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Agronomie
Réussir son colza avec la Chambre et Terres Inovia

Deux visites d'essais ont été organisées par la chambre d'Agriculture en partenariat avec Terres Inovia. Le 10 mai, autour de la lutte contre l'altise du colza et le 11, pour une revue de variétés.

Tandis qu'il colore la plaine de son jaune éclatant, le colza est sans doute la grande culture qui suscite le plus d'inquiétudes, sa réussite n'étant jamais assurée. En prise avec des problèmes récurrents, certaines régions de production ont d'ailleurs été contraintes de réduire drastiquement la sole qui lui était consacrée.

Aussi, à défaut de clés mais pour donner des pistes aux exploitants, la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir, en association avec Terres Inovia, a organisé les 10 et 11 mai, deux visites d'essais. La première consacrée à la lutte contre les altises, la seconde à ses différentes variétés.

Une plante indéterminée

C'est sur l'exploitation de Marc Watrelot, à Bonneval, que se retrouvent d'abord une trentaine d'agriculteurs. Le duo d'agronomes formé par ­Dominique Delaunay, de la Chambre, et Julien Charbonnaud, de Terres Inovia, brossent un panorama de l'actualité, dominé par les conséquences de l'épisode de gel de début avril.

« Il impacte surtout les siliques, constate Julien Charbonnaud. Et comme nous avons des cycles plus avancés, le gel peut poser des problèmes. Mais le colza reste une plante indéterminée, capable de compensation. Tant qu'elle n'a pas exprimé son potentiel, elle continue ».

Puis ils entrent dans le vif du sujet. La discussion va porter sur les leviers pour lutter contre les altises : « Le principal problème du colza une fois levé, pointe Dominique Delaunay. Mais nous avons des réponses… D'abord, et c'est réglé comme du papier à musique, elles arrivent entre le 15 et le 20 septembre. Il faut qu'à ce moment-là, la plante ait formé au moins quatre feuilles pour résister aux adultes. D'ailleurs, on ne lutte que contre les larves ».

Une bataille qui se mène à un moment bien précis et à la parcelle. De fait, la ponte se produit dans le sol, à la faveur d'une pluie, ou d'un tour d'eau. Au moment de l'éclosion, la larve se réfugie dans un pétiole.

« Au stade suivant, la larve se balade, c'est à ce moment qu'elle est susceptible d'être atteinte. Ensuite, elle migre dans le cœur de la plante », souligne l'agronome de Terres Inovia. Pour positionner le traitement, il faut quantifier le nombre de larves avec la méthode Berlèse.

Puis, au besoin, utiliser un insecticide à base de lambda-cyhalothrine, soit la même AMM que le Karaté Zéon.

Ne pas créer de résistance

Attention, a rappelé Julien ­Charbonnaud : « Il faut que le produit utilisé marche pour ne pas développer de résistance, comme en Bourgogne. Si l'aspect variété a une importance, se tromper sur la date de traitement ne pardonne pas ».

Sur l'essai, deux variétés ont été implantées (mambo et picto) qui n'ont été que peu attaquées par les altises…

L'essai comprenait également un protocole pour mesurer l'effet d'un engrais localisé. « Je reste sur ma faim quant à l'engrais starter, relève ­Dominique Delaunay. Nous avions déjà essayé mais nous n'avons jamais rien vu. Néanmoins, ça peut être utile dans certains cas : peu de reliquat, sol argilo-­calcaire superficiel », tempère-t-il.

Attention également au risque de brûlure si l'engrais est positionné sur le rang.

La fin de la visite s'est déroulée autour d'un profil creusé dans la parcelle. L'objectif était de comprendre pourquoi le colza avait fait une pause durant sa croissance, en novembre.

L'agronome de la Chambre a décrit un sol de limon classique sur une quarantaine de centimètres, avec des silex, devenant de plus en plus argileux. Marc Watrelot a arrêté le labour en 2014.

Selon l'agronome, les précipitations (une trentaine de millimètres) ont pénétré sur environ quinze centimètres : « En dessous, c'est sec. Le colza a exploré l'humide puis a trouvé du sec plus compacté ». CQFD.

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