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Une économie de cinq millions de m3 de gaz naturel à Artenay

La sucrerie du groupe coopératif Tereos produit du biogaz à partir de ses vinasses : un investissement de 6.700.000 EUR.

Stéphane Isautier, directeur de l'établissement : « Une forme d'économie circulaire. »
Stéphane Isautier, directeur de l'établissement : « Une forme d'économie circulaire. »
© Loiret agricole et rural

L'unité de méthanisation de la sucrerie Tereos d'Artenay est entrée en fonctionnement au début de l'année. Un investissement de 6.700.000 EUR. Objectif : traiter la totalité des vinasses du site, soit 300.000 tonnes par an, et assurer 50 % des besoins en gaz de la distillerie. À la clé : une réduction des émissions de CO2 de 12.500 tonnes par an. Stéphane Isautier, directeur de l'établissement, explique le processus : « On extrait le jus de la betterave et on obtient de la pulpe. Celle-ci est déshydratée, donnant des pellets. Quant au jus, il est clarifié avec de la chaux précipitant les impuretés : le mélange constitue les écumes. Ces écumes sont épandues dans les champs : un amendement riche en calcaire. Dès qu'on a le jus clair, pour aller au sucre, on enlève l'eau en deux étapes : par évaporation puis par cristallisation. Ensuite, on centrifuge la masse cuite : on obtient le sucre et la mélasse ou sirop de basse pureté. Le sirop de basse pureté est fermenté pour produire de l'alcool : un vin de betterave de dix ou onze degrés. Celui-ci est distillé, produisant, d'une part, de l'alcool, et, d'autre part, un vin sans alcool : c'est la vinasse. »

Mille mètres cubes par jour

La vinasse passe dans le méthaniseur pour transformer une partie de sa matière organique en biogaz et le digestat, qui contient beaucoup de potasse, est utilisé comme engrais. Pourquoi s'être engagé dans cette voie ? « Quand la distillerie fonctionne trois cent quarante-cinq jours par an, on produit de la vinasse et on consomme du gaz toute l'année, répond Stéphane Isautier. L'unité de méthanisation fonctionne toute l'année pour produire le gaz utilisé dans notre process : une forme d'économie circulaire. Une valorisation interne car on consomme nos produits. » L'équipement répond aussi à un objectif de compétitivité industrielle du groupe : dans le cadre de la fin des quotas en 2017, Tereos a lancé un plan d'investissement de cent cinquante millions d'euros sur cinq ans afin de réduire sa facture énergétique de 15 %. « L'investissement réalisé à Artenay y contribue directement » commente le directeur du site.

Si les oligoéléments ne représentent que quelques litres, chaque jour, mille mètres cubes de vinasse sont injectés dans le méthaniseur. « La vinasse est un coproduit de la betterave et provient uniquement du site : nous en contrôlons l'approvisionnement. Or, pour fonctionner, le méthaniseur a besoin de stabilité. Comme nous consommons notre gaz, nous n'avons pas les contraintes techniques d'une incorporation au réseau : compression pour le transport, etc. Mais nous avons besoin d'un gaz de qualité : on ne se contente pas d'une qualité moindre car c'est nous qui l'utilisons. » Le biogaz possède 50 % du pouvoir calorifique du gaz naturel et « il fonctionne parfaitement dans nos chaudières » indique Stéphane Isautier. En plus des brûleurs historiques, il a juste fallu installer des brûleurs spécifiques. La production de biogaz permet d'économiser annuellement cinq millions de mètres cubes de gaz naturel.

Une bonne année...

Cette année, à Artenay, la campagne betteravière a démarré le 16 septembre, soit quinze jours plus tôt qu'en 2013. En allongeant la durée de campagne du site, cela permettra de réduire les coûts fixes, d'offrir des débouchés aux associés coopérateurs et de développer la rémunération dans son ensemble. Le coup d'envoi des arrachages est dicté par un certain nombre d'éléments indique Stéphane Isautier : « La croissance de la culture, où interviennent les conditions d'implantation et la météorologie : en juillet, nous effectuons des prélèvements au champ pour estimer la croissance de la plante. Les besoins commerciaux et la durée de la campagne sont également des critères pris en compte. »

À la mi-octobre, la richesse en sucre des betteraves était supérieure à 18 % pour des rendements à 16 de 86 tonnes par hectare. Au-dessus de la moyenne sur cinq ans. « Une bonne année et nous allons encore monter » déclare le directeur de la sucrerie.

Tare-terre : 5 % sur le brut

L'établissement compte 640 planteurs contre 520 en 2013. Soit deux mille hectares de plus pour un total de treize mille hectares. La campagne devrait durer cent dix jours, contre quatre-vingt-six l'année précédente. Objectif 2017 : cent trente jours. « Nous en avons la capacité : nous réalisons des travaux de conservation de la betterave pour nous y préparer. »

« Cette année, compte-tenu des bonnes conditions météorologiques et des actions menées avec les associés coopérateurs pour réduire la tare-terre, son taux a diminué » : 5 % sur le brut contre 12 % en 2013. « Nous déterrons 100 % de nos betteraves. » Pour cela, la coopérative dispose de trois déterreuses à trémie et de deux avaleurs de silos. Bilan : la moitié de la tare-terre reste aux champs. « L'avaleur de silo permet un meilleur respect de la betterave car il y a moins de casse et une plus grande efficacité du déterrage : le circuit est plus long. » Et, surtout, travailler avec une seule machine, sans rupture de charge, permet de gagner du temps.

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