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Plan régional Ruralité 2030 : ce qui va changer dans les campagnes
Agriculture, environnement, services de proximité : la Région Île-de-France décline ses priorités pour les campagnes à l’horizon 2030.
Agriculture, environnement, services de proximité : la Région Île-de-France décline ses priorités pour les campagnes à l’horizon 2030.
À Saint-Ouen, la ruralité a fait salle comble. Mercredi 14 octobre, l’hémicycle du conseil régional n’a pas suffi à accueillir les maires et élus venus assister aux Assises de la ruralité. La présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, a présenté son plan Ruralité 2030, baptisé « Un village, une solution », avec l’objectif de rapprocher les services du quotidien et de soutenir l’activité économique des campagnes.
Parmi les mesures concernant directement le monde agricole, la Région veut favoriser les pépiniéristes franciliens. Dans le cadre de ses Contrats verts, elle exigera que les achats de végétaux privilégient au maximum la production locale. « La commande publique doit contribuer à soutenir les entreprises horticoles du territoire », a tranché Valérie Pécresse.
Adapter les forêts au risque d’incendie
Les incendies qui ont touché la forêt de Fontainebleau ont également été évoqués. « La Région organisera une conférence le 4 décembre pour restituer les conclusions d’un audit indépendant sur l’avenir des forêts. L’objectif est de réfléchir aux moyens de les adapter face au risque croissant d’incendie et de mieux anticiper les conséquences des épisodes de sécheresse », a poursuivi la présidente de Région.
Autre préoccupation des communes rurales et du monde agricole : les dépôts sauvages. Pour faciliter leur signalement, Valérie Pécresse a mis en avant l’application ACDéchets. La Région prévoit également de renforcer les aides à l’installation de caméras de vidéoverbalisation, afin de faciliter la lutte contre ces infractions.
Des services plus proches des habitants
Au-delà de ces mesures, le plan prévoit de tester le principe du « tout à 20 minutes » dans dix intercommunalités particulièrement mal desservies. « L’objectif est de rapprocher les services essentiels des habitants, notamment dans les secteurs les plus éloignés des équipements et des services publics », a expliqué l'élue. Ces territoires expérimenteront des solutions adaptées à leurs besoins.
Les déplacements constituent un autre axe de la stratégie. La Région souhaite développer les solutions de mobilité adaptées aux zones peu denses. Le transport à la demande, le covoiturage et les cars express font partie des dispositifs sur lesquels elle entend continuer à miser.
Face aux difficultés d’accès aux soins, des médibus seront déployés dans chaque département de grande couronne. « La Région souhaite aussi accueillir un premier centre francilien du dispositif Médecins solidaires », a annoncé Valérie Pécresse. Ceux-ci reposent sur l’intervention ponctuelle de médecins volontaires dans les territoires sous-dotés. La formation et l’installation des professionnels de santé font également partie des pistes avancées, avec notamment une option santé dans les lycées ruraux et des aides au permis de conduire pour certains étudiants et professionnels.
Enfin, la vitalité des villages passe aussi par le maintien des commerces. La présidente de Région entend poursuivre son soutien aux commerces de proximité et aux commerces hybrides. Un bonus ruralité doit également être intégré au dispositif Pass entrepreneur leader pour accompagner les porteurs de projets.
« Notre métier a de l’avenir »
Après l’intervention de la présidente, quatre tables rondes ont permis d’aborder différentes problématiques de la ruralité. Celle consacrée à l’entrepreneuriat, à l’investissement et à l’attractivité des campagnes a notamment réuni Mylène Testut, directrice de la Driaaf, Benjamin Demailly, président du parc naturel régional du Vexin et Brice de Bisschop, éleveur avicole en Seine-et-Marne.
L’agriculteur a expliqué agrandir son élevage de volailles pour « pérenniser son exploitation et se préparer aux incertitudes à venir ». Au-delà des investissements, il a insisté sur la nécessité d’un soutien moral aux agriculteurs, dont les projets de développement sont régulièrement contestés par des associations ou des militants qui, selon lui, connaissent mal les réalités du métier. « Les agriculteurs sont des piliers de la ruralité. On a besoin de campagnes vivantes, mais aussi que les gens qui arrivent comprennent notre métier avant de vouloir le changer », a-t-il défendu. Avant de conclure : « Dans 50 ans, on aura encore besoin de manger, donc il faut se battre ».