Région Île-de-France
Souveraineté alimentaire : 86 projets franciliens pour relancer la production 📹
Les conférences de la souveraineté alimentaire ont permis de faire émerger 86 projets en Île-de-France pour relancer les filières et renforcer la production, mais les acteurs alertent sur les conditions indispensables pour y parvenir.
Les conférences de la souveraineté alimentaire ont permis de faire émerger 86 projets en Île-de-France pour relancer les filières et renforcer la production, mais les acteurs alertent sur les conditions indispensables pour y parvenir.
« Pour atteindre notre objectif de souveraineté alimentaire, le maître mot, c'est produire. On s'est arrêté de produire dans les années 2000. Depuis, on lâche prise tous les ans un peu plus. Il faut une prise de conscience et renverser la vapeur pour produire davantage. » Dans un contexte où la profession agricole dénonce depuis plusieurs mois l'accumulation des contraintes réglementaires, administratives et environnementales qui freinent sa capacité à produire, les propos de Ludovic Spiers, coordinateur national des conférences de la souveraineté alimentaire, n'ont pas manqué d'interpeller. Ils ont été prononcés vendredi 29 mai à Paris, lors des conférences de la souveraineté alimentaire d'Île-de-France organisées à la préfecture de région.
Présidée par Marie Gautier-Melleray, préfète, secrétaire générale aux politiques publiques et préfète de région par intérim, la matinée a réuni l'ensemble des acteurs régionaux mobilisés autour de cet enjeu. Avant de laisser place aux débats, la préfète a indiqué qu'il y a « urgence face à une souveraineté alimentaire qui se dégrade et qui est pourtant une condition essentielle de notre liberté ».
Des objectifs chiffrés par filière
Cette volonté de produire davantage s'appuie sur les travaux conduits ces derniers mois dans huit groupes de travail régionaux et dont la directrice de la Driaaf, Mylène Testut-Neves, a présenté leurs conclusions : 86 projets ont été identifiés avec des besoins importants dans plusieurs filières. Les objectifs affichés sont ambitieux : + 50 % d'œufs, + 30 % de volailles de chair, + 50 % d'ovins, 1 000 jeunes bovins supplémentaires, la création d'ateliers laitiers, le développement des protéines végétales, le doublement de la production de pâtes, de chanvre, de cultures à vocation énergétique… ou encore le maintien des outils de transformation de la filière sucre. Plusieurs freins sont identifiés : de manière générale, les besoins en outils industriels, en capacités de transformation et en infrastructures logistiques apparaissent particulièrement marqués sans oublier les enjeux fonciers, l'accès des marchés publics aux producteurs locaux, ainsi que les problématiques autour de l’eau, de l’acceptabilité des projets agricoles en Île-de-France et de nombreux vols et incivilités dont font régulièrement l'objet les exploitations.
« Que chacun porte ses responsabilités »
Dans une salle comble, le président de la chambre d’Agriculture Île-de-France, Damien Greffin, s’est félicité de « réunir autant de bonnes volontés » en faveur d’une prise de conscience. « L'Île-de-France est historiquement et traditionnellement un territoire de grandes cultures. On a besoin de diversification pour rendre nos exploitations plus résilientes. Nous souhaitons encourager les diversifications plus que jamais ».
Il a également exhorté l'État à lever certaines contraintes réglementaires : « Il faut que chacun porte ses responsabilités ». Avant de prévenir : « Il ne faudrait pas que cette énième initiative reste vaine comme nous avons déjà vu tomber aux oubliettes certaines démarches. Il faut redonner de la valeur ajoutée à nos fermes franciliennes pour les rendre plus résilientes. Ce travail nous laisse avec une perspective et un chemin à emprunter, on repart avec des objectifs chiffrés. Il en va de la responsabilité d’agir dans l’intérêt collectif ». Partie prenante des travaux, la Région Île-de-France, par la voix de Valérie Lacroute, a redit toute sa détermination à accompagner les exploitations, à « flécher les aides là où il y en aura le plus besoin » et à appeler à « dépasser certains clivages observés trop souvent entre environnement et production pour aller vers cet objectif de souveraineté alimentaire ».
La souveraineté sous conditions
La seconde partie de la matinée a permis de mettre en lumière plusieurs initiatives déjà à l'œuvre sur le territoire francilien. Les participants ont notamment découvert les retours d'expérience de la filière blé-farine bio, de la filière œufs, de la restauration collective ou encore de la production aquacole. Autant d'exemples destinés à démontrer que la souveraineté alimentaire peut se construire sur le terrain, à condition de réunir les conditions économiques, réglementaires et logistiques nécessaires à son développement.
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