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Sébastien Lecornu lance les Contrats d'avenir en Eure-et-Loir 📹

Ă€ l'invitation de Jeunes agriculteurs, le Premier ministre, SĂ©bastien Lecornu, entourĂ© de quatre de ses ministres, est venu lancer les Contrats d'avenir vendredi 30 janvier Ă  Baigneaux (Eure-et-Loir).

Tout le monde a envie d'y croire. Le Premier ministre, SĂ©bastien Lecornu, annonce un vĂ©ritable changement de paradigme pour l'agriculture, vendredi 30 janvier Ă  Baigneaux (Eure-et-Loir), en proposant de lancer les Contrats d'avenir imaginĂ©s par le syndicat Jeunes agriculteurs.

Longue concertation

Ainsi, répondant à l'invitation de Jeunes agriculteurs et du député Philippe Vigier, entouré des ministres de l'Agriculture, Annie Genevard, de l'Aménagement du territoire, Françoise Gatel, des Petites et moyennes entreprises, Serge Papin, et du ministre délégué chargé de la Fonction publique, David Amiel, le chef du gouvernement s'est rendu sur l'exploitation d'Aude Sevestre. Là, il retrouve, entre autres, les représentants des syndicats agricoles d'Eure-et-Loir, les présidents de la chambre d'Agriculture, Yohann Serreau, de la Chambre régionale, Maxime Buizard Blondeau, de la Chambre nationale, Sébastien Windsor, les députés Christelle Minard et Guillaume Kasbarian, le sénateur Albéric de Montgolfier, ou encore le directeur des Territoires, Christophe Huss, pour une longue session de concertation.

Ă€ l'issue de ces Ă©changes, jugĂ©s constructifs par les participants, le Premier ministre annonce donc, en confĂ©rence de presse, plusieurs Ă©lĂ©ments propres Ă  changer l'avenir de l'agriculture. Ă€ commencer par un retour de la planification : « Il faut que l'on arrive Ă  repenser une part de l'organisation de notre modèle agricole, en essayant de dĂ©finir une vision. Un certain nombre de choses peuvent ĂŞtre prĂŞtes et faites avant l'Ă©lection prĂ©sidentielle : la coconstruction d'une loi en matière agricole Â», promet-il.

« Que nous demande Jeunes agriculteurs avec cette intuition autour des Contrats d'avenir ? C'est au fond de revenir Ă  de la planification. La planification entre le producteur (…), les transformateurs (…) et le consommateur Â», affirme SĂ©bastien Lecornu. Il prend l'exemple de la commande publique : « Au fond, nous avons une pratique sympathique, avec des objectifs de bio, de produits de qualitĂ©. Et on le revendique, c'est le bilan des lois Egalim. Mais on voit bien qu'on n'est plus du tout au niveau de radicalitĂ© qu'il faut avoir pour ĂŞtre capable de se protĂ©ger Â».

Soulignant le fait que pour ses armĂ©es, ses universitĂ©s, l'État dĂ©pense presque un milliard d'euros pour acheter de la nourriture mais que personne n'est capable de lui expliquer combien va Ă  l'Ă©tranger, combien reste en France, le Premier Ministre pointe : « On n'est pas bons et ça ne peut plus durer. Et ça doit nous amener Ă  la radicalitĂ©. Nous avons changĂ© de monde, c'est un monde plus brutal, donc nous devons assumer une forme de radicalitĂ© dans les choix que nous allons faire. Il est impensable que pour l'ensemble des marchĂ©s publics Ă  venir, il y ait des matières premières agricoles, alimentaires, qui viennent d'en dehors de l'Union europĂ©enne Â».

Un choc majeur

« Ă‡a nous amène Ă  un choc majeur potentiellement, un choc positif pour le monde agricole, pose-t-il. Une capacitĂ© Ă  pouvoir produire de manière rĂ©gulière, prĂ©visible, dans des quantitĂ©s agréées et contractualisĂ©es, ĂŞtre capables d'avoir les outils de transformation, ĂŞtre capables au fond de construire la sĂ©curitĂ© d'approvisionnement. C'est exactement ce que l'on veut faire avec les Contrats d'avenir. Et plutĂ´t que de le faire de manière nationale, on veut que l'approche de cette planification soit davantage locale Â».

Le Premier ministre en appelle donc aux chambres d'Agriculture, aux acteurs du monde agricole, aux organisations professionnelles pour jouer un rĂ´le majeur dans cette planification. Et de conclure : « L'essentiel malgrĂ© tout dans notre histoire, ça reste notre indĂ©pendance Â».

