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Aviculture
Les œufs bio de la Ferme de Laveau

Polyculteur sur le canton Nemours (Seine-et-Marne), Guillaume Chantereau s’est diversifié dans la production d’œufs bio commercialisés chez CDPO et pour une infime part en direct. Une production d’électricité via des panneaux photovoltaïques vient en complément.

Faÿ-lès-Nemours, vendredi 22 mai. Guillaume Chantereau devant son distributeur de produits locaux, dont ses œufs.
Faÿ-lès-Nemours, vendredi 22 mai. Guillaume Chantereau devant son distributeur de produits locaux, dont ses œufs.
© L.G.-D. - Horizons

Si la ferme familiale sur laquelle il s’est installé était orientée vers les grandes cultures, Guillaume Chantereau a effectué l’ensemble de ses stages dans des exploitations ayant des ateliers de volailles de chair, « une production que j’ai toujours adorée ».

Diversification

« Ma première moisson en tant qu’exploitant agricole a eu lieu en 2016, année noire pour les grandes cultures. Dans la foulée, la Chambre avait organisé des journées diversification, notamment en aviculture, et c’était le développement des élevages alternatifs, d’où ce choix, explique Guillaume Chantereau. Et cette production complémente bien les cultures quand les cours des céréales sont au plus bas. Mais c’est sept jours sur sept et cela nécessite de s’organiser ».

Guillaume Chantereau s’est donc lancé dans la création d’un atelier de poules pondeuses bio en 2019. Le poulailler de la Ferme de Laveau accueille 24 000 poules pondeuses de race rousse babcock, souche plus adaptée au bio pour sa rusticité. Un contrat d’achat avec le conditionneur CDPO est signé pour la revente des œufs.

L’agriculteur achète l’ensemble de l’aliment chez Novial, qui se fournit en céréales dans des coopératives et des négoces du secteur. Si l’écart de productivité entre le bio et le plein air reste faible, « en cas de problème sanitaire, nous disposons de moins d’outils ».

Si les volailles disposent d’un parcours aménagé — plus elles vieillissent, plus elles sortent —, la grippe aviaire entraîne un confinement récurrent chaque année, jusqu’en avril en 2026. « C'est long, mais nous n’y échappons pas », note l’éleveur, qui reçoit ses poulettes à 17 semaines. Elles repartent à 80 semaines, après environ quatorze mois de ponte, ce qui représente une moyenne de 350 œufs/an. Les premiers temps, il faut les habituer à se coucher, au couvoir, avant que la ponte ne démarre progressivement. Le pic est atteint à 25-26 semaines.

« Les progrès génétiques permettent d'allonger la durée de vie des poules, explique l'éleveur. Le principal risque reste la fragilité des coquilles, que le centre de conditionnement teste. Un travail sur l’alimentation est mené afin de solidifier la coquille et de gagner ainsi une ou deux semaines de production supplémentaires ».

Les poules de réforme sont vendues aux particuliers, transformées par une conserverie du Loiret, tandis que le reste part vers un abattoir du nord de la France ou en Belgique.

Voir aussi « Participer à l'assemblée générale, c'est permettre à la FDSEA 77 d'avancer et de porter notre voix »

Vente et énergie

Aujourd’hui, 95 % de la production part chez CDPO et 5 % est écoulée en vente directe : via un distributeur, le matin sur le site, ainsi que dans un rayon de 30 km auprès de boutiques à la ferme, petits magasins, restaurants et autres commerces.

« En vente directe, les clients ne viennent pas pour les mêmes raisons. L’aspect local compte pour les habitants à proximité, tandis que le bio est un atout pour ceux qui viennent de plus loin. Dernièrement, de nouveaux clients sont venus parce qu'ils ne trouvaient plus d'œufs bio en grande surface », souligne Guillaume Chantereau.

« Au début, je n’avais pas prévu la vente directe. J’avais seulement un contrat avec CDPO. Avec la vente directe et l’installation d’un distributeur en 2020, nous avons diversifié la gamme proposée, ce qui permet aujourd'hui de financer un salarié à l’année sur l’exploitation », explique l’éleveur. Entre le suivi de l’élevage, la collecte des œufs, le nettoyage et l'accueil des clients le matin, cinq heures de travail par jour sont nécessaires.

Par ailleurs, un tracker photovoltaïque a été installé. En autoconsommation, il produit 50 % de l'énergie nécessaire au poulailler. Un second entrera en fonction prochainement, avec une batterie de stockage afin d'utiliser l’électricité la nuit.

Enfin, les ombrières installées sur le parcours des poules produisent une énergie vendue à Enedis, constituant ainsi une source de revenus en plus.

Voir aussi Les fraises, un phare pour Les Fruits rouges de mon jardin

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