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Vitiviniculture
Les vins No Low : l’avenir de la consommation viticole ?

Les rendez-vous Techniloire se sont penchés sur une nouvelle tendance en plein essor : les vins « No Low ». À Saumur, le 15 novembre dernier, des experts ont analysé ce nouveau marché.

Vendredi 15 novembre, à Saumur (Maine-et-Loire). Lors d'un rendez-vous technique, l'interprofession viticole Interloire a présenté le marché des vins No Low (No alcohol ou Low alcohol) et ses aspects réglementaires.
Vendredi 15 novembre, à Saumur (Maine-et-Loire). Lors d'un rendez-vous technique, l'interprofession viticole Interloire a présenté le marché des vins No Low (No alcohol ou Low alcohol) et ses aspects réglementaires.
© L.B. - Horizons

Le 15 novembre dernier, le cinéma Grand Palace de Saumur (Maine-et-Loire) a accueilli les rendez-vous Techniloire. Cet événement a rassemblé les professionnels du monde viticole. L'objectif principal était de décrypter la montée en puissance des vins No Low (pour No alcohol soit désalcoolisés et Low alcohol pour ceux partiellement désalcoolisés) et d'aider les acteurs de la filière à mieux comprendre les attentes des consommateurs face à une consommation d'alcool et donc de vin en recul.

16 % des ventes No Low pour le vin

Fanny Gautier et Marie Gasnier, respectivement responsable économique et directrice de la prospective chez Interloire, ont dressé un panorama des évolutions du marché. En France comme à l'international, la consommation de vin devient plus occasionnelle, notamment chez les moins de 35 ans. Un quart des adultes de cette tranche d'âge ne boit plus d'alcool. Associé à une image vieillissante, le vin peine à séduire la génération Z, qui privilégie des moments de convivialité où les notions de fraîcheur et de fruité dominent. Malgré une popularité croissante des boissons No Low, le vin reste loin derrière la bière, qui domine ce segment avec 67 % du marché. Seulement 16 % des ventes No Low concernent le vin, malgré un intérêt croissant des consommateurs pour modérer leur consommation d'alcool. Toutefois, des obstacles persistent : le goût est souvent jugé insatisfaisant, les prix perçus comme trop élevés, et la consommation se fait principalement hors domicile.

En France, l'offre No Low pour les vins reste diversifiée, mais difficilement lisible pour les consommateurs. Les étiquettes qui évoquent les cépages perdent le consommateur qui ne sait plus réellement s’il consomme du vin ou du vin désalcoolisé. Pour séduire une clientèle plus large, les professionnels devront simplifier leur communication et améliorer le packaging. Selon les projections, les vins partiellement ­désalcoolisés pourraient enregistrer une croissance de 20 % d'ici à 2030, tandis que les vins désalcoolisés ne progresseraient que de 9 %.

Une réglementation qui va évoluer

L'évolution du cadre réglementaire est au cœur des enjeux. Actuellement, selon la définition de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), un vin doit contenir au moins 8,5 degrés d'alcool. Cela exclut les No Low du terme « vin », mais l'Union européenne envisage des assouplissements, laissant aux appellations le choix d'intégrer ces produits à leurs cahiers des charges. « Ce sont désormais aux appellations de choisir », affirme Matthieu Dubernet. Au-delà de la réglementation, les défis techniques sont nombreux. La désalcoolisation nécessite des prestataires spécialisés, encore rares en France. Avec des volumes minimum imposés par certains prestataires de 250 hectolitres (soit 30 000 bouteilles), les risques financiers sont élevés pour les viticulteurs qui souhaiteraient se lancer sur ce marché encore fragile. « Il faut avoir bien travaillé ses marchés avant de se lancer, c'est un gros risque avec des volumes aussi importants. Cela met clairement un frein au démarrage », assure Frédéric Charrier, chef de projet IFV CVL (Institut français de la vigne et du vin Centre-Val de Loire).

Les différents experts qui se sont succédé à Saumur le 15 novembre dernier ont tous reconnu que ce nouveau marché des vins No Low est prometteur à condition de « tout mettre en œuvre pour y arriver, que ce soit au niveau de la communication, du cadre réglementaire, mais aussi des moyens techniques », ont affirmé d’une seule voix Matthieu Dubernet et Frédéric Charrier.

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