Viticu
Les épisodes de gel se succèdent en Loir-et-Cher depuis mi-mars
Les vignes de Loir-et-Cher n’ont pas été épargnées par le gel depuis la mi-mars. Les tours antigel ont fonctionné plusieurs nuits. Frédéric Morand, vigneron avec son frère Christophe au sein du Gaec Morand à Vineuil, revient sur ces épisodes qui auront certainement un impact sur ses 17 hectares de vignes.
Les vignes de Loir-et-Cher n’ont pas été épargnées par le gel depuis la mi-mars. Les tours antigel ont fonctionné plusieurs nuits. Frédéric Morand, vigneron avec son frère Christophe au sein du Gaec Morand à Vineuil, revient sur ces épisodes qui auront certainement un impact sur ses 17 hectares de vignes.
Depuis le 15 mars, les viticulteurs et les vignerons de Loir-et-Cher s’activent pour préserver leurs vignes face à des épisodes de gel qui se multiplient. C’est le cas de Frédéric Morand, vigneron en Gaec avec son frère Christophe à Vineuil, qui a déjà dû démarrer ses deux tours antigel à neuf reprises en une quinzaine de jours.
En ce vendredi 3 avril, il avait d’ailleurs déjà été sur le qui-vive durant la nuit. « J’ai eu une alerte dans la nuit, nous avons frôlé les températures négatives et il a fallu lancer les protections », assure-t-il, après une nouvelle courte nuit. Ces derniers jours, son sommeil a été grandement amputé, voire inexistant. « Je reste pour surveiller, car en plus de protéger nos vignes, nous devons aussi sécuriser le matériel et le fioul contre les vols », regrette-t-il.
Des épisodes de gel marqués
Avec un mois de février aux températures douces et une forte humidité, il redoutait des épisodes de gel destructeurs. « Le mois de février nous a fait mal. La végétation avait trois semaines d’avance début mars. Je savais qu’avec des épisodes de gel, cela serait compliqué », affirme Frédéric Morand. Les tours antigel ont repris du service à partir du 15 mars, alors qu’elles n’avaient même pas tourné l’année passée. « Le plus difficile a surtout été le 17 mars, avec un gel très marqué, et dans la nuit du jeudi 26 au vendredi 27 mars, avec des températures qui ont atteint - 3 °C ».
Pour le moment, il est encore difficile d’évaluer les pertes. Les protections ont permis de sauver l’essentiel, « certainement plus d’une bonne moitié, voire davantage », mais le vigneron a déjà pris ses précautions en contactant son assurance. « Ils attendent encore un peu avant de venir constater, c’est trop tôt ». Les cépages les plus précoces sont, pour l’instant, les plus touchés, comme le chardonnay en blanc ou le pinot noir en rouge. Sur certaines parcelles de jeunes vignes qui entreront en production cette année, les pertes sont plus importantes.
Des coûts conséquents
L’essentiel de son temps est actuellement consacré à la protection du vignoble. Une mobilisation qui a un coût. Avec un fioul en hausse ces dernières semaines, les tours antigel, très gourmandes, pèsent sur les charges. « Les tours ont déjà tourné une vingtaine d’heures depuis le début des gelées et consomment environ 25 litres par heure. Cela représente forcément un coût, sans savoir si la valorisation suivra », explique Frédéric Morand.
En complément, le vigneron dispose des bougies sous les tours afin de créer une source de chaleur, ensuite diffusée sur l’ensemble du périmètre. « C’était indispensable, notamment lors de la nuit du 27 mars, particulièrement froide », estime-t-il.
S’adapter face à la répétition
Face à des épisodes de gel printanier désormais récurrents, Frédéric Morand explore de nouvelles pistes d’adaptation. Il a notamment planté des cépages plus résistants. « Nous avons décidé de tester le floréal sur 70 ares et le sirano sur 30 ares. Nous n'avons pas le choix, il faut s’adapter », souligne-t-il. La parcelle de floréal entrera dans sa deuxième année de production et la prochaine récolte permettra d’en mesurer le potentiel.
Autre levier, le choix des porte-greffes, qui peut influencer la précocité du débourrement. « Nous commençons à planter avec des porte-greffes différents, comme le 5BB et le 1103 Paulsen, plus vigoureux, notamment sur des parcelles replantées en vigne », précise-t-il.
Alors que plusieurs nuits à risque ont déjà été enregistrées, le vigneron reste prudent : « Nous ne sommes qu’au début du mois d’avril, nous pouvons encore avoir des nuits compliquées ».