Portrait
Miske Alhaouthou, le lien par la cuisine
Après avoir longtemps chouchouté les artistes de la scène musicale, Miske Alhaouthou a choisi de revenir dans le Perche pour partager tous les bienfaits de l'alimentation.
Après avoir longtemps chouchouté les artistes de la scène musicale, Miske Alhaouthou a choisi de revenir dans le Perche pour partager tous les bienfaits de l'alimentation.
Assurément, Miske Alhaouthou est une femme forte, fière, une femme déterminée. Elle a la tchatche, le sourire et toujours mille projets en tête. Et ce qu'elle cherche avant tout, c'est tisser du lien autour d'elle, dans sa ville de Nogent-le-Rotrou, à travers l'alimentation.
Mais il semble difficile de réduire en quelques lignes la diversité des actions qu'elle a mises en place ou celles qu'elle porte aujourd'hui. Difficile aussi de passer sous silence la lutte qu'elle mène contre une grave maladie, qu'elle parvient cependant à juguler en maximisant les bienfaits de son alimentation.
Tout commence pour cette cheffe quand elle bichonnait les artistes de la scène musicale française à travers les plats qu'elle leur concoctait. C'est alors qu'elle a mis en pratique sa passion pour les produits des producteurs du Perche, comme Les Maraîchers de l'Auberdière, qu'elle transcende avec ses inspirations comoriennes, son pays d'origine, histoire de mêler les cultures.
Revenue dans le Perche au détour de la crise Covid, elle reprend la maison où elle a grandi, sur les hauteurs de Nogent-le-Rotrou, et réinvestit la cuisine où œuvrait sa mère. « Ma mère était une grande cuisinière mais elle était enfermée ici… Je fais aussi tout ça pour elle », livre-t-elle. Et parce que cuisiner, c'est une histoire de transmission, de passion, Miske Alhaouthou va alors s'attacher à la transmettre autour d'elle.
À commencer par les enfants. « J'ai mis ma fille à la cuisine très tôt, dès l'âge de 10 mois, relève-t-elle. Et à 7 ans, elle me dit qu'elle aussi a envie d'écrire un livre de cuisine. Je lui dis d'accord, mais tu te débrouilles… Ce qu'elle a fait d'ailleurs. Et pour trouver le ton juste, nous avons organisé des ateliers cuisine dans son école… Ça a été un carton, les enfants étaient trop contents de mettre la main à la pâte ».
Et comme elle sait remuer ciel et terre, elle trouve les moyens pour mettre sur pied des ateliers à destination d'autres écoliers de la ville avec le soutien du maire, Harold Huwart. Elle en a animé des dizaines, sensibilisant quelques centaines d'enfants à la découverte de saveurs inédites, qu'ils concoctaient avec des produits locaux, durables et de saison.
Décloisonner
L'expérience prend fin mais la Nogentaise ne baisse pas les bras et obtient une subvention du programme Mieux manger pour tous, porté par l'État et la Région, destiné à lutter contre la précarité alimentaire. Elle crée une cuisine solidaire et propose un banquet ou des brunchs solidaires. « Il y avait tout le monde, les gens du centre-ville, des quartiers, des migrants… On oublie les origines à travers la cuisine, c'est ça que je trouve fabuleux. C'est le meilleur moyen selon moi de casser le racisme, de décloisonner ».
Biographie
- 15 avril 1983 : naissance à Versailles (Yvelines).
- 2 juin 2014 : pose les pieds aux Comores pour la première fois.
- 11 mai 2015 : naissance de son premier enfant qui change sa vie.