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Cristal Union
« Un complément de prix aux coopérateurs de la Vermandoise »

Dans l'entretien qu'il nous a accordé, Olivier de Bohan, le président de Cristal Union, dresse un tour d'horizon des différents projets du groupe sucrier

Olivier de Bohan : « Notre programme d’extension de nos surfaces betteravières concerne l’ensemble des différentes zones géographiques de Cristal Union. »

Loiret agricole et rural : Vous prévoyez d'augmenter vos surfaces betteravières de 15 % au cours des quatre prochaines années : quelle est la logique inhérente à ce projet ?

Olivier de Bohan :

Notre programme d'extension de nos surfaces betteravières concerne l'ensemble des différentes zones géographiques de Cristal Union : l'Alsace, la Champagne, le Puy-de-Dôme, le Sud de Paris, la Seine-Maritime et la Somme. Au cours des cinq dernières années, nous avons investi plusieurs centaines de millions d'euros dans nos usines afin de les rendre plus performantes en termes de capacités industrielles. La deuxième phase de ce programme consiste à faire passer toutes nos usines à 100 ou 120 jours de campagne de manière à gagner des points de compétitivité. L'enjeu : essayer d'être à la hauteur des coûts de production du Brésil. Celui-ci est le premier producteur mondial de sucre : la moitié des échanges mondiaux est le fait de ce pays d'Amérique du Sud. Si nous parvenons à nous rapprocher de ses coûts de production, voire à être meilleurs, cela signifie que, demain, nous serons à même d'explorer de nouveaux marchés à l'international et de capter de la valeur pour nos productions.

LAR : Comment les opérations vont-elles se dérouler ?

O. de B. : Nous allons d'abord cibler les unités qui ont les campagnes les plus courtes. La section de Corbeilles, Pithiviers et Toury, qui compte 2000 coopérateurs, occupe la place de leader de la zone située au Sud de Paris. Nos trois usines y officient entre 70 et 80 jours par an. L'objectif est de les amener sur des bases à trois chiffres de manière à pouvoir se caler sur les autres sites industriels.

 

Un projet global

À Arcis-sur-Aube, dans l'Aube, nous avons une usine où nous avons beaucoup investi ces dernières années afin de porter ses capacités à plus de 25 000 t/ jour: aux 6 jours de campagne, elle écrase déjà 24 000 t. L'objectif de 25 000 t va être atteint régulièrement durant la campagne. Cette sucrerie est adossée à une distillerie. Au Sud de Paris, c'est également le cas de l'usine de Toury. Plus on optimise nos durées de campagne, plus on écrase nos charges car la durée de campagne permet d'approvisionner en direct les distilleries.

Nous avons classé le Sud de Paris et le Sud de la Champagne comme prioritaires. Tout en sachant que notre projet est global. À la fois pour recueillir de nouveaux planteurs et pour augmenter les surfaces de nos neuf mille planteurs coopérateurs.

LAR : Lors du rachat de la SVI par Cristal Union, 90 % des 4.500 planteurs de la Vermandoise sont devenus coopérateurs de votre groupe en souscrivant des parts sociales pour un montant total de plus de cent millions d'euros. L'accord stipule que ces agriculteurs auront la même rémunération bonifiée que les coopérateurs historiques de Cristal Union après une période dite de « convergence » de 5 ans maximum. Or ce délai pourrait être réduit de 2 ans.

O. de B. : À l'époque, nous avions organisé 16 réunions sur les trois bassins de production de la Vermandoise. Lors de celles-ci, j'avais annoncé une période de convergence qui irait de 3 ans minimum à 5 ans maximum. Et j'avais développé cet argument : si les conditions économiques du marché et de la structure Cristal Union Vermandoise le permettaient, nous serions en mesure de réduire cette période de convergence à son minimum. Aujourd'hui, nous avons une année de recul. Deux si on considère 2011, qui était déjà une bonne année mais où les coopératives n'étaient pas encore créées : les entités de Pithiviers-Toury, Fontaine-le-Dun (Seine-Maritime) et Sainte-Émilie (Somme) ont vu le jour en juin 2012. Les chiffes que nous avons atteints au cours de l'exercice que nous venons de clôturer attestent de la qualité de la performance du groupe en termes de valorisation et de résultats.

 

À partir de la récolte 2015

Nous savons à peu près où nous en sommes concernant la commercialisation de la récolte en cours. Il y a encore une inconnue relative à celle de l'année prochaine. Mais c'est vrai que la dynamique qui a été créée, les investissements et les remboursements que le groupe a anticipés au cours de ces deux dernières années, fait que nous sommes en mesure d'annoncer officiellement que les campagnes 2012, 2013 et 2014 seront les trois seules années de convergence. À partir de la récolte 2015, tous les planteurs coopérateurs des trois nouvelles coopératives seront au même niveau de rémunération que les planteurs historiques de Cristal Union.

LAR : Par ailleurs, dès cette année, les nouveaux coopérateurs percevront des compléments de prix, alors que cela n'était pas prévu dans l'accord initial.

O. de B. : Non, effectivement. À Cristal Union, nous avons pour principe de ne pas promettre ce que nous ne pourrons pas tenir. À l'époque, nous avions annoncé des prix à minima : un point sur lequel nous nous étions fait chatouiller ! Face à ces critiques, nous avions répondu que nous faisions toujours mieux que ce que nous avions annoncé. Par exemple, alors que nous avions annoncé un prix de 21 EUR pour la betterave industrielle, l'année dernière, nous l'avons payée 23 EUR. Cette année, nous avons annoncé 23 EUR. Les résultats de Cristal Union et de sa partie Vermandoise nous permettent, dès la première campagne, de proposer un complément de prix aux coopérateurs des trois nouvelles coopératives.

Lisez la suite dans l'édition du 4 octobre.

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