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Syndicalisme
Retour sur la mobilisation exceptionnelle du 8 février aux Invalides

Retour sur la manifestation du 8 février aux Invalides qui a rassemblé 650 tracteurs et plus de 3 000 agriculteurs.

Quelques jours après l'action syndicale orchestrée par la FNSEA Grand bassin parisien et la Confédération générale des betteraviers (CGB), qui a mené à la présence de 650 tracteurs et plus de 3 000 paysans mercredi 8 février aux Invalides à Paris, Horizons vous propose de revenir sur les temps forts de cette journée particulièrement réussie.

C'est bien avant le lever du jour que les premiers tracteurs ont pris le chemin de la capitale. Depuis les Yvelines, l'Essonne, le Val-d'Oise, la Seine-et-Marne ou encore l'Eure-et-Loir, près de 650 tracteurs ont fait le voyage, direction, dans un premier temps, le sud de Paris où les convois ont symboliquement stationné porte de Versailles, juste devant l'entrée du Salon de l'agriculture qui se tiendra dans quelques jours. Encadrés par les forces de l'ordre, les tracteurs ont alors entamé un défilé de plus d'une heure dans Paris pour rejoindre l'esplanade des Invalides. Un moment au cours duquel chaque agriculteur a reçu de nombreux témoignages de soutien, d'encouragement et de sympathie de la part des Parisiens présents dans les rues.

Arrivés à destination, les engins agricoles se sont méticuleusement stationnés sur le boulevard des Invalides, formant un long cortège sur l'ensemble du boulevard et quelques rues voisines. Là, fidèle aux valeurs agricoles, l'ambiance était conviviale et festive malgré la longue liste des doléances du jour.

Les élus présents en nombre

Dès le début de la manifestation, de nombreux élus sont venus grossir les rangs et dire leur soutien aux agriculteurs. Parmi eux, de nombreux députés et sénateurs des départements engagés mais aussi la vice-présidente de la Région Île-de-France en charge de l'Agriculture, Valérie Lacroute, le président de la Région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, ou encore la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, Aurore Bergé.

Céréales, betteraves, pommes de terres… et demain ?

À la tribune, les représentants agricoles se sont succédé pour évoquer la liste des problématiques qui plombent aujourd'hui l'agriculture française. Céréales, betteraves, pommes de terres, endives, cerises, pommes…autant de productions en grandes difficultés qui voient leurs moyens de productions se réduire dramatiquement — et parfois du jour au lendemain sans solution alternative.

Ainsi, le président de la FNSEA Grand bassin parisien, Damien Greffin, était entouré du président de la CGB, Franck Sander, du président de l'Union nationale des producteurs de pommes de terre, Geoffroy d'Evry, de la présidente de la Fédération nationale des producteurs de fruits, Françoise Roch, de la présidente des JA de l'Aisne, Louise Piercourt, de la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, du président de l'Assemblée générale des producteurs de blé, Éric Thirouin, du nouveau président de l'Assemblée générale des producteurs de maïs, Franck Laborde, et du président de la Fédération des producteurs d'oléagineux et protéagineux, Arnaud Rousseau. Tous ont dénoncé « la suppression d'un grand nombre de moyens de production qui torpille l'agriculture française. Nous avons besoin de courage politique. On ne peut pas parler de souveraineté alimentaire en dégradant à ce point les capacités de production. L'agriculture française meurt et on va importer des denrées étrangères qui, elles, sont produites avec des molécules dont on ne veut pas en France ! ». La présidente de la FNSEA a dénoncé une société « déconnectée de la réalité ». « Le zéro phyto est une mascarade dans un pays champion du monde de la consommation de médicaments humains », a-t-elle lancé. À ses côtés, Arnaud Rousseau a réaffirmé la nécessité de laisser le temps au temps : « Les consommateurs et la société sont exigeants, nous le sommes tout autant mais nous avons besoin de temps, d'investissements, de cohérence et de recherche ! ».

Un rendez-vous ministériel jugé décevant

Pour conclure, Damien Greffin est revenu sur le rendez-vous obtenu le matin même avec le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, auquel s'est rendue une délégation de représentants. Lors de cet entretien, le ministre s'est engagé à indemniser « l'ensemble des pertes sur betteraves qui seront liées à la jaunisse, sans franchise et sans plafond » (lire aussi en page 12). Malgré cette annonce, ce temps de travail a été jugé décevant par l'ensemble des élus agricoles : « Il est urgent que le gouvernement se réveille, nous avons besoin de vision à long terme, de cohérence, il faut nous redonner des perspectives car l'agriculture française est en panne. Nous vivons au rythme du manque de courage politique ». Et le président de la FNSEA Grand bassin parisien d'inviter ses troupes à rester en alerte : « C'est un beau rassemblement, je vous félicite pour votre mobilisation. Ne relâchons pas nos efforts, il faut que le gouvernement nous entende. Le Salon de l'agriculture ouvre dans quelques jours. À bon entendeur ».


Une action syndicale et des symboles

Avant même l'arrivée des tracteurs, les différentes denrées agricoles les plus touchées par le retrait de moyens de production étaient mises en scène comme les pommes avec une croix.

 

 

Il en fut de même pour la betterave par exemple.

 

 

Les produits agricoles mis en scène ont été offerts à des associations caritatives à l'issue de l'action syndicale.

 

Un peu d'histoire... La reconstitution du procès de Miss Better.

 

Lire aussi Cyrille Milard : « Restons mobilisés. La partie n'est pas finie » 

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