Syndicalisme
En assemblée générale, la FNSEA 45 tire la sonnette d’alarme
Réunis jeudi 5 mars à Bellegarde pour leur assemblée générale, les adhérents de la FNSEA du Loiret ont évoqué les mobilisations agricoles de 2025, les inquiétudes qui demeurent pour les exploitations et les enjeux de compétitivité de l’agriculture française. La rencontre a également été marquée par l’intervention du sénateur Laurent Duplomb.
Réunis jeudi 5 mars à Bellegarde pour leur assemblée générale, les adhérents de la FNSEA du Loiret ont évoqué les mobilisations agricoles de 2025, les inquiétudes qui demeurent pour les exploitations et les enjeux de compétitivité de l’agriculture française. La rencontre a également été marquée par l’intervention du sénateur Laurent Duplomb.
L’assemblée générale de la FNSEA du Loiret s’est tenue jeudi 5 mars à Bellegarde devant de nombreux agriculteurs et responsables professionnels. En ouverture de la réunion, le président de la fédération départementale, Sébastien Méry, est revenu sur les mobilisations agricoles qui ont marqué l’année 2025. Il a salué l’engagement des réseaux FNSEA et Jeunes agriculteurs, qui « n’ont cessé de montrer leur détermination et leur engagement pour défendre notre métier et l’avenir agricole de notre territoire ». Dans son intervention, il a également tenu à remercier plusieurs administrateurs arrivant au terme de leur mandat pour leur implication au sein de l’organisation syndicale.
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Avancées et inquiétudes pour les exploitations
Le président de la FNSEA 45 a évoqué le contexte dans lequel évoluent aujourd’hui les exploitations agricoles. Selon lui, la profession fait face à des défis importants liés aux évolutions réglementaires, aux conditions de concurrence avec les produits importés ou encore aux incertitudes institutionnelles. « Il y a urgence à changer le logiciel agricole pour notre pays », a-t-il déclaré, appelant à « retrouver une volonté de continuer à produire en France avec des femmes et des hommes qui puissent exercer leur métier ».
Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, est également intervenu pour revenir sur les mobilisations agricoles de 2025. Il a évoqué les avancées obtenues à la suite de ces actions, tout en soulignant les inquiétudes qui persistent dans les exploitations. Au fil de son intervention, il a rappelé que plusieurs combats syndicaux avaient permis de faire évoluer certains dossiers, tout en indiquant que de nombreux sujets restent en suspens pour les agriculteurs, notamment en matière de simplification, de normes et de visibilité pour l’avenir.
Une nouvelle proposition de loi annoncée
Invité de l’assemblée générale, le sénateur de Haute-Loire Laurent Duplomb est ensuite intervenu devant les agriculteurs. L’élu est revenu sur la proposition de loi qu’il avait portée ces dernières années et dont certaines dispositions ont été censurées par le Conseil constitutionnel. Il a indiqué travailler à un nouveau texte avec plusieurs sénateurs issus de différents groupes politiques. « On me demande souvent pourquoi revenir avec un nouveau texte. La réponse est simple : parce que le problème n’est pas réglé », a-t-il expliqué.
Dans son intervention, le sénateur a rappelé les conclusions d’un rapport consacré à la souveraineté alimentaire qu’il avait présenté en 2018. Selon lui, la dépendance de la France aux importations alimentaires s’est accentuée au fil des années. « Aujourd’hui, 80 % des fruits que nous consommons sont importés, plus de 60 % des légumes et près de 50 % du poulet », a-t-il indiqué, évoquant également la situation de certaines productions pour lesquelles la France n’est plus autosuffisante.
Normes, compétitivité et acétamipride
Laurent Duplomb a ensuite développé son analyse sur la situation de l’agriculture française, qu’il relie en grande partie à une perte de compétitivité. « La première cause du déclin agricole français est liée à la compétitivité », a-t-il affirmé, citant notamment le coût du travail et le poids des réglementations. Pour illustrer son propos, le sénateur a comparé le niveau des normes entre plusieurs pays européens. « Le coût des normes en Europe représente en moyenne 0,5 % du PIB. En Espagne, c’est 0,3 %, en Italie 0,8 %, en Allemagne 0,17 %. En France, on atteint près de 4 % du PIB », a-t-il indiqué, estimant que cet écart contribue à fragiliser les exploitations françaises face à leurs concurrents européens.
Au cours de son intervention, il a également évoqué les mobilisations agricoles récentes. Le sénateur a estimé qu’elles traduisent un malaise plus large dans la profession : « Les manifestations agricoles n’expriment pas seulement un problème de revenu. Elles traduisent un ras-le-bol face aux contraintes et aux orientations prises pour l’agriculture ».
Le sénateur s’est aussi attardé sur le dossier de l’acétamipride, substance autorisée dans de nombreux pays européens mais toujours interdite en France après la censure d’une partie de la première loi Duplomb. Pour l’élu, cette situation illustre les écarts de règles entre la France et ses voisins européens.
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Son intervention a été longuement applaudie par les agriculteurs présents dans la salle.
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