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Une météo de plus en plus problématique en élevage

Les pluies, quasiment incessantes depuis octobre dernier, compliquent grandement la conduite des exploitations en polyculture-élevage. Le témoignage de Yohann Serreau, éleveur laitier à La Gaudaine (Eure-et-Loir).

Jeudi 2 mai, à La Gaudaine. Selon l'éleveur Yohann Serreau, les conditions météo ont rarement été aussi compliquées.
Jeudi 2 mai, à La Gaudaine. Selon l'éleveur Yohann Serreau, les conditions météo ont rarement été aussi compliquées.
© H.C. - Horizons

Que d'eau, que d'eau ! Depuis le mois d'octobre, les jours se suivent et se ressemblent : il pleut. De fait, le cumul des précipitations atteint un peu plus de 600 mm à Miermaigne (Eure-et-Loir) sur ces sept derniers mois, soit environ 3 mm par jour…

Vasistas

« Et quand une fenêtre pour travailler s'ouvre, cela ne dure pas », constate un brin dépité le référent élevage de la chambre d'Agriculture, l'éleveur laitier Yohann Serreau, installé au cœur du Perche eurélien à La Gaudaine (Eure-et-Loir), que nous rencontrons le 2 mai pour faire un point de la situation des exploitations en polyculture-élevage.

Car si ces conditions météo posent soucis en grandes cultures, le secteur de l'élevage cumule les problématiques. De fait, outre les difficultés d'implantation des cultures d'hiver ou de printemps que chacun a pu rencontrer, les éleveurs ont aussi à gérer l'herbe qui pousse vite dans ces conditions. Or, normalement à cette époque, les animaux sortent. « Nous avons de l'herbe, pas de souci, mais c'est très compliqué d'aller la chercher. Et comme les stades avancent, la qualité baisse au fur et à mesure. C'est de l'azote perdue qu'il faudra acheter pour complémenter ».

Si les animaux restent dans les bâtiments, à l'exception des génisses même si c'est limite selon l'éleveur, les outils également. « Il faudrait faucher mais ce n'est pas possible. Il faut attendre que ça se ressuie un peu. Et comme les animaux restent plus longtemps à l'intérieur, nous allons avoir un problème de stock de paille. Nous avons prévu pour cinq mois et de la marge, mais celle-ci risque d'être insuffisante. En allaitants, certains éleveurs sont déjà dans le dur », pointe-t-il.

Épandages retardés

Les soucis s'accumulent également pour les épandages d'effluents : « Depuis octobre, mes collègues sont coincés, impossible d'épandre dans de bonnes conditions. Ce qui n'est pas fait engendre du retard et le reste ne se fera pas dans de bonnes conditions », souligne Yohann Serreau qui pour sa part est bien heureux de pouvoir disposer d'un méthaniseur même s'il a perdu 12 hectares de Cive (Cultures intermédiaires à vocation énergétique) dans la bataille hivernale.

Concernant les cultures, les éleveurs pensaient après l'automne pouvoir implanter des cultures de printemps mais cela n'a jamais été vraiment possible : « Et sur ce qui a été semé à l'automne, pas moyen de faire de désherbage. Bien souvent, il y a plus d'herbe que de blé. De plus, avec les pluies, les racines ne sont pas descendues, il aurait fallu un mois de mars plus sec… Même si ça a l'air bon, ces cultures mal enracinées risquent le coup de chaud. Idem pour le colza, il y a des parcelles bien tristes… ».

Quant au maïs, il n'est pas trop tard pour en faire. « Mais plus le temps passe, plus les risques augmentent, en particulier un coup de chaud en période de floraison et la soif. Nous ne savons pas quelle sera la météo de cet été, soit on s'en sort, soit c'est la vraie catastrophe », soupire l'éleveur.

Potentiel limité

Au final, le potentiel de la prochaine récolte semble déjà bien entamé : « Mais les frais seront tout de même importants. La météo provoque le développement de maladies. Et c'est impossible de faire des impasses sous peine de n'avoir pas de rendement du tout ».

Pour l'ensemble des agriculteurs, l'espoir réside dans les fenêtres que la météo daigne enfin ouvrir ces jours-ci… Avec pour corollaire de bien définir les priorités.

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