Aller au contenu principal

Portrait
Lionel Bonnamy, marathonien de la galette

Le 6 décembre dernier, le syndicat des boulangers du Grand Paris a désigné Lionel Bonnamy, de La Fabrique aux gourmandises, dans le 14e arrondissement de Paris, vainqueur de la meilleure galette aux amandes du Grand Paris.

© C.A. - Horizons

Il a imprimé le mail et le conserve avec soin : une invitation en provenance de l'hôtel Matignon pour la cérémonie des vœux en janvier dernier. « J'ai reçu un mail du Premier ministre, moi qui suis issu d'une famille ouvrière d'une petite ville de l'Allier, Saint-Pourçain-sur-Sioul, où la première bibliothèque est à 10 km en mobylette ! », s'étonne encore Lionel Bonnamy, vainqueur de la meilleure galette aux amandes du Grand Paris pour la deuxième fois cette année, après une première victoire obtenue en 2021.

Cette nouvelle récompense — après avoir également décroché le prix du meilleur croissant d'Île-de-France en 2019 — conforte une conviction chevillée au corps : « Avec le travail, en consentant des sacrifices, l'ascenseur social est possible. Je n'ai pas mon brevet des collèges mais j'ai réussi à créer onze CDI en douze ans », déclare-t-il.

Le goût des bons produits lui est venu du pain livré par le boulanger qui faisait la tournée des fermes et s'arrêtait dans celle de ses grands-parents, le mercredi. « Je dégustais ce pain avec du beurre et du lait frais de la ferme », se remémore-t-il. Un stage de découverte en 3e lui donne l'envie de s'orienter vers la cuisine et la pâtisserie. Il a la chance de tomber sur un premier maître d'apprentissage sévère mais généreux en conseils, qui accepte de transmettre son savoir. Il poursuit sa formation et décroche un brevet technique des métiers à l'École nationale de la pâtisserie d'Yssingeaux.

Il effectue la « deuxième rencontre professionnelle de sa vie » en la personne d'Amandio Pimenta, meilleur ouvrier de France, champion du monde de boulangerie. « J'ai trouvé en lui quelqu'un qui m'a pris comme j'étais et m'a guidé, en étant toujours dans le dialogue », raconte-t-il. Il travaille dans plusieurs structures, « monte à Paris » où il se retrouve, un peu désarçonné, dans une chambre de 9 m2, s'accroche, apprend auprès de franchisés d'Éric Kayser et, enfin, réalise son rêve : s'installer à son compte. Avec un associé, il fonde la Fabrique aux gourmandises dans le 14e arrondissement.

Il a toujours aimé participer à des concours, pour la compétition, pour « se créer sa propre coupe du monde » mais surtout pour se challenger. « On va à des concours pour se remettre en question, ne pas rester dans sa zone de confort : notre premier concurrent, c'est nous-même », explique-t-il. Lorsqu'il gagne, il voit immédiatement l'impact auprès des clients : il a ainsi dû confectionner 12 000 galettes en un mois… Les victoires lui offrent également une fenêtre médiatique. Il en profite pour marteler l'importance de soutenir l'artisanat, une idée qui lui tient à cœur depuis ses débuts.

Depuis sa consécration, il a enchaîné les journées de travail, jusqu'à 22 heures d'affilée, récupérant « en promenant le chien ». Il a bien sûr en ligne de mire la finale nationale de la galette. Mais aussi le concours de la meilleure tradition, confié à son jeune chef boulanger. « Car quand on a un jeune de chez nous qui est récompensé, on se dit qu'on a bien fait le job. »


Biographie :

  • 2010 : ouverture de la Fabrique aux gourmandises.
  • 2019 : meilleur croissant d'Île-de-France.
  • 2021 : meilleure galette du Grand Paris.
  • 2025 : meilleure galette du Grand Paris.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

Patrick Bunel, roi des galettes du Val-d'Oise
Lauréat du concours de la meilleure galette aux amandes 2026 du Val-d'Oise, Patrick Bunel est un boulanger-pâtissier passionné…
Vendredi 9 janvier, des agriculteurs ont procédé à des contrôles symboliques de camions à Saint-Cyr-en-Val afin de dénoncer le faible niveau de contrôle des produits importés en France.
Face au manque de contrôles, les agriculteurs du Loiret se mobilisent
Face à des contrôles jugés insuffisants sur les importations, les Jeunes agriculteurs et la FNSEA du Loiret ont mené une action…
[VIDÉO] Plus de 400 tracteurs sont entrés dans Paris
[MAJ 14/01/2026] Retour sur la longue journée de mobilisation du mardi 13 janvier à Paris.
Manifestation des agriculteurs franciliens ce jeudi matin à Paris 📹
Les agriculteurs des FDSEA et de Jeunes agriculteurs d’Île-de-France et de Seine-et-Marne se sont mobilisés ce jeudi matin à…
Lundi 5 janvier, les représentants de la FNSEA 28 et de Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir échangent avec le préfet d'Eure-et-Loir.
Normes, revenu et souveraineté au cœur des échanges avec le préfet
Lundi 5 janvier, le préfet a reçu les représentants de la FNSEA et de JA d'Eure-et-Loir. Ce rendez-vous a permis de…
Du 20 au 22 janvier, JA 41 et Mareuil-sur-Cher ont accueilli la session nationale viticulture du syndicat national Jeunes agriculteurs.
JA 41 accueille la session nationale viticulture à Mareuil-sur-Cher
JA 41 a accueilli des représentants des départements viticoles français à l'occasion de la session viticole de Jeunes…
Publicité