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Seine-et-Marne
Pourquoi ils ont voté la loi d'urgence agricole

Les députés et sénateurs de Seine-et-Marne qui ont voté en faveur de la loi d'urgence agricole reviennent sur les raisons qui les ont conduits à la soutenir, les principales avancées qu'ils retiennent et les enjeux pour l'agriculture.

© Horizons / illustration générée par IA

Anne Chain-Larché, sénatrice LR

« Un premier pas vers la simplification »

« J’ai voté en confiance ce projet de loi. Notre agriculture et nos agriculteurs ont besoin de ne plus être soumis à des interdictions que nos voisins européens n’ont pas à subir. Sans cette loi, ce sont des filières entières qui disparaîtraient, nos cultures de pommes, de cerises, de noisettes et de betteraves seraient en danger.

Chacun connaît le difficile contexte géopolitique et économique auquel fait face notre pays, dont notre agriculture. Chacun connaît la quantité de normes, de surtranspositions, de règlements et de lois qui étouffent et paralysent quotidiennement ceux qui entreprennent et produisent.

Ce texte constitue un premier pas vers une simplification du quotidien des agriculteurs et vers le renforcement de notre souveraineté alimentaire. Bien qu’il soit d’origine gouvernementale, je précise qu’il a été très nettement enrichi et amélioré par le Sénat. De nombreuses avancées concrètes figurent dans la version finale du texte.

Aujourd’hui, en ma qualité de sénatrice, je revendique mon soutien à l’agriculture française, à notre souveraineté alimentaire. Je suis satisfaite d’avoir contribué à l'adoption d’un texte qui va renforcer notre agriculture et permettre à ceux qui nous nourrissent de travailler plus simplement, plus efficacement et à armes égales avec la concurrence étrangère.

Nous l’avons fait pour nos agriculteurs, pour l’alimentation de nos enfants et de nos petits-enfants, et pour la souveraineté de la France. »

 

Aymeric Durox, sénateur RN

« Des avancées concrètes »

« Cette loi marque enfin un premier recul de l'idéologie qui, depuis des années, affaiblit notre agriculture. Elle apporte plusieurs avancées concrètes, notamment en matière de simplification, de stockage de l'eau et, surtout, en rétablissant des possibilités de dérogation pour certains produits phytosanitaires lorsqu'aucune solution alternative efficace n'existe. C'était une demande de bon sens portée depuis longtemps par nos filières, notamment les betteraviers et les producteurs de noisettes.

En Seine-et-Marne, premier département agricole d'Île-de-France, je mesure chaque jour l'importance de notre agriculture. Nos agriculteurs ne se contentent pas de nourrir les Français : ils entretiennent nos paysages, font vivre nos territoires et répondent toujours présent lorsque la Nation a besoin d'eux. Cet engagement mérite une véritable reconnaissance.

Cette loi ne règle pas tout. La concurrence déloyale, aggravée par l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur, continue de fragiliser nos exploitations. Mais elle constitue une étape positive. Je continuerai à défendre une agriculture française forte, capable de produire, de transmettre ses exploitations aux jeunes générations et de garantir notre souveraineté alimentaire. »

 

Patricia Lemoine, députée Renaissance de la 5e circonscription

« Un bon compromis »

« L'agriculture est un pilier de notre nation, un enjeu stratégique, et le secteur est confronté à de fortes pressions. Élue d’une circonscription rurale et agricole, j’ai consulté et écouté les positions de l’ensemble des acteurs (syndicats, associations, Safer, distributeurs) afin d’avoir un texte d’équilibre. Je crois que ce texte est un bon compromis, il vise à assurer notre souveraineté alimentaire tout en répondant aux demandes des agriculteurs : stockage de l'eau, soutien aux filières en difficulté, protection du foncier agricole, sanction des vols en exploitation…

Concernant les produits phytosanitaires, face à la concurrence déloyale, le texte prévoit la réintroduction à titre dérogatoire d’insecticides, réservés à des filières en impasse technique : betterave, cerise, pomme (flupyradifurone), noisette (acétamipride), pour une durée limitée.

J'ai voté pour ce texte pour apporter des réponses aux agriculteurs et maintenir notre souveraineté alimentaire. »

 

Julien Limongi, député RN de la 4e circonscription

« Des réponses utiles »

« J'ai voté cette loi d'urgence agricole parce qu'elle comporte plusieurs avancées concrètes pour nos agriculteurs. Certes, elle est loin d'être parfaite et manque d'ambition, mais la philosophie de notre groupe est simple : nous votons tous les textes qui vont dans le bon sens pour les Français et nos agriculteurs, même lorsqu'ils demeurent insuffisants.

Cette loi apporte des réponses utiles en soutenant davantage l'élevage, en favorisant certaines productions, en allégeant des normes parfois devenues absurdes et déconnectées du terrain. Elle permet également une utilisation raisonnée et strictement encadrée de certains produits phytosanitaires lorsqu'aucune alternative réellement efficace n'existe. Contrairement aux caricatures entretenues par l'extrême gauche, ces décisions restent encadrées par l'expertise d'une autorité scientifique indépendante.

