Apiculture
Miel : une production dans la moyenne des dix ans
La production française de miel est estimée à 33 700 tonnes en 2026, les canicules ayant pénalisé plusieurs miellées d'été, notamment le tournesol et la lavande.
La production française de miel est estimée à 33 700 tonnes en 2026, les canicules ayant pénalisé plusieurs miellées d'été, notamment le tournesol et la lavande.
Avec 33700 tonnes de miel attendues cette année en France, selon l’enquête conduite pour Interapi par Agrex Consulting auprès de 986 apiculteurs, sur près de 67 000 en France, la récolte reste supérieure à la moyenne des dix dernières années, malgré un léger recul de 2,5 % par rapport à 2025 et des situations contrastées selon les régions.
Après un bon début d’année 2026, notamment pour les récoltes de miel toutes fleurs et de colza, la production de miel a ralenti à partir de juin au moment des pics de chaleur.
La production de miel toutes fleurs de printemps atteindrait près de 8 084 tonnes, soit une hausse d’environ 66 % par rapport à 2025. Celle de miel de colza atteindrait environ 3 447 tonnes, soit une progression de plus de 40 % par rapport à 2025. Ces deux productions représenteraient respectivement 24 % et 10,2 % de la récolte nationale fin 2026, contre 14,1 % et 7,1 % en 2025. Leur progression a ainsi amorti le recul de plusieurs miellées estivales, notamment celles d’acacia, de lavande, de tilleul et de forêt, sans toutefois le compenser entièrement.
Le miel de lavande concentre les difficultés rencontrées durant l’été. Sous l’effet de la chaleur précoce, de la sécheresse et d’une floraison écourtée, sa production serait limitée à environ 400 tonnes, contre près de 1 500 tonnes lors des bonnes années. Le miel de tournesol resterait lui aussi à un niveau faible, avec seulement 3,5 %.
Mais les écarts entre régions demeurent marqués. L’Auvergne-Rhône-Alpes conserve la première place, avec une récolte estimée à 6 515 tonnes, en hausse de 4 % par rapport à 2025. La Bretagne enregistre de bons résultats au printemps comme en été, avec une production en hausse de 68 % sur un an. À l’inverse, le Grand-Est recule de 27 % par rapport à une année 2025 exceptionnelle, tandis que la Corse a subi des conditions particulièrement défavorables. Les résultats corses doivent toutefois être interprétés avec prudence en raison du faible nombre de répondants et de leur forte hétérogénéité. Pour les apiculteurs de plus de cinquante ruches, les rendements moyens atteindraient 9 kg par ruche pour la lavande et 8 kg pour le tournesol.
La répétition des aléas climatiques rend les récoltes de miel difficiles à anticiper et fragilise les abeilles. Certains apiculteurs s’inquiètent même des capacités de leurs colonies à passer l’hiver, tandis que la pression du frelon asiatique reste importante dans la quasi-totalité des régions, tout comme le varroa sur certains territoires. S’y ajoute une inadéquation entre les miellées produites et la demande des consommateurs.