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Maraîchage
Les premières tomates des frères Besnard arrivent en mars

L'ambitieux projet de serres porté par les frères Besnard à proximité du site d'incinération de Ouarville prend forme. Les premières tomates cerises sont attendues en mars prochain avec la promesse d'un goût parfait.

Alexandre et Florent Besnard portent un projet ambitieux : produire des tomates cerises qui ont du goût tout en respectant leurs valeurs sociales et environnementales.
Alexandre et Florent Besnard portent un projet ambitieux : produire des tomates cerises qui ont du goût tout en respectant leurs valeurs sociales et environnementales.
© H.C. - Horizons

C'est un projet d'envergure que les frères Besnard, Florent et Alexandre, sont en train de mener à bien à Ouarville. Ils y installent des serres pour produire des tomates cerises, à proximité de l'unité d'incinération d'ordures ménagères, Sitreva, dont ils vont récupérer la chaleur.

Dix hectares à terme

La première de ces serres est presque achevée. Elle couvre une surface de 16 000 carrés. D'autres suivront : « Mais nous allons y aller progressivement. Voir quel est notre marché… Cependant, tout ce que nous installons aujourd'hui est dimensionné pour dix hectares et tout est redondant pour sécuriser la production », souligne Alexandre Besnard. Il s'agit en effet de bien prévoir le réseau de chaleur, la taille du bâtiment technique, le hall d'expédition, les bureaux, l'alimentation en eau…

Sur ce dernier point, crucial — « la tomate est la culture qui a le plus besoin d'eau », pointe Florent Besnard — toute l'eau de pluie qui tombera sur les serres sera récupérée et un forage est prévu en cas de besoin. De plus, l'eau utilisée pour arroser les plants sera analysée et réutilisée. « Nous sommes assez satisfaits de notre recherche environnementale. En année normale, l'eau récupérée devrait suffire », estiment-ils.

Sans pesticides…

Outre le fait qu'elles soient chauffées, les serres installées par les frères Besnard disposent d'un autre atout de taille. Leur conception va leur permettre de se passer de produits phytosanitaires. « Elles sont en surpression, explique Alexandre. Et il y a un filet anti-insectes car ce sont eux qui sont vecteurs de maladies ». Toutes les personnes qui pénétreront dans les serres passeront par un vestiaire et sas de désinfection, un peu comme dans une salle blanche de laboratoire.

De plus, en humidifiant l'air ou non, la température à l'intérieur de la serre pourra être abaissée d'une dizaine de degrés en été. Enfin, la lutte biologique à l'intérieur sera assurée par des insectes et la pollinisation par des bourdons.

L'objectif des frères Besnard avec tout ça, est d'obtenir « une production linéaire, à flux tendu. La serre permet de commencer la production plus tôt dans la saison et de terminer plus tard. Mais nous n'avons pas voulu installer d'éclairage, nous sortirions de notre projet. De plus, la période hivernale nous permettra de tout nettoyer, de faire un vide sanitaire », souligne Florent.

… mais avec du goût

Les premières tomates sont attendues en mars. Mais pas n'importe quelles tomates : « Nous avons mis un an pour trouver la bonne variété de tomates. Nous recherchons le goût avant tout. C'est un des points bloquants pour le consommateur. En revanche, le rendement est divisé par deux par rapport à des tomates plus classiques », expliquent-ils.

Le projet des frères Besnard a été pensé dans ses moindres détails. Ainsi, les personnes qui travailleront dans les serres bénéficieront des meilleurs conditions de travail possible. La température sera bonne, tout le travail se fera à hauteur d'homme, il n'y aura pas de charges lourdes à transporter. « Cela correspond à nos attentes au niveau social. C'est important pour nous. Cela fait partie de notre philosophie ». Environ quinze personnes seront employées par serre au pic de production, dont cinq permanents, le reste en CDD de 8 ou 10 mois.

Une histoire à raconter

Florent et Alexandre Besnard ne sont pas des investisseurs : « Nous sommes paysans avant tout, nous avons ça dans l'âme. Nous allons faire du commerce et expliquer que notre produit à une histoire, et nous avons envie de la raconter. De dire que nous sommes vraiment des agriculteurs et que l'on peut faire autrement », soulignent-ils.

Une idée, du soutien

L'idée de ce projet est née sur la ferme familiale par la volonté de développer quelque chose de différent. Parallèlement, l'ancien directeur des Territoires, Sylvain Reverchon, et le député Philippe Vigier cherchaient des jeunes avec du potentiel alors que Sitreva de son côté souhaitait valoriser sa chaleur…

Montage financier

Monter un tel projet ne pouvait se faire sans financement. Au départ, les banques étaient plutôt partantes puis se sont retirées… Alexandre Besnard est alors retourné voir son ancien patron, Jean-Claude Le Lan, de la société Argan, qu'il avait quitté un an plus tôt pour monter le projet. Ce dernier, d'origine paysanne devenu entrepreneur et qui connaissait le projet, a décidé de le financer. Les frères Besnard sont donc locataires de leurs serres.

 

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