Une saison estivale exceptionnelle pour le Sdis 28
Le Service départemental d'incendie et de secours d'Eure-et-Loir (Sdis 28) a dressé, vendredi 23 octobre à Chartres, le bilan d'une activité estivale particulièrement dense sur son territoire et au-delà.
Le Service départemental d'incendie et de secours d'Eure-et-Loir (Sdis 28) a dressé, vendredi 23 octobre à Chartres, le bilan d'une activité estivale particulièrement dense sur son territoire et au-delà.
C'est la première fois qu'une telle manifestation est organisée. Mais l'été a été tellement dense pour les équipes du Service départemental d'incendie et de secours d'Eure-et-Loir (Sdis 28) que cela méritait bien de revenir dessus. Aussi, vendredi 23 octobre, sous l'égide du Département et de la préfecture, une réunion pour en dresser le bilan est organisée à Eure-et-Loir Campus, à Chartres (Eure-et-Loir).
Reconnaissance et remerciements
Le directeur départemental et chef de corps du Sdis, le colonel Bruno Hucher, ouvre la réunion en soulignant que ce moment a été souhaité par ses deux autorités, le préfet et le président du conseil départemental (voir encadré), « pour qu'il soit un moment de reconnaissance et de remerciements mais aussi profiter de cette réunion pour faire un retour d'expériences et présenter l'ensemble de nos savoir-faire, fruits d'une expérience de plusieurs années ».
De fait, les aspects de préparation des effectifs et de l'efficacité opérationnelle ont été mis en avant. Car si la saison a été intense en Eure-et-Loir, elle l'a été dans toute la France et les sapeurs pompiers euréliens ont également participé à la lutte contre les incendies loin de leur base. 250 d'entre eux ont ainsi été mobilisés durant cinquante jours, en Bretagne, en Gironde, dans le centre et le sud de l'Hexagone, et ont engagé une cinquantaine d'engins. « Il a fallu jongler entre différents engagements tout en préservant la ressource pour que la sécurité des Euréliens continue d'être assurée », souligne le lieutenant-colonel Michaël Achard.
Au cours de l'été en Eure-et-Loir, les sapeurs pompiers ont effectué 400 interventions en espace naturel et ce ne sont que 1 650 hectares qui sont partis en fumée. L'addition aurait pu être bien plus sévère compte tenu des conditions météorologiques extrêmes qui ont débuté en juin. « Nous sommes entrés brutalement dans l'été avec une vigilance rouge dès le 21 juin, rembobine le capitaine du Sdis. Le mois de juillet a été historiquement chaud et sec, avec un déficit de pluie de 70 %, augmentant rapidement l'état de sécheresse et la vulnérabilité des espaces naturels ».
Depuis une dizaine d'années, le Sdis dispose d'indicateurs de risques d'incendies évalués et éprouvés. De nombreux éléments sont pris en compte comme la température, la pluviométrie, le taux d'humidité dans l'air, le vent, mais aussi le nombre d'agriculteurs qui récoltent ou l'indice des sols, en particulier leur taux de silex. Ces éléments corrélés servent à déterminer un indice de risque de feu par zone. Lorsqu'il vire au rouge voire au noir, des dispositifs sont déployés. « Nous avons pré-positionné des moyens quatorze fois cet été et à chaque fois ils ont été utilisés. C'est une réelle nécessité », pointe le capitaine Michaël Montès.
Appui de la cohorte
Si le bilan des feux d'espaces naturels n'est pas catastrophique, c'est sans aucun doute grâce à l'appui de la cohorte des agriculteurs volontaires. « En effet, nous ne sommes pas seuls sur les feux de récolte en Eure-et-Loir, relève le capitaine Julien Bourdon. Nous avons depuis longtemps un partenariat avec la chambre d'Agriculture. Nous faisons un travail préventif et curatif. Nous faisons passer des messages, le principal étant d'essayer de déchaumer en même temps que la moisson pour qu'un départ de feu ne se propage pas à une parcelle voisine. Le feu est limité en propagation grâce aux agriculteurs, il nous reste à prendre en charge l'extinction ».
Le colonel Bruno Hucher rappelle que le Sdis a aussi utilisé un outil de gestion pour appeler les agriculteurs sur les interventions : « C'est une première et ça ne se fait nulle part ailleurs en France ». Il ajoute : « Si l'été a été exceptionnel, la mobilisation a été exceptionnelle aussi et largement à la hauteur de l'enjeu ». Il souligne également l'engagement total des personnels administratifs, techniques et le rôle de la gendarmerie sur le terrain.
Ce bilan est aussi l'occasion d'entendre les retours d'expériences des sapeurs-pompiers qui sont partis sur le front des incendies en dehors du département et de distinguer des employeurs qui ont fait le geste de libérer leurs employés sapeurs-pompiers volontaires afin qu'ils puissent s'engager sur les différents fronts des incendies.
Enfin, dans son discours, le préfet d'Eure-et-Loir, Xavier Pelletier, revient sur les chiffres de cet été brûlant et reconnaît au Sdis son engagement, son anticipation, sa réactivité. « Vous avez tous répondu présent. Vous avez su tirer les leçons de 2019 et remodeler vos dispositifs pour qu'ils soient plus robustes, plus réactifs, mieux dimensionnés. Ce travail a porté ses fruits, reconnaît-il. Le partenariat noué avec le monde agricole est un point à souligner. Cette coopération opérationnelle est un atout majeur pour la lutte et nous ne pouvons, collectivement, que nous en réjouir. Du fond du cœur, nous sommes très fiers de vous ».
Fonds de dotation
Après avoir chaleureusement remercié toutes les équipes du Sdis, leurs familles et leurs employeurs, le président du Département, Christophe Le Dorven, relève que le Sdis connaît pour la troisième année un déficit structurel : « Nous ne tenons que par une subvention d'équilibre ». Or, pour soutenir le besoin d'innover des sapeurs-pompiers, compte tenu du coût du matériel et de son doute sur la mise en œuvre d'un nouveau pacte capacitaire, il annonce la création d'un fonds de dotation, une première en France. Celui-ci a été créé avec les trois chambres consulaires et une poignée d'entrepreneurs qui s'engagent à abonder ce fonds tous les ans pour pouvoir acheter du matériel. « Mais ce à quoi nous aspirons, c'est un nouveau mode de financement des Sdis. Peut-être que l'on pourrait mettre en place une taxe sur la sécurité civile qui pourrait contribuer à la financer. Il faut que ce soit visible et lisible des habitants qui ont besoin de clarté ».