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Une exploitation maraîchère reprise dans la continuité

Âgé de 25 ans, Gabriel Callard a repris l'année dernière une exploitation maraîchère à Guilly (Loiret), rapidement rejoint par sa compagne Fannie Sertier. Un projet mûri de longue date, fondé sur la vente directe, entre transmission progressive et rythme intense.

Gabriel Callard, installé depuis janvier 2025, a repris l’exploitation où il était salarié depuis 2018. Fannie Sertier l’a rejoint à l’automne, pour construire avec lui un projet en vente directe, sur les marchés et à la ferme.
Gabriel Callard, installé depuis janvier 2025, a repris l’exploitation où il était salarié depuis 2018. Fannie Sertier l’a rejoint à l’automne, pour construire avec lui un projet en vente directe, sur les marchés et à la ferme.
© Horizons Journal

Gabriel Callard et Fannie Sertier, tous deux âgés de 25 ans, se sont installés hors cadre familial début 2025 sur une exploitation mêlant grandes cultures et maraîchage en Loiret. Une reprise préparée sur plusieurs années, avec un modèle centré sur les marchés et la vente à la ferme.

Une installation progressive

Gabriel ne s’est pas installé du jour au lendemain. Après un bac professionnel Conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA) en grandes cultures et élevage laitier, il tente un BTS en mécanique. « Au bout de deux mois, ça ne me plaisait plus. Je voulais travailler », explique-t-il. Il arrive alors sur la Ferme de Ménivelle, à Guilly (Loiret), en 2018 comme chauffeur de tracteur. À cette époque, il connaît les céréales mais pas le maraîchage. « Je savais reconnaître les légumes, mais je ne connaissais pas la technique », précise-t-il. Peu à peu, il élargit ses missions. Il participe aux cultures, puis aux marchés. L’exploitation fonctionne déjà en vente directe. « Mes patrons m'ont emmené sur les marchés, j’ai vu comment ça se passait », raconte-t-il. Quand les exploitants préparent leur départ à la retraite, l’idée de reprise s’impose. « Je voulais m’installer. L’opportunité était là. » Les démarches débutent en 2023 avec le parcours installation. Gabriel passe près d’un an aux côtés des cédants. Il suit la production et découvre la gestion. « J’ai vu toute la partie administrative que je ne connaissais pas. » L’installation devient effective au 1er janvier 2025.

Un projet de couple

Sa compagne, Fannie Sertier, rejoint le projet plus tard. Issue d’une famille agricole, elle s’oriente vers des études littéraires. Elle enchaîne avec une licence de géographie, puis un master en cartographie et gestion de données. Elle travaille ensuite dans le secteur environnemental. « J’ai travaillé en fédération de pêche. Ça me plaisait », explique-t-elle. Mais un décalage s’installe. « Il y avait un écart entre ma vie professionnelle et personnelle. » Elle rejoint l’exploitation en octobre 2025. « Il fallait faire un choix, et le plus tôt était le mieux. » Le projet devient commun. « C’est un mode de vie », résume-t-elle.

Une clientèle à rassurer

À la reprise, le fonctionnement reste le même. Vente à la ferme, trois marchés par semaine, un restaurant et une épicerie locale. Gabriel connaissait déjà les clients. « Avec Fannie, nous participions aux marchés depuis plusieurs années », explique-t-il. La transition s’est faite progressivement. Les anciens exploitants sont restés présents au début. « Ils nous ont accompagnés pour que ce ne soit pas trop brutal », précise Gabriel. Le changement de génération interroge parfois. « Passer de personnes proches de la retraite à des jeunes de 25 ans, ça peut faire peur », reconnaît Fannie. La question du volume de travail revient souvent. « Il y avait un peu d’inconnu sur notre capacité à tout maintenir », ajoute Gabriel. La clientèle est restée fidèle. Les marchés continuent de fonctionner.

Deux productions complémentaires

Gabriel cultive 65 hectares en grandes cultures. Blé, orge, maïs, tournesol composent l’assolement. En parallèle, le maraîchage occupe 10 à 11 hectares en plein champ. S’y ajoutent environ 4 000 m2 de serres froides. La gamme est large. « On fait tous les légumes de saison qui poussent ici », indique Gabriel : salades, carottes, oignons, navets, poireaux, choux. Certaines cultures comptent plusieurs variétés. « On a une quinzaine de choux différents », énumère-t-il. Les cultures d’été, comme les tomates, concombres, aubergines ou poivrons, sont produites sous serre. « Ce sont nos produits principaux », explique-t-il.

Une production rythmée par les saisons

Comme toujours en maraîchage, l'activité varie fortement selon les périodes. Mars reste un mois creux. « On n'a presque plus de légumes d’hiver, et les gens en ont mangé toute la saison », observe Gabriel. La reprise intervient en avril, quand les premiers radis, navets et carottes pointent le bout de leur nez. La production monte en puissance. Les plantations débutent dès la mi-février. Entre mi-avril et fin juin, le rythme s'accélère. « On plante et on sème toutes les semaines. » Salades, choux, oignons, pommes de terre se succèdent. Les cultures sous serre démarrent en parallèle. À partir de mi-juillet, les plantations s’arrêtent. L’exploitation se concentre sur l’entretien et la récolte.

Faire face aux aléas

Le climat reste un facteur déterminant. « Le principal risque, c’est le gel », explique Gabriel. Les cultures supportent de faibles températures. « Jusqu’à - 2 °C, ça passe. Au-delà, ça devient compliqué. » Plusieurs solutions sont utilisées. Les serres protègent les cultures sensibles. Des voiles d’hivernage couvrent les plantations de plein champ. Un chauffage d’appoint peut être utilisé en cas de besoin.

Le choix technique vise à limiter les intrants. L’exploitation n’est pas en agriculture biologique, mais en conventionnel raisonné. « On utilise de la chimie quand on n’a pas le choix », précise Gabriel. Le désherbage reste le principal poste concerné. En parallèle, le paillage se développe. En serre, il est systématique. En plein champ, il concerne certaines cultures comme les courgettes ou les patates douces.

Une première année lancée

La première année d’installation s’est déroulée dans de bonnes conditions. « On a eu une année correcte », résume Gabriel. Un été sec a facilité le travail. Les cultures ont pu être implantées dans de bonnes conditions. Le couple reste prudent. L’installation ne fait que commencer. Le rythme est soutenu. « La première année, c’est du 24 heures sur 24 », rappelle Fannie.

L’objectif est clair. S’inscrire dans la durée et faire vivre l’exploitation.

Retrouvez Gabriel et Fannie chaque semaine sur les marchés de Puiseaux (Loiret) le lundi matin, et de Nemours (Seine-et-Marne) le mercredi (place de la République) et le samedi matin (champ de Mars).

Les ventes en direct à la ferme se déroulent les vendredi de 15 heures à 19 heures et samedi de 8 h 30 à 12 h 30.

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