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Produits importés : à Roissy, Annie Genevard promet une « force de contrôle »

En visite ce jeudi sur la plateforme cargo d’Air France à Roissy-Charles-de-Gaulle, la ministre de l’Agriculture a défendu une stratégie de contrôles renforcés des denrées alimentaires importées. Création d’une brigade dédiée, hausse des inspections et signal politique adressé à l’Union européenne : le gouvernement entend lutter contre la concurrence déloyale et mieux protéger producteurs et consommateurs.

Ce jeudi 15 janvier, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, s’est rendue sur la plateforme cargo d’Air France à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Hautement symbolique, ce site constitue un élément majeur du contrôle aux frontières des denrées alimentaires végétales importées. « Le poste de contrôle frontalier des douanes de Roissy-CDG représente à lui seul la moitié des prélèvements envoyés dans les laboratoires des services communs de Massy et de Montpellier », souligne Gilbert Beltran, directeur interrégional des douanes dans les aéroports parisiens.

La ministre a profité de cette visite pour évoquer le développement d’une « politique ambitieuse et inédite de contrôles » visant à lutter contre la concurrence déloyale des produits importés. « Je ne vais pas attendre que l'Europe mette des moyens supplémentaires à disposition, je veux que la France dispose d'une force de contrôle », a-t-elle affirmé.

Création d'une brigade

Annie Genevard a apporté des précisions sur la création de cette brigade dédiée au contrôle des denrées importées, quelques jours après son annonce : « Elle comportera une centaine d'agents et devra réaliser, dès la première année, au minimum 3 000 contrôles sur l'ensemble du territoire national ». Ces contrôles auront par exemple lieu dans des camions ou des magasins. Ils n'ont pas vocation à remplacer ceux déjà effectués dans les ports et aéroports, ce qui implique que l’État devra mobiliser de nouveaux moyens pour la création de cette brigade. En début de semaine, la ministre avait évoqué la possibilité de redéployer des agents auparavant mobilisés pour les importations britanniques post-Brexit, grâce aux accords conclus entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

Si les modalités précises de fonctionnement de cette brigade n'ont pas été abordées par la ministre de l'Agriculture, cette dernière a tenu à en souligner la portée politique : « C’est un signal adressé à nos producteurs, aux consommateurs, mais aussi à l’Union européenne, qui doit intensifier les contrôles des denrées importées. Il en va de notre souveraineté alimentaire et du respect de nos agriculteurs ».

Tous les produits susceptibles de créer une concurrence déloyale ou de présenter un risque pour la santé des consommateurs sont concernés. « Dans le contexte actuel, une attention particulière sera portée aux produits en provenance des pays du Mercosur, notamment dans des filières sensibles comme la viande, le sucre ou le miel », a-t-elle ajouté.

Un tiers des végétaux analysés provient de l'importation

Actuellement, « les taux de contrôle de chaque produit sont fixés par l'Union européenne selon un couple pays-produit et varient entre 10 et 50 %. Certains pays plus sensibles font l'objet de taux de contrôle plus élevés », explique Gilbert Beltran. Les haricots verts en provenance du Kenya, par exemple, sont très fréquemment inspectés.

Les échantillons prélevés sont ensuite envoyés dans l’un des deux laboratoires français spécialisés dans les végétaux, situés à Massy et à Montpellier. « Nous recherchons l’ensemble des pesticides visés par la réglementation afin de vérifier la conformité des produits. Le délai de réponse est d’environ trente heures », précise Frédéric Saltron, adjoint au chef du service commun des laboratoires, qui regroupe onze sites partagés par les douanes et la répression des fraudes (DGCCRF). Il indique également "qu'un tiers des végétaux analysés provient de l’importation et deux tiers sont issus de la production nationale ».

Enfin, Annie Genevard s’est félicitée de la réaction de l’Union européenne à l’arrêté pris récemment par la France, interdisant pour un an la présence de « cinq substances hautement toxiques »* dans les denrées importées, alors qu’elles étaient déjà prohibées pour la production nationale. Trois d’entre elles (thiophanate-méthyl, carbendazime et bénomyl) devraient désormais être totalement interdites dans tout le territoire de l'UE pour les denrées importées.


*Dans le détail : un herbicide (glufosinate) et quatre fongicides (mancozèbe, thiophanate-méthyl, carbendazime et bénomyl).

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