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FDSEA Île-de-France
Une assemblée générale FDSEA résolument tournée vers demain

La FDSEA Île-de-France a tenu sa 77e assemblée générale le 17 mai à Palaiseau (Essonne). Retour sur une journée riche en échanges devant plus de 200 adhérents.

Trois ans que cela n'était pas arrivé. Mardi 17 mai, les adhérents de la FDSEA ont enfin pu de nouveau se retrouver pour une assemblée générale digne de ce nom. À l'EDF-Lab de Palaiseau (Essonne), ils ont été plus de deux cents adhérents à faire le déplacement pour assister à une journée rythmée, conviviale et particulièrement dense en échanges.

La matinée a débuté par un volet très statutaire avec la validation des comptes et le renouvellement des membres du conseil d'administration. Le président, Damien ­Greffin, a profité de l'occasion pour remercier trois administrateurs sortants pour leur engagement : Thierry Jean, Christophe Vincent et Frédéric Lefevre, et évoquer la trajectoire des trois prochaines années : « Je quitterai la présidence de la FDSEA en 2025 et je souhaite dès à présent mobiliser et former des élus qui seront prêts à prendre le relais dans trois ans. Dès notre conseil d'administration du 14 juin prochain, nous procéderons à l'élection d'un bureau élargi dans cet objectif ».

La suite de la matinée a permis à la salle d'échanger avec le secrétaire général de la FNSEA, Jérôme Despey, lors d'une table ronde avec le président de la FDSEA, Damien Greffin, et son secrétaire général, Damien Radet. Les adhérents présents ont notamment sommé la FNSEA de faire preuve de davantage de fermeté avec les politiques, pointé du doigt la mauvaise communication du national lors de la manifestation du 14 décembre devant le Conseil d'État et demandé le lancement de travaux sans tarder sur un certain nombre de problématiques, dont celle des dépôts sauvages.

Radio plaine, le retour

Après une pause déjeuner conviviale, les échanges ont repris l'après-midi sous la forme d'une nouvelle émission de Radio plaine, animée par l'ex-journaliste d'Europe 1 Pascal Berthelot. Celui-ci a d'abord accueilli sur le plateau Jérôme Despey et Damien Radet pour un débat animé « de SG à SG » autour de l'assurance climatique.

Le président de la chambre d'Agriculture de région Île-de-France, Christophe Hillairet, leur a succédé à l'antenne pour un point d'actualité sur la situation agricole en Ukraine faisant état d'importants problèmes de stockage et de logistique.

Apporter de l'expertise

S'est ensuivie une chronique de l'économiste Emmanuel Lechypre (lire encadré plus bas), puis une table ronde sur la place du politique et du scientifique dans les réalités agricoles. À la table aux côtés de Frédéric Arnoult, la sénatrice Sophie Primas, les conseillers régionaux Jean-Philippe Dugoin-Clément (UDI) et Ghislaine Senée (EELV), ainsi que la chercheuse de l'Inrae Cécile Detang et le médecin épidémiologiste Martin Blachier. Face aux nombreuses décisions incohérentes prises par le législateur et que le monde agricole subit — dont les néonicotinoïdes par exemple —, chacun a apporté son éclairage tandis que le public, à travers un système de messagerie instantané, pouvait poser des questions et réagir en direct aux échanges. « Aucun avis scientifique n'est impartial, a tranché Martin Blachier, très attendu par l'auditoire sur le sujet. Pour vous faire entendre, il va vous falloir travailler autant que j'ai travaillé. Crier plus fort que le voisin ne suffira pas, s'installer dans la complainte non plus. Il faut travailler et faire de l'expertise. Considérez que c'est un procès. Il vous faut arriver avec des faits tangibles, des calculs irréfutables que vous serez en mesure de présenter aux politiques qui, de base, n'ont pas de connaissances agricoles. Et là votre parole sera impactante ».

Choisir son camp et incarner le produit

Enfin, une dernière table ronde a réuni sur le plateau de Radio plaine, aux côtés d'Emmanuel Lechypre, le président du Min de Rungis, Stéphane Layani et deux agriculteurs franciliens, Stéphane Besnard et Pascal Dupré. Ensemble, ils ont évoqué le rapport entre les productions agricoles encouragées par la société et les actes d'achat. « Nous avons connu le choc de la demande auparavant, désormais nous sommes dans un choc de l'offre. Il faut changer de paradigme », a affirmé Stéphane Layani. Une position partagée par Emmanuel Lechypre qui a encouragé les agriculteurs à « choisir leur camp et leur clientèle ». « La palette de besoins à satisfaire est énorme. Le marché sera assez grand pour tout le monde et quoi que vous décidiez. Choisissez votre camp et incarnez votre produit, racontez une histoire, les gens veulent du sens ».

Optimisme et combativité

Enfin, l'assemblée générale s'est achevée par le rapport moral de Damien Greffin. Le président de la FDSEA a dressé l'enjeu majeur de ces prochains mois : « L'alimentation est devenue une arme dans ce monde et surtout pour notre génération qui n'a jamais manqué de rien. Je suis convaincu et attaché à notre capacité à produire pour tous les budgets car la préoccupation des consommateurs vis-à-vis de l'inflation doit être prise en compte. Nous avons une chance phénoménale d'être aux portes d'un bassin de consommateurs de plus de douze millions de personnes. Nous avons des raisons d'espérer mais ce fossé entre les urbains et les ruraux doit urgemment être pris en compte au risque véritable que l'agriculture telle que nous la connaissons aujourd'hui disparaisse purement et simplement. Nous devons porter une nouvelle vision, retrouver la confiance, une économie et une balance commerciale digne de ce nom. Ainsi l'agriculture redeviendra attrayante pour nos enfants ».

« Martine à la ferme, c'est fini »

Au cours de l'après-midi, Radio plaine a accueilli l'économiste Emmanuel Lechypre qui a proposé un décryptage de l'actualité qui a retenu toute l'attention de la salle : « Nous évoluons dans une société obsédée par les avis émis par une minorité bruyante tandis que nous n'entendons pas la majorité silencieuse. Les agriculteurs se sentent mal-aimés, c'est faux, mais il n'est pas facile de ne pas se laisser décourager dans ce contexte. Les Français vivent dans la peur depuis deux ans. D'abord, il y a eu cette pandémie de Covid et désormais la guerre en Ukraine. Ils vivent un véritable traumatisme psychologique car ils ont découvert que la science ne les protégeait pas de la survenue d'une épidemie et qu'ils n'étaient pas à l'abri du manque de nourriture, ce sont les pires fléaux qui ressurgissent devant eux. Nous vivions dans un monde d'enfants gâtés où la préoccupation était la qualité plus que la quantité. Aujourd'hui, avec la peur de manquer, ce prisme a disparu et même la commission européenne change sa vision des choses et modifie ses priorités en sollicitant des outils pour permettre de relancer la production. Martine à la ferme, c'est fini ».

Voir aussi Retour en images sur l'AG 2022.

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