Tours de plaine betteraves : un état des lieux à l’instant T
La chambre d’Agriculture Île-de-France, en partenariat avec la CGB et l’ITB, a organisé des tours de plaine betteraves. Zoom sur celui qui s’est tenu à Montereau-sur-le-Jard (Seine-et-Marne) le 30 avril.
La chambre d’Agriculture Île-de-France, en partenariat avec la CGB et l’ITB, a organisé des tours de plaine betteraves. Zoom sur celui qui s’est tenu à Montereau-sur-le-Jard (Seine-et-Marne) le 30 avril.
Semis et implantation, gestion du désherbage et pression pucerons étaient au cœur des échanges des tours de plaine consacrés à la betterave sucrière organisés fin avril par la chambre d’Agriculture Île-de-France et les cercles, en partenariat avec la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) et l’Institut technique de la betterave (ITB). Le dernier des rendez-vous s’est tenu à Montereau-sur-le-Jard (Seine-et-Marne) jeudi 30 avril, sur une parcelle d’Antoine Boullenger sur laquelle la Chambre et l’ITB testent des associations de produits innovants de biocontrôle avec des solutions existantes, dans le cadre du PNRI (Plan national de recherche et innovation).
Deux périodes de semis
« Deux périodes de semis sont à distinguer dans le secteur », a rappelé le responsable régional de l’ITB, Pierre Houdmon. Ainsi, 15 % des surfaces ont été semées avant le 10 mars. La levée a été très longue, certaines parcelles ont été sauvées par les précipitations de fin mars, mais une centaine d’hectares ont été ressemés en raison d'une croûte de battance. Les conditions d’application des désherbants ont été bonnes sur ces parcelles.
La seconde période de semis dans ce secteur s’est étendue du 20 mars au 1er avril. Si les levées ont été rapides, les derniers semis subissent les conséquences d'une préparation de sol mal affinée, avec un mauvais enracinement. Des parcelles peinent à se développer, en particulier dans l’est-Seine-et-Marne.
Le désherbage est une des difficultés rencontrées en ce début de campagne, avec une mauvaise efficacité des produits sur chénopodes et renouées liserons, faute de précipitations. De plus, peu de créneaux d'intervention existent au regard de la météo. Dans ce contexte, certains planteurs sont déçus de l'efficacité du second traitement. Avec les précipitations actuelles, il sera possible d'intervenir. Le binage est aussi une option à privilégier.
Après un tour d’horizon des produits applicables, des dosages et de l’adjuvantation, l’accent a été mis sur les conditions climatiques. « Attention, les adventices peuvent pousser très vite en mai. On peut prévoir un traitement en regardant ce qui a réussi à lever avant la pluie », souligne le responsable régional.
Les pucerons sont là
Mais les inquiétudes des planteurs portent sur la forte pression pucerons, face à la crainte d’une année noire comme en 2020. Dès le stade deux feuilles, des pucerons ont été observés sur les betteraves. Si leur fréquence (aptères verts et, depuis la fin de semaine dernière, noirs) est très élevée dans les parcelles (30 % des plantes colonisées), le nombre de pucerons par plante restait faible jusqu’à début mai.
« Même si la pression est là, il est conseillé de ne pas faire n’importe quoi car il faut tenir la distance jusqu'à la couverture du sol ». En raison de la pression constante depuis les semis, il est essentiel d'utiliser les solutions les plus efficaces.
Les colzas sont les plus grands pourvoyeurs de pucerons, mais ils sont indemnes de virus en quittant cette culture. Où sont-ils contaminés ? La question reste entière.
Si les cordons de déterrage sont bien gérés en Seine-et-Marne, d’autres réservoirs virologiques sont à maîtriser, comme les porte-graines et la phacélie dans les couverts, qui peut être porteuse des virus de la jaunisse, lesquels sont ingérés par les pucerons avant leur arrivée dans les betteraves. La filière cherche à comprendre les mécanismes de transmission des virus à l'échelle de l'environnement.
Voir aussi Pucerons : la pression précoce inquiète les betteraviers