La réglementation française demeure parmi les plus exigeantes d'Europe et ce texte retrouve un équilibre de bon sens. Il favorise aussi le stockage de l'eau, indispensable face aux sécheresses pour sécuriser les cultures et préserver notre souveraineté alimentaire. Pour autant, cette loi ne réglera pas à elle seule la crise agricole. Le principal combat reste celui du revenu. Nos agriculteurs ne demandent pas de privilèges, mais de pouvoir vivre dignement du fruit de leur travail. »

 

Jean-Louis Thiériot, député LR de la 3e circonscription 

« Ne pas entraver nos fermes »

« Voter la loi d’urgence agricole était pour moi une évidence, un combat à porter, une victoire à remporter. La France ne serait plus la France si elle cessait d’être une grande puissance agricole. La souveraineté alimentaire, c’est-à-dire la capacité à produire en suffisance pour nourrir le pays, est un enjeu géopolitique et géoéconomique majeur. Cela n’est possible qu’à la condition de ne pas entraver nos fermes avec des normes infiniment plus lourdes que celles de nos voisins européens.

La loi d’urgence agricole, si elle ne règle pas tout, apporte de vraies améliorations : gestion de l’eau, bâtiments d’élevage et surtout possibilité de dérogations pour les cultures en impasse technique. Pour notre Seine-et-Marne, terre de betterave par excellence, la possibilité de déroger à l’interdiction du flupyradifurone est évidemment une avancée majeure face aux ravages de la jaunisse.

Je me réjouis que l’Assemblée ait résisté à la pression des lobbys environnementalistes, à la désinformation de certains médias et aux manœuvres de dernière minute dans les couloirs du Palais Bourbon. Je suis très heureux que mon groupe ait voté ce texte à l’unanimité, fait rare. Mais je ne serai totalement rassuré qu’après la décision du Conseil constitutionnel. Défendre ceux qui nourrissent les hommes n’est pas négociable. »

 

Frédéric Valletoux, député Horizon de la 2e circonscription

« Un équilibre pertinent »

« La situation de l’agriculture est très préoccupante. En plus du changement climatique qui demandera une adaptation de nombreux territoires, il existe cette donnée structurelle : les agriculteurs, soumis à des règles strictes, sont mis en concurrence avec d’autres qui n’ont absolument pas les mêmes contraintes. Cette distorsion de concurrence pèse énormément.

Ce texte n’a pas pour objectif de tout déréguler ni de sacrifier l’environnement. Il vise à simplifier le travail de nos producteurs, à développer des filières plus résilientes et à mieux protéger les agriculteurs face à la variation des prix des matières premières.

S’agissant de l’acétamipride et de la flupyradifurone, je suis très attaché à la défense de la santé publique et à la prévention. Je comprends donc que des craintes puissent être exprimées. Mais il faut bien lire les dispositions de la loi : ces produits restent interdits par principe. Une dérogation ne pourra être décidée que par l’Anses, agence indépendante et scientifique. Cet équilibre me semble pertinent. Il faut continuer à être vigilant, retirer ces produits en cas de risques sérieux pour la santé, ce qui est prévu par le texte, et poursuivre le développement d’alternatives efficaces. »

 

Béatrice Roullaud, députée RN de la 6e circonscription

« Mettre fin à un paradoxe »

« Voter la loi d'urgence agricole était indispensable pour éviter de voir disparaître des filières entières (betteraves, cerises, noisettes). ll fallait mettre fin à ce paradoxe inouï qui consistait à autoriser les néonicotinoïdes partout dans le monde et partout en Europe, sauf en France. Il fallait aussi mettre fin à cet autre paradoxe, tout aussi insensé, qui consistait à autoriser l’acétamipride dans 200 produits en vente libre en France, tout en l’interdisant à nos agriculteurs. Sans l’utilisation de produits phytosanitaires, nous sommes conduits à importer des produits en provenance de pays où sont utilisés des produits au moins aussi dangereux, voire parfois plus toxiques, pour la santé humaine.

Mais l’utilisation de l’acétamipride doit rester ciblée, exceptionnelle et s'accompagner du développement d'alternatives efficaces. Or le texte ne prévoit justement ni une réautorisation générale ni un renoncement aux exigences sanitaires, puisque son usage demeure soumis à l’appréciation de l’Anses, autorité scientifique indépendante.

Ne pas voter cette loi, c’était infliger une double peine aux Français : pénaliser leurs capacités de production sans améliorer la qualité ni la sécurité alimentaires, dès lors que les importations de produits cultivés avec ces mêmes substances restent autorisées. »

 

Louis Vogel, sénateur Horizon

« Simplifier l'exercice du métier »

« Nés de la colère agricole de l'hiver dernier, les trois axes de cette loi portent sur la sécurisation de l'accès à l'eau et l'adaptation au changement climatique, la réintroduction dérogatoire de deux produits phytosanitaires, l'acétamipride et la flupyradifurone, pour certaines filières en difficulté, ainsi que le renforcement de la transparence sur l'origine des produits et de la prise en compte des critères de qualité nutritionnelle et environnementale dans la restauration collective. Sans la majorité sénatoriale de droite, le texte n’aurait pas pu être adopté.

Dès janvier 2025, j'avais cosigné une précédente proposition de loi de Laurent Duplomb, visant à ''lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur'', votée au Sénat le 28 janvier de la même année et présentée alors comme un complément nécessaire à la loi d'orientation agricole.

La ligne directrice reste la même : simplifier l'exercice du métier d'agriculteur et redonner de la compétitivité à une profession trop souvent surchargée de règles, sans réciprocité européenne. »

Voir aussi Loi d'urgence : demain dans ma ferme, ça change quoi ?

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