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Île-de-France ouest
Pourquoi ils ont voté la loi d'urgence agricole

Les députés et sénateurs d'Île-de-France ouest (Yvelines, Essonne, Val-d'Oise) qui ont voté en faveur de la loi d'urgence agricole reviennent sur les raisons qui les ont conduits à la soutenir, les principales avancées qu'ils retiennent et les enjeux pour l'agriculture.

© Horizons / illustration générée par IA

Anne-Sophie Ronceret, députée de la 10e circonscription des Yvelines, apparentée au groupe Ensemble pour la République

« Dès le départ, de nombreux sujets étaient sur la table : la rémunération des agriculteurs, les relations commerciales, la concurrence déloyale, l'origine des produits, l'eau, les produits phytopharmaceutiques, la simplification des normes, le foncier ou encore la protection des exploitations. Derrière chacun de ces thèmes se cachent des attentes très fortes, qui diffèrent selon les territoires.

Depuis le Salon de l'agriculture, j'ai travaillé avec les représentants des filières et le ministère de l'Agriculture pour construire des réponses à partir des difficultés observées sur le terrain. Les discussions ont été particulièrement difficiles dans une Assemblée composée de onze groupes politiques. Il a fallu trouver des compromis sans dénaturer le texte. Sur des sujets comme l'eau, par exemple, il était indispensable de sortir des postures idéologiques et de reconnaître que les besoins agricoles doivent coexister avec ceux de l'eau potable et des activités économiques. Pendant cinq mois, j'ai consacré mes journées, mes soirées et parfois mes nuits à bâtir un équilibre.

Le texte n'est pas parfait, mais il apporte des solutions concrètes et attendues. Il vise à apporter des réponses immédiates à des filières particulièrement fragilisées, comme la noisette, la pomme, la cerise ou la betterave. Les agriculteurs eux-mêmes reconnaissent que des avancées ont été obtenues, mais il faudra poursuivre le travail pour assurer durablement notre capacité à produire en France.

Le maintien de l'acétamipride et du flupyradifurone dans le texte final est une satisfaction parce que certaines filières n'ont aujourd'hui aucune solution alternative. Refuser toute possibilité de dérogation fragiliserait davantage les producteurs français, tout en important des produits cultivés avec des substances interdites chez nous mais autorisées ailleurs en Europe. C'est une concurrence déloyale que je refuse. En parallèle, il faut poursuivre les efforts de recherche pour développer de nouvelles solutions. Surtout, nous avons réaffirmé le rôle central de l'Anses : ce ne sont pas les responsables politiques qui décideront du recours à ces molécules, mais les scientifiques, en fonction des risques et des situations d'urgence rencontrées sur le terrain. »

 

 

Jean-Raymond Hugonet, sénateur de l'Essonne, apparenté au groupe Les Républicains

« Ce texte recentre l'action sur les priorités du terrain : l'eau, la lutte contre la concurrence déloyale, la défense des élevages face à la prédation, le foncier et le rééquilibrage des relations commerciales. Durant les débats au Sénat, nous avons dénoncé avec mes collègues sénateurs, et Laurent Duplomb en tête, les contre-vérités et le déni de réalité qui desservent nos agriculteurs, alors que la survie de notre modèle est en jeu. C'est notamment cette raison qui m’a conduit à cosigner un amendement excluant les constructions agricoles de l'artificialisation, y compris après 2031. Ma conviction est simple : on ne sortira pas de la crise par plus de normes, mais en faisant confiance à ceux qui nourrissent la France. C'est cette logique de confiance et de résultats concrets qui a guidé mon vote favorable au texte final. »

 

Vincent Delahaye,
sénateur de l’Essonne, membre de l'UDI et du groupe Union centriste

« Je suis heureux d’avoir voté la loi d’urgence agricole, qui apporte des réponses concrètes et renforce le soutien à celles et ceux qui nourrissent la France. »

 

Anne Bergantz, députée de la 2e circonscription des Yvelines, Modem

« Le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles apporte des réponses concrètes aux attentes du monde agricole : simplification des normes, accès à l'eau, protection des exploitations, lutte contre la concurrence déloyale et renforcement de notre souveraineté alimentaire. Le débat s'est concentré sur l'acétamipride. Soyons clairs : les néonicotinoïdes ne sont pas réintroduits. Seules des dérogations temporaires pourront être accordées, dans des situations d'impasse technique, pour quatre filières et uniquement après l'avis favorable de l'Anses, autorité scientifique indépendante. En votant ce texte, j'ai défendu une agriculture compétitive, sans imposer à nos agriculteurs des contraintes supérieures à celles de leurs voisins européens, en faisant confiance à la science plutôt qu'aux postures. »

 

Sophie Primas, sénatrice des Yvelines, Les Républicains

« La LUA nous a permis des avancées sur des sujets comme le stockage de l'eau ou l'encadrement des produits importés, des éléments attendus depuis longtemps par le monde agricole pour lesquels nous avons dû nous y reprendre plusieurs fois. J'étais impliquée sur la question du foncier puisque, dans les Yvelines, nous avons les caractéristiques de la ruralité et de l'urbanité. J'étais très attachée à prendre des directives sur le dévoiement des pouvoirs de la Safer qui conduit à la cabanisation. C'est une question importante pour l'Île-de-France. Rien ne m'aurait fait reculer devant le vote final, ni les polémiques sur des dispositions qui n'ont pas la portée que certains veulent leur donner, ni mes quelques réserves, notamment sur la partie des négociations commerciales et des tunnels de prix. Il faut avancer sur les points sur lesquels les agriculteurs nous attendent. »

 

Anne Sicard, députée de la 1re circonscription du Val-d'Oise, membre d'Identité-libertés et apparentée au groupe RN

« J'ai tiré un enseignement majeur des débats parlementaires sur la loi d’urgence agricole : ce qui aggrave notre dépendance aux importations et menace notre souveraineté agricole, c’est d’abord le fardeau normatif qui pèse sur la ferme France. C'est un texte de simplification et de protection. Voter en faveur de cette loi, c’est soutenir l’agriculture la plus saine et la plus respectueuse de l’environnement. Tout ce qui aggrave la dépendance de la France aux importations ne sera jamais une réponse crédible et durable aux grands défis posés par le dérèglement climatique. La LUA ne règlera pas tous les problèmes de l’agriculture française, mais elle desserre significativement l’étau réglementaire pour permettre à nos filières de produire plus, au service de notre souveraineté alimentaire. »

 

Ils ont également voté pour la LUA

  • Assemblée nationale
    Benoît Blanchard (Val-d'Oise, Horizons), Nathalie Da Conceicao Carvalho (Essonne, RN), Marie Lebec (Yvelines, EPR), Karl Olive (Yvelines, EPR) et Natalia Pouzyreff (Yvelines, EPR).
  • Sénat
    Marta de Cidrac (Yvelines, LR), Laure Darcos (Essonne, LR), Jacqueline Eustache-Brinio (Val-d'Oise, LR), Daniel Fargeot (Val-d'Oise, UC), Jocelyne Guidez (Essonne, UC), Michel Laugier (Yvelines, UC)
    Martin Lévrier (Yvelines, RDPI).

 

Voir aussi Loi d'urgence : demain dans ma ferme, ça change quoi ?

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