Expérimentation
Une bourse pour les essais de Jean-Baptiste Bourdeloup
Jean-Baptiste Bourdeloup et Laurent Isambert, producteurs de pommes de terre bio en Eure-et-Loir, font partie des six premiers lauréats de la Bourse de recherche à la ferme.
Jean-Baptiste Bourdeloup et Laurent Isambert, producteurs de pommes de terre bio en Eure-et-Loir, font partie des six premiers lauréats de la Bourse de recherche à la ferme.
Créée par l'association Pour une agriculture du vivant, afin de soutenir l'expérimentation agroécologique directement sur des exploitations agricoles, la Bourse de recherche à la ferme a été octroyée à six lauréats en France. Ces projets bénéficieront d’un appui financier et méthodologique pour conduire des essais en conditions réelles à partir de mars 2026, sur une durée de un à trois ans. Dans ce cadre, Laurent Isambert et Jean-Baptiste Bourdeloup, installés en Eure-et-Loir, ont reçu 7 000 euros pour étudier l'apport de la biostimulation en culture de pommes de terre bio.
Essayer pour avancer
Pour en savoir plus, nous rencontrons Jean-Baptiste Bourdeloup fin juin, sur son exploitation de Lutz, au cœur de la Beauce. Guidé par sa volonté de labourer le moins possible pour préserver la vie du sol, l'exploitant entre dans le GIEE Terres vivantes et se converti en bio de 2018 à 2020 : « je le faisais déjà quand j'étais en conventionnel mais c'est plus compliqué en bio. Je laboure parfois pour des problèmes d'enherbement, quand il y a trop de ray-grass, que je sais que je vais aller au casse-pipe… Mais je mets tout en œuvre pour ne pas labourer ».
En pommes de terre, les résultats sont assez aléatoires… « C'est pour ça que très peu le font. J'ai essayé pendant trois ans, une année c'était bien, la deuxième a commencé moyen et s'est bien terminée mais pas la troisième. J'ai labouré à nouveau l'an dernier et cette année je réessaye. On verra comment ça se passe à la récolte… Désormais, mes cultures de printemps ne sont plus labourées, c'est acquis. Par contre, à l'automne, c'est plus difficile ».
Quelque chose à creuser
« Depuis 2021, je fais des essais agronomiques régulièrement avec des choses qui se passent bien, d'autres moins. Ça permet d'avancer. J'en ai fait en pommes de terre et je voulais renouveler. L'an passé les résultats étaient un peu faussés mais je pense qu'il y a quelque chose à creuser. Cependant, c'est assez risqué avec cette culture qui nécessite d'importantes charges de production. Alors, quand il y a eu cette proposition de bourse, nous sommes rentrés dedans avec Laurent Isambert ».
Les essais portés par Jean-Baptiste Bourdeloup visent à vérifier la pertinence de l'utilisation d'oligo-éléments pour la nutrition des plantes. « Afin de favoriser leur métabolisme, explique-t-il. Mes essais de l'an passé m'ont laissé supposer que les plantes en bonne santé n'attirent pas les pucerons. Ils vont plutôt sur les plus fragiles ». L'exploitant a donc incorporé des micro-organismes à la plantation avec la même méthode qu'utilisée en conventionnel pour l'amistar.
« J'ai organisé un protocole d'essais sur deux lots avec une zone traitée et une zone non traitée. J'ai précisé que si l'année était trop compliquée, l'essai serait mis en pause parce que si ça va vraiment mal, les enjeux ne sont pas négligeables. Je ferais des prélèvements avant récolte. Je fais des choses simples, pas de répétitions, ni de randomisation. Je sais que les résultats ne seront ni énormes, ni immédiats mais plus durables ».
Produire des références
Ce financement de recherche vise également à produire des références sur la culture de pommes de terre conduite en bio en Beauce car il s'en fait assez peu. Il s'agira de démontrer se faisant, que l'on peut produire ce tubercule avec une productivité suffisante tout en se passant, au moins partiellement, d'intrants chimiques. À suivre.