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L’éducation à l’alimentation au cœur des débats au Sia

Au Salon de l’agriculture le 23 février, Open Agrifood a organisé une table ronde pour débattre d'un enseignement obligatoire du « bien manger » à l’école primaire, en lien avec une proposition de loi examinée à l’Assemblée nationale.

Lundi 23 février, au Salon de l’agriculture. Open Agrifood a organisé une table ronde autour de l’éducation à l’alimentation, avec la députée Olivia Grégoire (au c.).
Lundi 23 février, au Salon de l’agriculture. Open Agrifood a organisé une table ronde autour de l’éducation à l’alimentation, avec la députée Olivia Grégoire (au c.).
© F.J. - Horizons

Animée par Florence Dupraz, directrice d’Open Agrifood, une table ronde, organisée lundi 23 février lors du Salon international de l’agriculture à Paris, a réuni la députée du Loiret Olivia Grégoire, le directeur de Martin-Pouret, Paul-Olivier Claudepierre, et des représentants de la ville d’Amilly (Loiret) autour d’un enjeu commun : faire du « bien manger » un apprentissage structuré dès l’école primaire.

Le débat s’inscrivait dans l’actualité parlementaire. En effet, le 16 février, la proposition de loi déposée par Olivia Grégoire visant à instaurer, à titre expérimental, un enseignement obligatoire d’éducation à l’alimentation à l’école primaire a été examinée en séance publique.

Une « croisade » née de l’inflation

Invitée à revenir sur son engagement, la députée a expliqué les raisons de son initiative. « Je me suis engagée dans cette croisade pour plusieurs raisons », a-t-elle déclaré. Premier déclencheur, la flambée des prix alimentaires en 2022 : « On avait une inflation qui dépassait les 10 %. Les familles les plus modestes sont aussi les plus consommatrices de produits ultra-transformés. Ce sont ceux dont l’inflation a été la plus forte ». Elle évoque une « double peine » : des produits mauvais pour la santé et coûteux dans un contexte d’hyperinflation.

Elle souligne également la dimension éducative : « J’ai eu la chance d’être élevée par ma grand-mère bretonne. Tous les enfants n’ont pas cette éducation-là ». Un échange avec une enseignante l’amène alors à évoquer les anciens cours d’économie domestique, déclenchant une polémique médiatique qu’elle juge disproportionnée. « Les bras m’en sont tombés », confie-t-elle.

Autre élément déclencheur, la découverte d’acteurs déjà mobilisés sur le terrain : « Il y a des centaines de personnes qui se battent pour entrer dans les écoles et apprendre aux plus jeunes la diversité formidable de nos produits bruts ». Elle a d'ailleurs salué le travail mené par des structures engagées depuis des années, dont Open Agrifood. À l’Assemblée nationale, le texte a suscité un large consensus. « Pour une fois, tous les côtés de l’Hémicycle étaient d’accord », souligne la députée.

Amilly, un engagement de longue date

Sur le terrain, certaines collectivités n’ont pas attendu le débat parlementaire pour agir. C’est le cas d’Amilly, représentée lors de la table ronde par son adjointe à l’éducation. La commune de 14 000 habitants, en croissance démographique, s’est engagée « depuis de très nombreuses années » dans une politique volontariste en matière de nutrition. « C’est un enjeu de santé publique mais aussi de citoyenneté responsable », rappelle l’élue. La Ville a fait le choix d’une cuisine centrale municipale afin de maîtriser la qualité des repas servis. Chaque jour, près de 1 200 repas sont confectionnés par des cuisiniers et agents de restauration pour les 1 500 élèves. Cet engagement a valu à la commune une reconnaissance de l’Unicef. Amilly a également rejoint la dynamique portée par Open Agrifood sur l’éducation à l’alimentation.

Le rôle de l’industrie agroalimentaire

Paul-Olivier Claudepierre est intervenu à double titre, dirigeant de Martin-Pouret et président de l’Association régionale des entreprises agroalimentaires (Area). Il rappelle que la question alimentaire ne se limite pas aux inégalités sociales : « Il y a évidemment un enjeu d’inégalités, mais pas seulement ». La structuration des filières et la logistique agroalimentaire influent aussi sur l’accès à une alimentation de qualité. À la tête de Martin-Pouret, entreprise orléanaise spécialisée dans le vinaigre et les moutardes, il revendique un ancrage territorial fort : « Nous travaillons majoritairement avec des produits français, avec une méthode qui reste artisanale malgré le développement de l’entreprise ».

En tant que président de l’Area, il défend une industrie responsable : « L’une de nos missions est d’encourager nos adhérents à proposer une alimentation de plus en plus saine ». Il évoque notamment la démarche de « clean label », visant à réduire les listes d’ingrédients et à proposer des compositions plus lisibles. Soutenant l’éducation au bien manger, il rappelle toutefois que l’industrie a aussi un rôle à jouer : « Tout le monde n’a pas le temps de cuisiner, tout le monde n’a pas un jardin. Il faut parfois l’aide de l’industrie pour nourrir correctement un certain nombre de personnes ».

Il pose aussi la question de la souveraineté alimentaire et du développement de filières régionales. L’éducation à l’alimentation, selon lui, ne peut être dissociée d’une réflexion sur l’ancrage territorial et la structuration des productions locales.

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