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Betteraves
Récolte 2021 : premier bilan

Alors que la récolte s’achève, le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves en Centre-Val de Loire, Alexandre Pelé, invite les planteurs à ne pas baisser les bras.

À croire que le sort s’acharne. Après une récolte 2020 marquée par la jaunisse, les planteurs de betteraves ont dû faire face cette année au gel. Un coup dur qui a obligé de nombreux agriculteurs à ressemer, sans néonicotinoïdes. Malgré ces deux années particulièrement compliquées, Alexandre Pelé, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) en Centre-Val de Loire, persiste et signe : « La betterave doit conserver sa place dans les assolements du Centre-Val de Loire ».

Une récolte compliquée

Jusqu’au début du mois de novembre, les conditions de récoltes étaient plutôt clémentes. Les agriculteurs ont pu récolter leur maïs et arracher leurs betteraves sereinement. Malheureusement, l’arrivée de la pluie a compliqué les derniers arrachages. Et les rendements décevants ne vont pas améliorer le moral des planteurs. « C’était à prévoir, souligne Alexandre Pelé. Nous constatons un fort différentiel entre trois catégories de betteraves. La première, celle des betteraves qui n’ont pas gelé, avec de bonnes populations, ont des rendements corrects. La deuxième concerne les betteraves non ressemées avec des populations un peu claires : les rendements sont moyens. Enfin, les betteraves ressemées sont en dessous des performances habituelles ».

Selon le président de la CGB régionale, un planteur sur deux a dû ressemer sans néonicotinoïdes. S’ajoute à cette plantation tardive un été pluvieux, frais et peu ensoleillé, davantage favorable au développement du feuillage qu’à celui des racines. Les pluies importantes de début septembre ont fait chuter les teneurs en sucre. Finalement, avec un poids racine moyen à bon mais un taux de sucre faible, les planteurs sont en dessous des performances habituelles. « La moyenne départementale devrait se situer autour de 80 tonnes à 16 ° par hectare cette année, détaille-t-il. Cette moyenne est décevante mais prévisible par la date de ressemis tardive ». Pour ne rien arranger, la cercosporiose s’est invitée assez tardivement dans les cultures, impactant également la richesse.

Ne pas baisser les bras

Face à ce constat, Alexandre Pelé reste pragmatique : « Les planteurs sont agacés et manquent de repères concernant les conditions de prix. D’autant que les cours des cultures alternatives sont plutôt bons. La CGB continue à travailler pour que les planteurs aient accès aux néonicotinoïdes l’année prochaine. Les cours sont à la hausse et les indications de marché favorables. Nous pouvons espérer que les planteurs engagés continuent à produire de la betterave ».

Le président de la CGB Centre-Val de Loire affirme que la betterave a toute sa place dans notre région même si elle doit renforcer sa résilience. « Nous ne pouvons pas nous référer aux années 2020 avec la jaunisse et 2021 avec du gel. Elles ne sont pas représentatives. Il ne faut pas baisser les bras. Les cours sont en train d’augmenter. Nous pouvons espérer des betteraves à 30 euros assez vite ».

Pour conclure, Alexandre Pelé admet que « les indications des groupes sucriers sont encore trop timides » et les invite à rapidement donner des indications de prix aux planteurs pour les rassurer quant à leurs prochains semis de betteraves.

Réaction

Hervé Fouassier préside la section de Corbeilles de Cristal Union.
Hervé Fouassier, président de la section de Corbeilles de Cristal Union
© A.B. - Horizons

« Une nette amélioration en perspective »

«En ce début novembre, le tonnage racine est d’un bon niveau, estime le président de la section de Corbeilles de Cristal Union, Hervé Fouassier. Il se situe à 76 tonnes de racines par hectare. La richesse est quant à elle décevante à 16,5 % de sucre par tonne, le rendement moyen de l’usine se situe actuellement à environ 80 t à 16 de richesse. Le poids racine continue d’augmenter et nous devrions finir la campagne avec un rendement moyen à plus de 80 t/ha à 16 de richesse. Face à cette forte progression du poids racine, nous avons dû adapter les plannings d’enlèvements en modifiant le planning provisoire à partir de début novembre et en reculant les dates d’enlèvement de deux à six jours selon les secteurs. Pour accompagner cette campagne de plus de cent jours à Corbeilles, toutes les betteraves enlevées après le 15 décembre seront bâchées. Le bâchage totalement mécanisé commencera dès le 10 novembre et sera totalement pris en charge par notre coopérative. Le bâchage est impératif, il permet d’allonger et sécuriser la conservation des betteraves et d’éviter des arrachages trop tardifs pour les derniers enlèvements qui risqueraient de dégrader les parcelles ».

Les prix de la betterave

« Les cours du sucre en Europe n’ont jamais été aussi hauts depuis la fin des quotas et l’Europe restera déficitaire en sucre l’année prochaine, poursuit-il. Dans ce contexte très porteur, notre conseil d’administration a revu le prix des betteraves 2021 à la hausse, avec une valorisation globale des betteraves contractées à au moins 28 ­euros/­tonne pour cette année. Ce prix pourrait encore être amélioré en fonction de notre résultat en janvier prochain. Nous avons d’ailleurs décidé de fixer le montant du premier acompte des betteraves contractées au 30 novembre 2021 à 13 ­euros/­tonne à 16 ° (soit une augmentation de 2 ­euros/­tonne par rapport à l’acompte 2020). C’est un premier signe de prix positif que nous voulons envoyer à nos ­coopérateurs : la betterave va retrouver de bonnes valorisations. Pour les betteraves 2022, tous les voyants sont au vert sur les marchés. Notre objectif pour 2022 est d’améliorer encore notre prix de betteraves et atteindre les 30 euros/­tonne à 16 ° très rapidement ».

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