est dit opposé aux accords commerciaux avec les pays qui ne respectent pas les mêmes règles que nous. De leur côté, les candidats d'extrême droite se sont démarqués par leur demande de plus de protectionnisme et le fait de nourrir les Français en priorité.

La stratégie Farm to Fork, portée par l'Union européenne, a nourri un débat intéressant à Luray entre le candidat de la majorité présidentielle Maxime David, qui estime qu'il faut certes l'adapter aux spécificités françaises mais qu'elle s'imposait, et le député sortant Olivier Marleix qui soutient que ce n'est vraiment pas le moment de réduire la ­production.

Les énergies renouvelables plébiscitées

Au sujet des énergies renouvelables, là aussi les opinions convergent pour développer ces productions, plus particulièrement la méthanisation, en simplifiant les procédures et en en favorisant l'acceptabilité. Cependant, Luc Lamirault et Rémi Martial ont assumé leur opposition aux projets de Nonvilliers-Grandhoux et de Saint-Georges-sur-Eure. Pour sa part, le développement du photovoltaïque ne doit pas se faire au détriment des terres agricoles, arguent quelques candidats, mais Philippe Vigier estime que les agriculteurs savent ce qu'ils font. Au sujet de l'éolien, les candidats du Rassemblement national et de Reconquête, à l'exception de Vincent Lhopiteau, se déclarent contre les nouveaux projets, tout comme Rémi Martial. En revanche, tous sont favorables au nucléaire.

Sur la chasse, Guillaume ­Kasbarian, Ladislas Vergne et Maxime David soutiennent la démarche entreprise par le ministre Marc Fesneau pour que l'État puisse prendre une part dans la compensation des dégâts de gibier qui devient ingérable pour la Fédération des chasseurs. Mais cela ne doit pas devenir structurel pour Rémi Martial. D'autres soutiennent plutôt une mutualisation des moyens des chasseurs au niveau national. Pour sa part, Olivier Marleix propose d'imposer une forme de contrainte à l'utilisation des droits de chasse ou les transférer sinon.

L'A 154 : à l'exception du candidat Nupes, qui s'y oppose, et de Guillaume Kasbarian plutôt critique sur le projet, tous les candidats concernés sont plutôt pour, tout en dénonçant la consommation excessive de foncier agricole, demandant un remembrement le plus large possible et un tarif réduit voire la gratuité pour les Euréliens.

Interdiction de phytos

Abordés dans la quatrième circonscription, les changements de règles dans les zones Natura 2000 où l'on interdirait l'usage de produits phytosanitaires, révolte le candidat Reconquête. De son côté, le député sortant Philippe Vigier estime que des solutions seront trouvées avec la profession, qu'il sera en soutien et qu'elle pourra compter sur Marc Fesneau.

Au final, ces rencontres ont eu le mérite de recentrer, un temps, la campagne des législatives sur les problématiques agricoles. La question qui demeure est de savoir si ces sujets ont un intérêt pour ceux qui ne se sont pas déplacés.


*Karine Dorange (1re circonscription - divers droite) et Emmanuelle Kraemer (2e circonscription - PCR), absentes excusées.

 

Les candidats signent la charte d’engagement FNSEA

La FNSEA 28 et JA 28 ont invité les candidats aux élections législatives pour débattre autour de l'agriculture. Les présents ont accepté de signer une charte les engageant à défendre l’agriculture et ses enjeux une fois élus.
 
Lors des rencontres avec les candidats aux législatives, la FNSEA 28 et JA 28 ont invité les candidats à signer une charte d’engagement. Tous les candidats ayant répondu présent lors de ces rencontres ont accepté de la signer.
À la veille de cette nouvelle législature, l’agriculture, qui fait face à des enjeux géopolitiques, économiques, sociaux et environnementaux majeurs, est en mesure de retrouver sa place dans la société française et européenne, avec une mission lisible et clairement affichée : garantir une production agricole forte et durable pour nourrir les populations tout en contribuant à la transition écologique et à la lutte contre le réchauffement climatique.

 

En signant la charte, les candidats s'engagent à défendre l’agriculture de leur territoire une fois élus à l'Assemblée nationale.

Ainsi, pour répondre à ces enjeux et défendre l’agriculture dans chaque territoire, les candidats, en signant la charte, se sont engagés une fois élus à l’Assemblée nationale à :

  • garantir un dialogue permanent et ouvert, tout au long de leur mandat, avec les agricultrices et agriculteurs de leur territoire, ainsi qu’avec leurs responsables syndicaux ;
  • apporter leur soutien aux projets de développement agricole qui garantissent l’attractivité et la préservation de territoires vivants, résilients et dynamiques ;
  • défendre l’attractivité du métier d’agriculteur en garantissant la juste rémunération des producteurs et la juste répartition de la valeur au sein de la chaîne alimentaire ;
  • valoriser et promouvoir l’origine France et permettre à tous les Français l’accès à une alimentation de qualité ;
  • engager toutes les mesures nécessaires à la transmission des exploitations pour assurer le renouvellement des générations ;
  • s’assurer d’une juste reconnaissance et valorisation des transitions agro-écologiques engagées par le secteur agricole ;
  • préserver les outils de production agricoles et lutter contre toutes les distorsions de concurrence avec les concurrents étrangers, particulièrement européens.
 
Avec cette signature de charte, chaque candidat « témoigne de son attachement au monde agricole et de sa volonté d’agir en lien étroit avec les agriculteurs de son territoire pour défendre, tout au long de son mandat, la souveraineté alimentaire », comme le stipule la charte.
« Vous pouvez compter sur vos syndicats pour rappeler leurs engagements aux députés qui seront élus le 19 juin », soulignent la FNSEA 28 et JA 28.
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