Visionnez notre vidéo :


SouverainetĂ© : « Nous devons reconquĂ©rir de l'autonomie Â»

Annie Genevard, ministre de l'Agriculture.

 Â« Il y a trop de productions pour lesquelles nous ne sommes plus souverains, lance la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, lors de la visite du Premier ministre SĂ©bastien Lecornu Ă  Baigneaux vendredi 30 janvier (lire ci-dessus). La pĂ©nurie d'Ĺ“ufs en est un exemple des plus criants. Nous devons donc travailler Ă  notre souverainetĂ© alimentaire Â». Pour elle, la continuitĂ© des ConfĂ©rences de l'alimentation qu'elle a lancĂ©es est ces Contrats d'avenir qui seront conclus entre producteurs et transformateurs. « C'est lĂ  que vont se crĂ©er des stratĂ©gies territorialisĂ©es autour de diversifications, comme nous l'avons vu aujourd'hui avec des grandes cultures diversifiĂ©es par la production d'amandes. Nous devons, dans les annĂ©es qui viennent, reconquĂ©rir de l'autonomie Â».

Pour Annie Genevard, la restauration collective est un enjeu capital : « Parce que lĂ , la puissance publique doit avoir la main sur la commande et donc, la production agricole. C'est fondamental pour sĂ©curiser du revenu pour les agriculteurs dans un contexte gĂ©opolitique particulièrement difficile. Je le dis ici dans un territoire de grandes cultures, tellement chahutĂ© par des cours mondiaux qui s'affaissent. Il y a un dĂ©fi de rĂ©silience pour notre agriculture Â».


Initiative : « Il faut le faire collectivement Â»

Pierrick Horel préside Jeunes agriculteurs.

 Â« Les plans et Contrats d'avenir sont une dĂ©clinaison opĂ©rationnelle d'un changement que l'on constate et qu'il faut accompagner collectivement, c'est de cela dont nous avons parlĂ©, prĂ©cise le prĂ©sident national de Jeunes agriculteurs, Pierrick Horel. Il faut le faire de manière collective, non pas en subissant ou avec des volontĂ©s erratiques d'agriculteurs. On voit que c'est très contractĂ© en agriculture, il faut apporter des solutions de vision de long terme et ramener du calme au milieu de tout ça. Il faut poser une vision claire d'accompagnement Ă  cinq, dix, vingt ans sur les productions. Pas forcĂ©ment de nouvelles productions mais aussi celles qui existent mais dont il faut lever des freins, accompagner. Ça y est, nous sommes Ă  la bascule dĂ©mographique, il y a 200 000 agriculteurs Ă  renouveler. Il faut s'appuyer sur ça pour basculer le modèle. C'est ce que nous avons portĂ© cet après-midi Â».

Visionnez la réaction de Pierrick Horel :


Yohann Serreau : « Les Chambres seront en charge d'organiser tout ça Â»

Pour Yohann Serreau, le prĂ©sident de la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir, il s'agissait, Ă  l'initiative de Jeunes agriculteurs, « de discuter avec le gouvernement pour avoir un plan d'avenir et structurer de nouvelles filières en partant du consommateur pour emmener les transformateurs et les agriculteurs. Il faut une organisation sur l'ensemble du pays pour avoir des productions qui soient dispersĂ©es pour Ă©viter une rupture en cas d'alĂ©a climatique, Ă©conomique ou sanitaire. Cela permet d'assurer dans le temps l'approvisionnement et donner une visibilitĂ© aux agriculteurs pour investir, via des contrats pluriannuels. Ce sont les chambres d'Agriculture qui seront chargĂ©es d'organiser tout ça sur les territoires et de mettre les opĂ©rateurs ensemble. Nous regroupons dĂ©jĂ  les producteurs, les coopĂ©ratives, restera Ă  engager la distribution Â».


Sylvain Marcuard : « DĂ©velopper des filières Â»

« C'est un projet qui a Ă©tĂ© poussĂ© par Jeunes agriculteurs, cela fait longtemps que nous sommes sur le sujet, souligne le prĂ©sident du syndicat dĂ©partemental, Sylvain Marcuard. L'idĂ©e est de contractualiser, de dĂ©velopper des filières. Si l'on prend l'exemple des Ĺ“ufs, il faut installer des poulaillers, combien, oĂą, comment on facilite leur installation, comment on organise un groupe de producteurs pour faciliter l'entraide, limiter les astreintes… Tout est imaginable. Le but est de ramener de la valeur. Il faut planifier, faciliter, avec une volontĂ© politique concrète derrière Â».

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