Aller au contenu principal

Diversification
Les Graines de mon village d’Ocquerre

Une graineterie, telle est la diversification développée par Hervé et Bruno Gautier, polyculteurs à Ocquerre (Seine-et-Marne).

Ocquerre, jeudi 28 janvier. Bruno et Hervé Gautier dans le hangar dédié au stockage d'une partie des graines (dix silos) et à la réalisation des mélanges.

 

Un vaste hangar accueille depuis novembre dernier une nouvelle activité à Ocquerre : une ­graineterie. À sa tête, deux frères exploitants agricoles dans la commune : Bruno et Hervé Gautier.

« Ce projet, nous l’avions en tête depuis une dizaine d’années mais nous l’avions mis de côté par manque de place », explique le duo, qui a profité d’un site disponible non loin de leur exploitation pour développer cette diversification originale.

Sur leur exploitation, l’assolement est atypique : aux cultures classiques du bassin parisien (blé, colza, tournesol, betteraves, féveroles), s’ajoutent des productions peu développées dans le secteur (les pois verts, jaunes, le sorgho grain, le millet, l’avoine, le seigle, le sarrasin, le maïs pop-corn destiné à la colombophilie…).

« Nous travaillons pour des marchés de niche destinées à l’oisellerie. Les graines partent en Belgique et reviennent conditionnées en sachets en France. On s’est alors dit pourquoi ne pas le faire nous-mêmes, raconte Hervé Gautier. Notre but est de répondre à une demande, en prônant le local non-OGM, d’où le nom : Les Graines de mon village ».

Graines 2
Une identité visuelle qui attire l’oeil.

L’assolement est d’ailleurs appelé à s’étoffer, même s’il ne sera jamais possible de cultiver l’ensemble des graines nécessaires à certaines formulations destinées à des espèces spécifiques. De nouvelles productions font leur apparition dès cette année comme le lin, le tournesol strié…

« La principale difficulté réside dans le désherbage car il ne faut pas se tromper et peu de références techniques existent sur certaines cultures, à l’instar de l’alpiste originaire du Canada ».

Pourtant, il leur faut proposer une gamme avec l’éventail le plus large possible. En cas de besoin, les exploitants essaient donc de trouver les graines au plus près et surtout en France. Pour élaborer les rations, ils ont travaillé avec Agro 01 qui a réalisé les formulations en fonction des graines produites et pour toutes les espèces (moutons, lapins, volailles, oiseaux).

Par exemple, une dizaine de mélanges existent rien que pour les animaux de la basse-cour.

D’autres formules, en fonction de la demande, pourront être développées par la suite. On leur a déjà demandé des mélanges pour gibier et canard.

Le hangar comporte quatre parties, chacune étant dévolue à une activité : vente, stockage, préparation des rations et ensachage. Broyeur, mélangeur, ensacheuse et stockage nécessitent un espace important, notamment pour gagner du temps lors de la manutention en circulant facilement et avec une traçabilité complète.

Graines 3
Sac, seaux et vrac sont proposés dans le magasin

Le site est équipé d’un système de tuyaux à air pulsé qui permet le transport des graines vers les différents stockages.

La vente s’effectue en vrac, pour les produits les plus demandés, en sac et en seau au sein du magasin ouvert trois demi-journées par semaine (mercredi et vendredi de 14 heures à 19 heures et le samedi matin de 9 heures à midi). Des graines simples sont également commercialisées.

Afin de compléter la gamme et proposer l’ensemble de l’alimentation des animaux domestiques, paille, foin, paillis de chanvre, copeaux de bois, anas de lin, croquettes pour chiens et chats sont proposés.

À ce jour, le marché le plus important reste l’alimentation des volailles. Blé, brisures de maïs sont les incontournables mais bien souvent la clientèle préfère le mélange tout fait.

Les clients, qui viennent d’un rayon de 20 km autour de l’exploitation, sauf les propriétaires d’espèces particulières comme les colombophiles qui sont capable de faire une heure et demie de route, apprécient le fait de venir directement chez le producteur. De plus, avec la vente en vrac, Bruno et Hervé Gautier touchent également un public sensible à l’environnement.

Et afin de mettre en exergue la notion de produit fermier et de se faire connaître, ils ont choisi d’intégrer le réseau Bienvenue à la ferme.

Les plus lus

En Seine-et-Marne, le coup d'envoi de la moisson 2021 a été donné début juillet. Cette récolte, débutée tardivement, se déroule par intermittence en raison des nombreux épisodes pluvieux qui surviennent régulièrement depuis deux semaines.
En Île-de-France, la moisson tarde à s'enclencher
Manque d'ensoleillement, excès d'eau…, la moisson francilienne tarde à débuter. Les toutes premières récoltes ont eu lieu la…
Banderole "Grâce aux agriculteurs, des fleurs pour nos abeilles" au bord d'une jachère fleurie en Seine-et-Marne..
« Grâce aux agriculteurs, des fleurs pour nos abeilles »
Des exploitants agricoles de Seine-et-Marne affichent des banderoles près de leurs jachères fleuries.
Le 22 juillet, à Saulnières. Maxime Vecten est ravi de sa toute nouvelle ­moissonneuse-batteuse Case IH Axial Flow 9250.
La récolte avec une géante : l'Axial Flow 9250 de Case IH
La société Duret vient de livrer une moissonneuse-batteuse Case IH Axial Flow 9250. Petit tour aux côtés de son heureux…
Lorsqu'elle est pleine, la ­moissonneuse-batteuse peut peser jusqu'à 30 tonnes : la désembourber s'avère alors très compliqué.
Moissons : les agriculteurs s’embourbent dans le retard
Dans le Loiret, les premiers agriculteurs ont timidement commencé à récolter la semaine dernière mais la météo pluvieuse ne…
Les Yvelines, l'Essonne et le Val-d'Oise sont désormais dotés d'une convention Feux de chaume qui lie pompiers et agriculteurs.
Feux de chaume : agriculteurs et pompiers main dans la main
À l'aube de la moisson 2021, les Yvelines, l'Essonne et le Val-d'Oise sont désormais dotés d'une convention Feux de chaume signée…
Alexandre Pelé est le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves Centre-Val de Loire.
Quelles perspectives d’avenir pour la filière betteravière ?
Après l’annonce de Cristal Union d’un prix de la betterave à 30 euros/tonne, Alexandre Pelé, président de la Confédération…
Publicité