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Eau et Sdage : FNSEA et JA durcissent le ton à Orléans

Réunis mardi 28 avril à Orléans (Loiret), les représentants de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs du bassin Loire-Bretagne ont dénoncé le projet de Sdage jugé trop contraignant. Reçue par le comité de bassin, une délégation a obtenu un report de trois mois.

Mardi 28 avril, environ 150 agriculteurs issus du bassin Loire-Bretagne se sont rassemblés à Orléans à l’appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs. Des délégations venues de Centre-Val de Loire, de Nouvelle-Aquitaine, de Bretagne, des Pays-de-la-Loire et d’Auvergne-Rhône-Alpes avaient fait le déplacement. Cette mobilisation s’inscrivait dans le cadre de l’opposition au projet de Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) Loire-Bretagne, actuellement en cours d’élaboration. Les organisations agricoles dénoncent un document jugé « trop contraignant » et élaboré sans tenir suffisamment compte des réalités du terrain.

Un projet contesté sur la méthode et le fond

Avant la rencontre avec le comité de bassin, Nicolas Sterlin, président de la FNSEA Centre-Val de Loire, a salué la mobilisation. « Ça réchauffe le cœur de voir que tout le monde se mobilise pour l’eau, qui est un sujet absolument vital pour l’agriculture », a-t-il déclaré. Sur le fond, les critiques portent d’abord sur la méthode. Les représentants agricoles évoquent plus d’une centaine de demandes de corrections formulées, mais peu prises en compte à ce stade. Ils dénoncent également des documents jugés trop complexes et prescriptifs, ainsi qu’un calendrier contraint, avec une validation initialement prévue début juillet. Les enjeux économiques sont également au cœur des préoccupations. Les organisations estiment que le document ne prend pas suffisamment en compte la réalité des exploitations et leur capacité d’adaptation face aux contraintes.

L’eau au cœur des équilibres agricoles

Lors des échanges avec le comité de bassin, la délégation a insisté sur le rôle central de l’eau pour l’agriculture. « Nous avons rappelé que l’eau est un élément essentiel, la clé de la résilience de nos exploitations face au changement climatique », a expliqué Nicolas Sterlin à la sortie de la rencontre. Les représentants agricoles ont également souligné que les besoins en eau pourraient s’accroître dans les années à venir. « Nous aurons besoin de plus d’eau demain qu’aujourd’hui », a-t-il indiqué, estimant qu’il s’agissait « d’une évidence ».

La profession a par ailleurs rappelé sa place dans la gestion de la ressource. « L’agriculture est un acteur essentiel et incontournable de l’eau », a poursuivi Nicolas Sterlin, évoquant à la fois les usages mais aussi les enjeux environnementaux liés aux pratiques agricoles. Dans ce contexte, les organisations agricoles défendent une approche fondée sur une utilisation raisonnée de la ressource, et non sur une réduction systématique des volumes. « Sobriété n’est pas compatible avec souveraineté alimentaire », a-t-il insisté.

Un report obtenu, une réécriture attendue

À l’issue des échanges, la délégation a obtenu un report de trois mois de la validation du Sdage. Initialement prévue début juillet, celle-ci est donc repoussée. Pour les représentants agricoles, ce délai doit permettre de retravailler en profondeur le document. « Ces trois mois doivent être mis à profit pour modifier le texte de façon substantielle. Nous parlons d’une réécriture », a précisé Nicolas Sterlin. L’objectif affiché est d’aboutir à un document prenant davantage en compte les réalités agricoles, les enjeux économiques des exploitations et les besoins liés à la production.

Une vigilance maintenue

Les organisations agricoles entendent rester mobilisées dans les prochaines semaines. Un point d’étape est d’ores et déjà prévu lors du comité de bassin du 2 juillet, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). D’ici là, elles se disent attentives à la prise en compte de leurs revendications. « L’eau ne peut pas s’écrire sans l’agriculture et les agriculteurs », a conclu Nicolas Sterlin.

Dans un contexte de tension autour de la gestion de la ressource, cette mobilisation marque une étape dans les discussions entre le monde agricole et les instances de gouvernance de l’eau, avec en ligne de fond la question de l’équilibre entre production et contraintes environnementales.


Retour en images sur la mobilisation :

 

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