Viticulture
La période de taille des vignes bientôt terminée pour Florent Jumert à Villiers-sur-Loir
La période de taille des vignes bat son plein depuis début janvier au sein des 12 hectares de vignes des Caves Jumert. Florent Jumert, gérant du vignoble, témoigne de cette période intense.
La période de taille des vignes bat son plein depuis début janvier au sein des 12 hectares de vignes des Caves Jumert. Florent Jumert, gérant du vignoble, témoigne de cette période intense.
Sécateur électrique à la main, Florent Jumert n’a pas une minute à perdre en ce mardi matin du 17 février. Tout comme son saisonnier Isaac, qui vient tailler les vignes depuis près de seize ans, Florent Jumert maîtrise parfaitement la taille. Pour eux, elle n’a plus aucun secret.
« On est présents dès le lever du jour jusqu’à la tombée de la nuit. Pendant cette période, j’embauche quatre saisonniers », assure Florent Jumert, gérant des Caves Jumert à Villiers-sur-Loir. Il faut dire que le temps n’a pas épargné les tailleurs cette année. Entre un mois de janvier glacial, avec des températures négatives atteignant à certains moments les - 7 °C et un mois de février pluvieux, il a fallu faire des ajustements sur le planning. « Quand il fait trop froid, ce n’est pas bon pour les vignes mais pas non plus pour les tailleurs, alors souvent on taille seulement le matin », sourit le viticulteur.
Un démarrage début janvier
Avec un démarrage dès le 6 janvier et une fin qui devrait arriver fin février, la période de taille est identique aux dates de l’année passée pour les douze hectares du vignoble de Villiers-sur-Loir. « Avant, il m’arrivait de commencer dès novembre mais le problème, c’est que les vignes ont tendance à repousser trop rapidement. Pour éviter le gel, je préfère commencer plus tard », assure Florent Jumert.
En une dizaine d’années depuis son installation, le vigneron a connu à au moins quatre reprises le gel sur ses vignes, ce qui le rend plus que précautionneux sur ce sujet : « Je serai rassuré à partir du 15 avril si je vois que les vignes n’ont pas trop poussé. J’espère un climat de mars frais et pas trop humide ».
Ce matin-là, c’est un autre problème dont fait état Florent Jumert durant sa taille. « L’esca, c’est quelque chose ! Voilà encore des ceps touchés. C’est pendant la taille qu’on constate les ceps morts », regrette le viticulteur. L’esca est une maladie du bois de la vigne qui touche directement le tronc et les bras du cep. Elle impacte principalement des vignes âgées de 20 à 30 ans, pourtant souvent productives.
Outre ces mauvaises nouvelles, la période de taille des vignes reste avant tout un moment de convivialité pour les tailleurs.
Une période importante
Le nez toujours baissé dans les ceps de vigne, la taille est l’une des périodes les plus importantes pour le millésime à venir. C’est aussi l’un des travaux les plus difficiles et techniques. « C’est vrai que c’est technique, mais il faut apprendre. Avant de courir, on a bien appris à marcher, non ? J’aime ces moments-là : on est à l’air libre et puis on s’entend bien, alors ça passe vite », sourit Isaac.
Pour les douze hectares de vignes, une seule méthode de taille prévaut : la taille Guyot mixte. Elle associe sur un même cep un courson court et une baguette plus longue. Elle permet d’ajuster la charge en raisins selon la vigueur de la vigne, tout en sécurisant la production et en préservant la longévité du cep.
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Aux Caves Jumert, la période de taille commence toujours par les grandes surfaces pour se terminer sur les cépages de chardonnay, plus précoces. « Il ne nous reste plus que deux hectares à tailler, donc on peut dire que c’est bientôt la fin », sourit Florent Jumert, avant qu’Isaac ne renchérisse : « Et voilà, déjà bientôt la fin, on ne chôme pas, nous ».
Alors que la période de taille des vignes se termine, d’autres travaux arrivent, notamment l’ébourgeonnage, puis en juin, ce sera le palissage.