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FDSEA 77
Loi d'urgence agricole, un premier signal positif

Une table ronde organisée lors de l'assemblée générale de la FDSEA 77, réunissant le sénateur Laurent Duplomb et le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a permis de donner une vision d'avenir aux adhérents.

Nemours, mardi 2 juin. De g. à d. : Pascal Verrièle, Laurent Duplomb et Arnaud Rousseau.
Nemours, mardi 2 juin. De g. à d. : Pascal Verrièle, Laurent Duplomb et Arnaud Rousseau.

Existe-t-il encore une place pour l’agriculture en France et en Europe ? Cette question était au cœur de la table ronde de l’assemblée générale de la FDSEA 77, le 2 juin à Nemours. Animée par le secrétaire général de la FDSEA 77, Pascal Verrièle, cette table ronde avait pour protagonistes le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, et le sénateur de Haute-Loire, Laurent Duplomb.

Déclin et déséquilibres commerciaux

« La France produit de moins en moins en raison d’un problème de rémunération et importe des produits de qualité inférieure à nos standards », a noté d’emblée Arnaud Rousseau, qui a évoqué les trois axes de la loi d’urgence agricole (eau, prédation et moyens de production), qui était votée en première lecture à l’Assemblée nationale au même moment. « Si cette loi manque d’ambition et a besoin d’être retravaillée au Sénat, ce vote des députés est un premier signal positif pour les agriculteurs », a-t-il souligné à l'évocation des résultats du vote.

« La société veut une agriculture familiale. Où peut-elle la trouver ailleurs qu’en France ? », a interrogé le sénateur Laurent Duplomb, à l’origine de la loi du même nom, qui, malgré la focalisation sur l’acétamipride, a permis des avancées dans un pays où l’agriculture régresse. En vingt ans, l’Europe des 15 à 27 est passée d’une balance agroalimentaire négative à un excédent de plus de 50 milliards d’euros. L’Europe est le deuxième territoire le plus excédentaire du monde, derrière le Brésil. Dans le même temps, la France évolue de manière inverse : de 12 milliards d’excédent à un déficit de 355 millions d’euros fin 2025, déficit limité par les exportations de vins et spiritueux.

Voir aussi Samuel Vandaele : « Remettre l'acte de production au cœur du projet politique »

Normes, concurrence et choix politiques en débat

« Notre pays décline pour deux causes. Tout d'abord, le principe dogmatique de l’écologie s'ajoute aux contraintes. On crée une sorte de concurrence déloyale dans notre propre pays. Le coût des normes sur le PIB est estimé à 4 % en France, contre moins de 1 % en Allemagne », a-t-il ajouté, appelant à sortir « de ce prisme écologique insupportable ». Le sénateur relève d’ailleurs « qu’on se fait enfermer dans un vocable qui oppose les modèles. Le principe de faire peur en opposant les modes de production est un moyen de faire de l’anticapitalisme. On éloigne les gens de la réalité ».

Certaines vérités doivent être rétablies selon le sénateur : « À l’instar des volailles dont 50 % du volume consommé en Restauration hors foyer (RHF) est importé. Tout comme nos relations avec les pays voisins que sont l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, à qui nous achetons des denrées alimentaires bien plus qu’on en exporte ».

Concernant la seconde cause du déclin agricole français, il explique : « On nous a fait croire que la montée en gamme allait régler la problématique du revenu agricole, sans se soucier de la production alimentaire quotidienne. C’est une hérésie. À chaque fois que nous laissons entrer des denrées, d’abord de l’entrée de gamme et du moyenne gamme, ceux qui nous concurrencent finissent par faire du haut de gamme ».

Concernant les contraintes, la surtransposition et la concurrence déloyale, le sénateur souligne : « Si la loi d’orientation agricole a enlevé quelques poids sur l'agriculture — cas des règles sur les installations classées par exemple — à travers la loi Duplomb et la loi d’urgence agricole, je souhaite vous redonner espoir avec des parlementaires volontaires ».

« Arrêter de critiquer et dénigrer l’agriculture »

Toutefois, Arnaud Rousseau relativise face « aux écueils qui attendent cette loi » et insiste : « Dans un marché unique, nous devons avoir les mêmes règles que nos voisins européens. Et pour avoir un bon bilan carbone, il est nécessaire de produire. Quant aux importations, elles se font souvent avec un produit interdit. Savez-vous par exemple qu'un des produits les plus vendus dans les supermarchés, la pâte à tartiner, est composée à 88 % de matières premières importées ? ».

« Le principe de précaution est dévoyé. Le principe d'innovation est rejeté, ajoute-t-il. Là où la mutagénèse nous permettrait de produire mieux, les impasses nous envoient dans le mur ».

Ce débat a aussi été l’occasion d’évoquer des sujets plus larges ainsi que les prochaines échéances électorales et l'annonce de rencontres avec tous les candidats. La FNSEA demande un plan massif pour l'agriculture et l'agroalimentaire français.

« Ne lâchez rien. On a été trop loin. Il faut faire prendre conscience que les agriculteurs qui nourrissent notre pays sont une chance. Les Français arbitrent sur l’alimentation. L’agriculture est un exemple historique réel de notre territoire. Il faut la chérir et arrêter de la critiquer et de la dénigrer », conclut le sénateur de Haute-Loire, par ailleurs agriculteur.

Voir aussi FDSEA 77 : une AG au cœur de l'actualité 📹

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