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Pommes de terre : une campagne atypique en Beauce

Pour faire le point sur la campagne de pommes de terre, nous avons rencontré, le 27 septembre, Grégoire Jaquemet, producteur à Gommerville et administrateur de l'UNPT* et du CNIPT**.

Le 27 septembre, à Gommerville. Pour Grégoire Jaquemet, il faut sauvegarder la filière beauceronne.
© H.C. - Horizons

«Par rapport à une année normale, la surface consacrée à la pomme de terre en Beauce est en retrait de 5 % et les rendements en recul de 20 à 30 % », relève Grégoire Jaquemet, producteur de pommes de terre et administrateur de l'UNPT* et du CNIPT**, que nous rencontrons le 27 septembre sur son exploitation du hameau d'Arnouville à Gommerville.

De gros écarts

Mais derrière ces chiffres se cachent de gros écarts : « Certains ont fait des cartons cette année quand d'autres ont eu de très faibles rendements. Tout dépendait de la date de plantation », pointe-t-il. De fait, les plants ont surtout souffert d'un coup de chaud inhabituel (en avril) pendant la période de tubérisation, lorsque la plante commence à produire ses tubercules quelques semaines après sa mise en terre et a privilégié les plus gros. « Ceux qui ont planté plus tôt ou plus tard s'en sont sortis ».

Plus que jamais cette année, c'est grâce à l'irrigation que la culture a pu se poursuivre : « Il faut remercier l'Association des irrigants et l'ensemble des acteurs qui ont permis que l'on puisse continuer à irriguer dans ce contexte tendu, salue Grégoire Jaquemet. Même les associations environnementales n'ont pas trop mis la pression. La clé a été la volonté de préserver notre souveraineté alimentaire ».

« Ça va coincer »

Malgré tout, cette campagne est plutôt bonne pour les producteurs selon lui, parce que les prix sont en hausse et que les intrants utilisés ont été achetés l'an dernier : « Mais l'an prochain, ça va coincer. Les coûts de production sont en forte progression et on ne connaît bien sûr pas le prix de vente… Les trésoreries vont être au plus mal », estime-t-il. C'est pourquoi l'UNPT a récemment fait une demande auprès du ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, pour obtenir une aide de trésorerie indirecte des organismes financiers et la prise en charge des taux d'intérêt par l'État. Une réponse est attendue. Car pour Grégoire Jaquemet, il en va de la survie de la filière beauceronne : « Nous faisons un très beau produit. En comparant la même variété issue de différents terroirs, on reconnaît tout de suite celle produite ici ».

Surveiller les lots

L'autre inquiétude des producteurs cette année concerne la conservation des pommes de terre : « Le coût de stockage est exorbitant avec la hausse du prix de l'électricité. Nous sommes contraints de les conserver à 7 °C et malgré cela, la germination démarre plus tôt que d'habitude. Il faut bien surveiller ses lots », conseille-t-il.

*Union nationale des producteurs de pommes de terre. **Comité national interprofessionnel de la pomme de terre.

La pomme de terre en Beauce

Sur le secteur qui va du nord de l'Eure-et-Loir à Orléans et de Pithiviers au Loir-et-Cher, 500 producteurs cultivent 800 hectares de pomme de terre. Toutes ces cultures sont irriguées.
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