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Les viticulteurs s’adaptent à la baisse de la consommation en France

À l’occasion de l’assemblée générale de JA Centre-Val de Loire vendredi 22 mars à Mennetou-sur-Cher (Loir-et-Cher), durant une table ronde, les viticulteurs se sont penchés sur l’avenir de la consommation de vin.

Vendredi 22 mars, à Mennetou-sur-Cher. À l'occasion de son assemblée générale, le syndicat Jeunes agriculteurs Centre-Val de Loire a organisé une table ronde sur l'évolution de la consommation de vin en France.
Vendredi 22 mars, à Mennetou-sur-Cher. À l'occasion de son assemblée générale, le syndicat Jeunes agriculteurs Centre-Val de Loire a organisé une table ronde sur l'évolution de la consommation de vin en France.
© L.B. - Horizons

La France connaît, depuis les années 1960, une forte baisse de la consommation de vin, obligeant les viticulteurs à s’adapter. Lors de l’assemblée générale du syndicat Jeunes agriculteurs Centre-Val de Loire vendredi 22 mars à Mennetou-sur-Cher, Josselin Ragot et Hugo Biet, respectivement viticulteur et vigneron en Loir-et-Cher, sont revenus sur cette déconsommation

Baisse de la consommation

Avec 21 400 hectares et 1 280 exploitations viticoles, la région Centre-Val de Loire est le troisième plus grand bassin viticole de France avec ses 26 AOC. Actuellement, la commercialisation des vins de la région est plutôt tournée à 52 % vers les circuits spécialisés et la restauration, et 30 % vers l’export, puis le reste vers la grande distribution. Les vins de Loire sont majoritairement consommés en France, laissant ainsi une grande marge de manœuvre pour améliorer la commercialisation vers l’export. Forcément, avec une forte commercialisation en France, les viticulteurs sont durement touchés par la baisse de consommation au niveau national. « C’est un métier de plaisir. La baisse de la consommation n’est pas un sujet nouveau et on s’adapte. L’export reste d’ailleurs une grosse carte à jouer », explique Hugo Biet, vigneron à Seigy.

Le vin étant devenu un produit plaisir, la consommation quotidienne a fortement diminué, impactant ainsi la viticulture française. « Nous avons perdu des parts de marché au niveau national. Une grande partie de la viticulture française se tourne vers l’export. Les viticulteurs se sont adaptés et proposent aujourd’hui des produits plus qualitatifs », affirme Josselin Ragot, viticulteur à Chissay-en-Touraine.

Adaptation aux aléas climatiques

Au-delà de la baisse de la consommation, la viticulture se doit aussi de s’adapter face au réchauffement climatique qu’elle subit de plein fouet. Au sein de la région Centre-Val de Loire, il existe une précocité des stades phénologiques de la vigne avec une avancée moyenne de 3,2 jours par décennie pour le débourrement et 4,2 jours pour la floraison, ainsi que trois jours pour la date de maturité. « Pour le moment, le réchauffement climatique nous impacte sur nos méthodes de travail. Toutefois, pour la typicité de nos vins, nous avons des produits en Val de Loire qui correspondent aux attentes du marché, c'est-à-dire des vins frais et fruités », affirme Josselin Ragot.

Pour lutter contre le changement climatique et les aléas climatiques, les viticulteurs n’hésitent pas à se doter d’outils comme les tours antigel. « Ce sont des outils très importants pour les viticulteurs, mais cela a un coût et il faut bien valoriser ses bouteilles lors de la commercialisation », souligne Josselin Ragot. Ces moyens de protection sont des vrais investissements dans le temps pour les viticulteurs et vignerons. « Le changement climatique est source d’investissement sur vos exploitations viticoles. Votre meilleure assurance, ce sont les moyens de prévention », a rappelé Émilie Rioux, conseillère viticole au sein de Groupama.

Croire en l’avenir de la filière viticole

Même si la viticulture française doit faire face à de nombreux défis, des jeunes viticulteurs passionnés par les vignes continuent de s’installer en Loir-et-Cher et en région Centre-Val de Loire. C’est le cas d’Hugo Biet qui s’est installé cette année. « C’est un réel plaisir d’effectuer ce métier. Je n’ai pas hésité à m’installer et j’ai une totale confiance en l’avenir de la filière viticole. Mais nous allons devoir nous adapter encore davantage, que ce soit au niveau des normes environnementales ou même aux attentes des consommateurs », a assuré le jeune installé.

Les participants étaient ensuite invités à déguster des vins issus du Val de Loire tout en nourrissant de riches échanges sur l’avenir de la viticulture en France.

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