Caprin
Matinée caprine : Claire Charrier, nouvelle installée aux idées novatrices
Le Conseil élevage lait de Loir-et-Cher, en partenariat avec la chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher, organisait une matinée caprine jeudi 12 février à la ferme de Malabry, créée récemment par Claire Charrier.
Le Conseil élevage lait de Loir-et-Cher, en partenariat avec la chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher, organisait une matinée caprine jeudi 12 février à la ferme de Malabry, créée récemment par Claire Charrier.
Pour cette nouvelle année, le Conseil élevage lait de Loir-et-Cher (SCEL 41) et la chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher avaient décidé d’organiser leur matinée caprine à la ferme de Malabry, élevage caprin créé et lancé récemment par Claire Charrier. L’opportunité, ce jeudi 12 février à Cormeray, d’évoquer une installation réussie auprès de la vingtaine d’éleveurs présents et de rassurer toutes les personnes souhaitant se lancer. « Pas besoin d’être jeune pour s’installer, il faut surtout être passionné, c’est le plus important », a tenu à souligner Claire Charrier, gérante de la ferme de Malabry.
Un cheptel actuel de 110 chèvres
À la tête d’un troupeau de 110 chèvres saanen, Claire Charrier vise un cheptel de 250 chèvres d’ici quelques années. L’installation était pour elle un projet de longue date. Déjà en 2017 elle avait tenté de s’installer en élevage bovin laitier, sans succès. C’est grâce à la rencontre de son compagnon, fils d’agriculteur, qu’elle décide de relancer son projet, alors à l’arrêt. Dès la fin d’année 2021, elle prend rendez-vous avec le Point accueil installation de la chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher et se lance pleinement. Son projet aboutira en mai 2024 avec l’arrivée de 120 chevrettes saanen, avant même l’obtention de son accord bancaire. « J’ai pris un risque et je l’assume. J’avais besoin d’aller vite et de ne pas forcément attendre l’accord bancaire. Puis l’accord est arrivé et la construction de la chèvrerie a commencé. J’ai pu déménager mes chèvres en mai 2025, pendant les mises-bas. Je remercie mes chèvres car il n’y a eu aucun incident malgré le déménagement », explique-t-elle.
Des idées novatrices
Aujourd’hui, les projets ne manquent pas. L’éleveuse souhaite prochainement mettre en place un pâturage tournant. « Le pâturage aurait dû être mis en place cette année mais finalement ce ne sera que l’année prochaine, le temps de stabiliser le troupeau. Je dois préparer les clôtures avant », assure Claire Charrier. Le souhait de faire pâturer ses chèvres a suscité des questionnements au sein de l’assistance. « C’est un projet qui s’inscrit dans le temps long et qu’il va falloir bien planifier. » Claire Charrier envisage également un projet photovoltaïque avec autoconsommation collective, permettant au territoire local de profiter de l’électricité produite. « C’est encore un projet sur le long terme. Mais j’ai envie de produire une électricité qui puisse bénéficier aux commerces ou aux habitations proches », précise-t-elle. Avec l’objectif de faire visiter sa chèvrerie l’été au grand public et d’expliquer son métier, notamment aux jeunes, l’éleveuse réfléchit à désaisonner son cheptel afin de concilier activité agrotouristique estivale et élevage. « Désaisonner mon cheptel ne posera pas forcément de difficulté avec le pâturage car, avec le réchauffement climatique, on remarque que l’automne est de plus en plus propice à la pousse de l’herbe », explique-t-elle.
La matinée caprine s’est poursuivie avec la présentation des résultats techniques de l’année 2025 des adhérents de SCEL41 par Jennifer Clergeau, conseillère caprine, puis une présentation d’un projet sur l’adaptation des bâtiments au changement climatique.
2025 : les chiffres techniques caprins
Lors de la matinée caprine organisée par le Conseil élevage lait de Loir-et-Cher, en partenariat avec la chambre d’Agriculture, Jennifer Clergeau, conseillère caprine au sein de la Chambre, a présenté les chiffres 2025 concernant les éleveurs caprins du département adhérents au SCEL41. Le Conseil élevage lait comptait 27 adhérents caprins en 2025, dont dix laitiers et 17 fromagers, un chiffre stable.
Une production en légère hausse
Concernant la production laitière, elle s’élève à 814 kilos de lait brut par chèvre en 299 jours de lactation, soit une augmentation de 17 kg par chèvre par rapport à l’année précédente. « Il y a eu une chute de production en 2024 par rapport à 2023, notamment due à des fourrages de moins bonne qualité », a expliqué Jennifer Clergeau. Même si la production est remontée cette année, elle n’est pas encore revenue au niveau de 2023. Toutefois, avec des fourrages de qualité et en quantité en 2025, « il y a de bonnes raisons d’espérer une belle production pour 2026 ».
505 jours d’âge à la première mise bas
Autre chiffre présenté : l’augmentation de l’âge à la première mise bas de plus de 30 jours entre 2024 et 2025, dépassant pour la première fois les 500 jours (505 jours). « Il est important de rester vigilant sur ce chiffre. Est-ce une situation choisie ou subie ? Il faut aussi voir les coûts que cela peut engendrer en termes d’élevage des chevrettes. » Dans le même temps, le pourcentage des lactations longues semble se stabiliser depuis 2022 autour de 25 à 30 % en moyenne, après avoir fortement augmenté entre 2017 et 2022. « La lactation longue est un vrai choix stratégique de production et d’équilibre du temps de travail », a souligné la conseillère caprine. En parallèle, l’âge moyen des troupeaux a augmenté de 0,6 an en 2025, atteignant 4,2 ans, ce qui répond aussi à une demande sociétale. Concernant les effectifs, les chiffres sont stables depuis 2019, avec autour de 200 chèvres par élevage.