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La CGB Centre-Val de Loire défend la betterave sur tous les fronts

Mercredi 10 juin, à Charmont-en-Beauce (Loiret), Alexandre Pelé, président de la CGB Centre-Val de Loire, a présidé une assemblée générale dense, très orientée sur les enjeux techniques et politiques de la filière betteravière.

Réunie mercredi 10 juin à la salle polyvalente de Charmont-en-Beauce (Loiret), l’assemblée générale de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) Centre-Val de Loire, présidée par Alexandre Pelé, a dressé le bilan d’une filière toujours importante dans la région, mais fragilisée par la jaunisse, la baisse des surfaces et l’incertitude réglementaire. Les débats ont aussi porté sur les moyens de production et sur le combat législatif engagé autour de l’acétamipride et du flupyradifurone.

23 252 hectares de betteraves en 2025

En région, la betterave reste structurante. En 2025, le Centre-Val de Loire comptait 23 252 hectares de betteraves, autour de trois usines : Artenay pour Tereos, Corbeilles-en-Gâtinais et Pithiviers pour Cristal Union. Le Loiret demeure le premier bassin régional, avec 14 201 hectares et 732 planteurs. Derrière ces chiffres, la tendance reste toutefois fragile. Les surfaces ont fortement reculé depuis 2017, sous l’effet cumulé de l’effondrement du cours du sucre, des épisodes de jaunisse, des aléas climatiques et des incertitudes réglementaires. Le nombre d’exploitations betteravières a lui aussi baissé. Pour la CGB, ces évolutions traduisent une difficulté de plus en plus nette à maintenir la culture dans les assolements.

Une campagne correcte, mais sous pression

La campagne 2025 a apporté un peu d’air, avec des rendements proches du niveau record de 2017. La CGB a présenté un rendement racine de 82 t/ha, une richesse de 18,1 et un rendement à 16 ° de 95 t/ha. Mais cette moyenne masque de fortes différences entre secteurs et entre exploitations.

Le sujet de la jaunisse reste au cœur des inquiétudes. Les données présentées par l’Institut technique de la betterave (ITB) montrent une pression importante des pucerons verts ailés en 2026, avec une année jugée comparable à 2020, et un pic observé entre le 20 avril et le 8 mai. Dès la première observation, 34 % des parcelles étaient au seuil. La protection a nécessité plusieurs passages, parfois sous dérogation, avec Teppeki, Movento et Verseon. Pour la CGB, ce niveau d’intervention confirme l’urgence de sécuriser les moyens de protection.

Les moyens de production en débat

Cette question a largement nourri l’intervention de Franck Sander, président de la CGB. Revenant sur le parcours législatif de l’an dernier, il a rappelé que la filière avait réussi à faire voter un texte à l’Assemblée nationale et au Sénat, avant la censure du Conseil constitutionnel. Selon lui, le combat reste légitime dans un marché européen où les concurrents disposent encore de solutions interdites ou très contraintes en France. Il a aussi déplacé le débat de la souveraineté vers la sécurité alimentaire. Pour la CGB, le pays ne pourra pas maintenir ses filières sans réponses concrètes sur la simplification, les moyens de production, l’énergie, le transport ou l’accompagnement des investissements. Le projet de loi d’urgence agricole et la proposition de loi Duplomb 2 sont donc suivis de près, avec un objectif clair pour les betteraviers : obtenir l’autorisation de l’acétamipride et du flupyradifurone.

Deux interventions très suivies

L’assemblée générale s’est également prolongée par deux interventions particulièrement intéressantes pour les participants. Séverine Jeanneau, de Corteva Agriscience, a détaillé le parcours d’un produit de protection des plantes, depuis la recherche jusqu’à l’homologation. Hervé Le Prince, de Newsens, est ensuite intervenu sur la contestation alimentaire, qu’il a décrite comme un phénomène mêlant radicalisation, politisation et judiciarisation, avec des conséquences directes sur la capacité à produire en France.

Entre bilan régional, pression sanitaire et incertitude politique, cette AG a donc confirmé une chose : la betterave reste présente en Centre-Val de Loire, mais son maintien dépendra autant des résultats au champ que des décisions prises à Paris et à Bruxelles.

Voir aussi La CGB CVL tire la sonnette d’alarme

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