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Mercosur : « l’Europe trahit ses agriculeurs, mobilisons-nous »

La Commission européenne a lancé début septembre la ratification de l’accord commercial avec le Mercosur, ouvrant la voie à l’entrée massive de produits sud-américains sur le marché européen. La FNSEA appelle à la mobilisation de son réseau pour faire bloc.

© Horizons / illustration

« La validation de l’accord du Mercosur par la Commission européenne est une véritable insulte au monde agricole. Une fois encore, notre agriculture est traitée comme une variable d’ajustement, au profit d’importations qui ne respectent ni nos normes, ni nos valeurs », souligne la FNSEA.

Le syndicat poursuit : « On voudrait nous faire croire que des ''clauses de sauvegarde'' suffiront à protéger nos marchés. Mais ces clauses ne couvrent ni la réciprocité des règles, ni la justice des prix. Pendant que nos moyens de production sont réduits, on s’apprête à ouvrir grand les portes de l’Europe à 180 000 tonnes de volailles, 99 000 tonnes de viande bovine, 45 000 tonnes de miel… Autant de produits que nous savons produire, ici, en France, dans le respect de nos standards ».

Les conditions de production dans les pays du Mercosur sont loin des standards européens : finition des animaux en feedlots, usage d’antibiotiques comme facteurs de croissance, traçabilité incomplète, recours à du soja issu de la déforestation, contrôles insuffisants sur l’utilisation d’hormones. « C’est une concurrence déloyale qui met en péril des années d’efforts pour produire une viande de qualité, durable et traçable », dénonce la Fédération nationale bovine (FNB).

Un accord imposé sans véritable débat

Jusqu’ici, un tel accord devait être validé à l’unanimité des États membres, chaque pays disposant d’un droit de veto. Mais la Commission a choisi de scinder l’accord, permettant la ratification de la partie commerciale à la majorité qualifiée. Pour la FNB, c’est un passage en force, d’autant que la clause de sauvegarde annoncée par Bruxelles est jugée purement symbolique et sans réelle efficacité.

« Nous refusons cette hypocrisie. Pas question de baisser les bras ! », scandent les syndicats. C'est pourquoi la FNSEA appelle à la mobilisation de son réseau vendredi 26 septembre.

« L’agriculture n’est pas un problème, elle est la solution : pour la souveraineté alimentaire, pour l’économie de nos territoires, pour l’environnement. Faisons bloc pour rappeler au Président de la République et aux eurodéputés leurs engagements. La France doit dire non à cet accord ! », conclut la FNSEA.

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